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SNUipp-Infos : Rased, Psy, PEMF, ASH 1er et 2nd degré


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Mis en ligne ou actualisé le : mardi 24 septembre 2019

Pour en savoir plus sur :

ASH 1er et 2nd degré,
psychologues de l’éducation nationale,
maîtres formateurs

Publications ciblées : dossiers thématiques.
Les liens ci-dessous pointent vers le site national du SNUipp.

Enseignants spécialisés : se faire entendre !

Le mouvement du printemps contre la loi Blanquer a contraint le ministre non seulement à renoncer aux EPLSF et à une direction hiérarchique mais aussi à changer de ton.

Mais si l’on a pu croire un instant que la parole des enseignants et de leurs représentants aurait pu compter pour la rue de Grenelle, cela n’a pas duré. Pourtant, les enseignantes, les enseignants et le SNUipp-FSU ont beaucoup à dire sur ce qui permettrait à l’école d’avancer et de lutter contre les inégalités, comme changer le regard sur les structures spécialisées.

Trop souvent vues sous le prisme du gestionnaire, elles sont pourtant des lieux où les personnels innovent, réalisent des projets communs avec les classes ordinaires, organisent des apprentissages en lien avec l’orientation, le projet professionnel.
Elles montrent leur efficacité, et particulièrement là où prévaut la concertation en équipe.

Le SNUipp-FSU en poursuivant sa réflexion sur l’enseignement adapté dans le second degré en général imposera ce sujet au ministère.
Il continuera à tous les échelons de décisions à défendre et promouvoir ses structures émancipatrices et de réussite scolaire, à organiser des stages et des réunions d’informations syndicales avec l’ensemble des personnels et à revendiquer les moyens nécessaires à la réussite des élèves, en veillant à une scolarité au plus près de leurs besoins.

PsyEN : le métier sur la sellette

Les discussions sur la loi « École de la confiance » suscitent des inquiétudes.
Sans concertation, la fonction et les pratiques professionnelles des PsyEN pourraient être remises en cause, dans le sens d’une médicalisation accrue des besoins éducatifs particuliers.
Réduire les interventions du psychologue à l’évaluation psychométrique serait contraire aux orientations des textes réglementaires concertés lors de la création récente du corps.
Les statuts des PsyEN définissent des missions larges de prévention, de suivi, d’accompagnement. Les psychologues sont attachés à une autonomie professionnelle leur permettant de définir les méthodes et les outils adaptés à leur travail, conformément à leurs règles déontologiques.
Le SNUipp avec la FSU défend une conception ouverte, plurielle, de la psychologie au sein des écoles, dans un travail de proximité avec les enfants, les parents, les équipes pédagogiques, les RASED et les partenaires.
C’est le sens de notre engagement pour une autre école et contre la loi « pour une école de la confiance ».

On ne transforme pas l’école sans les personnels

Le ministre veut nous vendre « l’école de la confiance » en procédure accélérée. Il est plutôt parti pour précipiter les transformations de l’école sans les enseignants et sans bénéfice réel pour la réussite de tous les élèves.
La création des établissements des savoirs fondamentaux, de la maternelle au lycée, ou encore la possibilité de faire des expérimentations à tout-va risquent de modifier profondément le service public d’éducation.

Les personnels de l’enseignement adapté et spécialisé et leurs formateurs, déjà mis à rude épreuve notamment par la réforme du CAPPEI, risquent fort de voir encore évoluer leurs rôles et leurs missions.
Mouvement spécialisé, formation, personnels considérés comme ressource aux dépens de la prise en charge des élèves : autant de points de vigilance au sujet desquels le SNUipp-FSU continuera de discuter.
Il défendra en s’appuyant sur l’avis des personnels sa vision sur l’ensemble de ces questions, lors des réunions et instances départementales et ministérielles.
Le dossier de ce SNUinfos y met la focale.

Depuis l’arrivée de JM Blanquer au ministère de l’Éducation nationale, l’école et ses personnels sont malmenés.

Aux suppressions de postes d’enseignant.es et d’administratifs, s’ajoutent une politique de l’injonction qui remet en cause la professionnalité des enseignants.
De concepteurs pédagogiques, ils deviendraient de simples exécutants de programmes axés sur le lire-écrire-compter, très éloignés d’une école transformée pour la réussite de tous les élèves et porteuse de valeurs de solidarité.

L’ASH n’a pas épargnée ces dernières années : formation CAPPEI niant en partie les spécificités, menaces sur les postes d’enseignant.es en établissement, RASED qui n’ont pas été restaurés, internats d’EREA ayant perdu la dimension éducative…
Le SNUipp-FSU continue de s’opposer à la mise de côté des enseignants et des structures spécialisées qui, au contraire, participent d’une école qui scolarise tous les enfants en s’adaptant à leurs besoins.
C’était aussi le sens des appels à la grève des 9 octobre et 12 novembre derniers. C’est bien une autre vision de l’école que le SNUipp-FSU porte au quotidien.

Sur un air de moins disant éducatif

Le ministre continue à avancer seul, fort de ses partis pris.
Il utilise un arsenal de textes, voire même modifie la loi pour orienter les pratiques enseignantes et les apprentissages des élèves dans le sens qui correspond à son projet.
Si les ingrédients qu’il propose sont tous déjà connus, voire même éculés et n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité, c’est l’articulation entre eux qui fait la différence. La généralisation des évaluations au CP et au CE1 marque de manière significative l’entrée dans une nouvelle ère, celle « de la culture de l’évaluation » visant à piloter l’école par les résultats.
Les évaluations, dont la forme et le contenu détermineront aussi bien les contenus d’apprentissage que les méthodes que le ministère veut privilégier, permettront de contourner la liberté pédagogique pourtant inscrite dans la loi. S’affranchissant des constats des évaluations internationales sur la difficulté de nos élèves en compréhension, et proposant une méthode qui déchiffre (avec un fort accent mis sur la syllabique) et seulement après, met du sens, cela n’aura d’autres résultats que de conforter les inégalités scolaires.
Au vu des résultats aux évaluations, les enseignants se verront ‘‘remis en ligne’’ pour adhérer à LA méthode officielle, installée à grand renfort de conférences pédagogiques. Et comme ci cela ne suffisait pas, un projet de réforme de la formation initiale, assez inquiétant, est envisagé.
Loin de l’Ecole de la réussite de tous, le ministre nous prépare celle du moins-disant éducatif…