SNUipp-Infos : Rased, Psy, PEMF, ASH 1er et 2nd degré

Dernier numéro : Formateurs et formatrices

Publication : 20 mars 2020
Modification : 4 novembre

Pour en savoir plus sur :

ASH 1er et 2nd degré,
psychologues de l’éducation nationale,
maîtres formateurs

Publications ciblées : dossiers thématiques.
Les liens ci-dessous pointent vers le site national du SNUipp.


Une question de sens

Tandis que le temps manquait déjà aux conseiller-es pédagogiques et aux PEMF pour faire face à toutes leurs missions, le « plan français » vient s’ajouter au « plan maths » sans création de postes, pendant que la formation initiale à l’INSPE doit maintenant reposer pour un tiers sur les interventions de formatrices et formateurs de terrain…
En parallèle, la question des rémunérations est toujours bloquée, alors même qu’un « Grenelle de l’Education » est annoncé.
Alors dans plusieurs départements, CPC et PEMF s’organisent pour s’exprimer et agir collectivement, en s’appuyant sur l’outil syndical. Les nécessaires mobilisations pour améliorer les conditions de travail devront aussi porter la question du sens de la mission des formatrices et formateurs du 1er degré : car quelle logique l’emportera ?
Celle qui tire la fonction vers le management ou celle qui permet de renforcer la professionnalité enseignante parce qu’elle respecte la professionnalité des CP et des PEMF ?

Pour un « après » de la réussite

En cette période de déconfinement et de reprise professionnelle, les enseignant.es des classes ordinaires et spécialisées se posent des questions légitimes.
Durant le confinement ils ont suivi leurs élèves, ont accompagné les familles et ont relevé les difficultés générées par le confinement. Ils s’interrogent donc sur l’état psychologique et physique des élèves. Sur comment concevoir la reprise.
Et puis quels apprentissages privilégier quand on sait que la « continuité pédagogique » prônée par Jean Michel Blanquer était un leurre destiné à rassurer les familles et que l’école, comme lieu d’apprentissages et d’interactions, s’est arrêtée le 13 mars ?
C’est l’objet du dossier de ce SNUinfo. Le SNUipp-FSU a un projet ambitieux pour l’école à l’opposé des 2S2C, du distanciel et de l’insuffisance de moyens.
Le SNUipp-FSU, avec le collectif RASED, dénonce les suppressions de postes et la volonté de redéfinir systématiquement les missions de nos collègues tant dans l’aide pédagogique, la prévention, que la rééducation.
La circulaire « Pénitentiaire », constitue, elle aussi, une véritable régression pour les enseignant.es tant dans leurs missions que dans leurs droits.L’école d’après doit être celle de la démocratisation de la réussite scolaire. Les enseignant·es spécialisé·es y ont toute leur place.

Les PSY-EN mobilisé·es

Un confinement inédit dans un climat sanitaire anxiogène, un retour à l’école compliqué et limité : recherches et rapports divers (OCDE, CNCDH ...) s’enchaînent pour pointer l’accroissement des inégalités.
Quelles décisions politiques prendre pour les compenser et les réduire, pour rendre l’École non discriminante et inclusive ? Dans cette crise qui n’est pas terminée, le psychisme des enfants et des adultes a été mis à rude épreuve et le travail des psychologues dans les écoles, tant en prévention qu’en aide et accompagnement, conforté comme étant indispensable.
Alors que le rôle des psychologues, n’est évoqué que dans la partie médicale, dans une vidéo publiée le 7mai, le ministre reconnaît leur travail spécifique et leurs compétences, sans apporter plus de perspectives. Il sait que les PsyEN sont au rendez-vous parce que leur engagement professionnel est solide.
Dès l’annonce du confinement et passé un moment de sidération, ils ont répondu présents en organisant le maintien du lien avec les équipes enseignantes et les familles, en créant des réseaux entre eux pour activer les relations quand l’isolement de chacun était devenu la règle.
Actuellement, ils sont mobilisés pour faciliter le retour à l’école et pour participer à l’analyse des situations avec les équipes enseignantes. Le SNUipp-FSU et les personnels attendent maintenant que des actes forts soient posés : arrêt des suppressions de postes RASED, recrutement à la hauteur des besoins, amélioration des conditions de travail, renforcement du service public.
Des attentes qui ne passent certainement pas par une « paramédicalisation » de la fonction de psychologue, comme le préconise le rapport de la Cour des comptes !

Comment notre système éducatif accueille et scolarise les enfants de migrants, toujours plus nombreux chaque année à rejoindre l’école ?

C’est à cette question que le SNUipp-FSU a choisi de consacrer son dossier. Les élèves allophones, autant de parcours, d’histoires et de profi ls différents, une langue première différente du français, une autre culture qu’il faut accueillir ainsi que leur famille pour accompagner ces élèves dans leur parcours scolaire vers la réussite.
Mais dans un contexte de réduction drastique de moyens pour répondre à toujours plus de besoins spécifi ques des élèves, les enseignant·es des Unités Pédagogiques pour Elèves Allophones Arrivants (UPE2A) peinent à mener leurs missions.

Cet enseignement adapté est-il lui aussi en train de subir le même sort que les RASED et les EGPA, à savoir se réduire à du conseil aux enseignant ·es de classes ordinaires ?
Pour le SNUipp-FSU, la classe ne peut répondre à tous les besoins spécifi ques des élèves au nom d’une école inclusive qui n’en porte trop souvent que le nom.
Sa mise en oeuvre, centrée essentiellement sur l’accompagnement des élèves en situation de handicap par des AESH précarisé·es, se fait à moindre coût et au détriment de l’enseignement spécialisé.

Faire front !

Le pays est traversé par des luttes sociales très fortes. Les mobilisations montrent l’attachement de la majorité de la population à la préservation d’un système solidaire de financement des retraites.
La question de l’investissement dans des politiques sociales et éducatives au bénéfice de tous est centrale : le choix du collectif plutôt que la solution individuelle d’assurance privée et la préservation des services publics !
Les psychologues sont présents pour défendre des valeurs porteuses d’avenir pour le « vivre ensemble » citoyen.
Dans le même temps, les espaces intermédiaires que constituent les instances paritaires sont frontalement attaqués par le gouvernement. La loi de « transformation de la fonction publique » publiée le 6 août 2019, retirant des compétences aux commissions administratives paritaires, avec cette année, la gestion de la mobilité et en 2021 la gestion des avancements, comporte des risques importants de délitement de la fonction publique.

Manque de places au concours, situation précaire des contractuel.les, assèchement des RASED fragilisent la profession de psychologues de l’EN en l’assignant à l’ « expertise », au détriment des missions de prévention et d’accompagnement inscrites pourtant dans le décret.
Une vision bien réductrice d’un métier centré sur l’humain ! Avec la FSU, le SNUipp-FSU appelle les psychologues et les personnels des écoles à faire front.

Enseignants spécialisés : se faire entendre !

Le mouvement du printemps contre la loi Blanquer a contraint le ministre non seulement à renoncer aux EPLSF et à une direction hiérarchique mais aussi à changer de ton.

Mais si l’on a pu croire un instant que la parole des enseignants et de leurs représentants aurait pu compter pour la rue de Grenelle, cela n’a pas duré.
Pourtant, les enseignantes, les enseignants et le SNUipp-FSU ont beaucoup à dire sur ce qui permettrait à l’école d’avancer et de lutter contre les inégalités, comme changer le regard sur les structures spécialisées.

Trop souvent vues sous le prisme du gestionnaire, elles sont pourtant des lieux où les personnels innovent, réalisent des projets communs avec les classes ordinaires, organisent des apprentissages en lien avec l’orientation, le projet professionnel.
Elles montrent leur efficacité, et particulièrement là où prévaut la concertation en équipe.

Le SNUipp-FSU en poursuivant sa réflexion sur l’enseignement adapté dans le second degré en général imposera ce sujet au ministère.
Il continuera à tous les échelons de décisions à défendre et promouvoir ses structures émancipatrices et de réussite scolaire, à organiser des stages et des réunions d’informations syndicales avec l’ensemble des personnels et à revendiquer les moyens nécessaires à la réussite des élèves, en veillant à une scolarité au plus près de leurs besoins.