Obésité et milieux sociaux

Deux fois plus d’adultes obèses chez les artisans, commerçants, agriculteurs, ouvriers et employés que chez les cadres supérieurs.
L’obésité ne touche pas de la même façon les catégories sociales.

Publication : Avril 2013
Modification : Juillet 2014

Deux fois plus d’adultes obèses chez les artisans, commerçants, agriculteurs, ouvriers et employés que chez les cadres supérieurs.
L’obésité ne touche pas de la même façon les catégories sociales.

Source : L’Observatoire des Inégalités : Obésité et milieux sociaux

L’obésité [1] est près de deux fois plus répandue dans les catégories les moins favorisées (16,7 % chez les ouvriers, 16,2 % chez les employés) que dans les catégories plus aisées (8,7 % chez les cadres supérieurs), selon l’étude ObEpi « Enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité 2012 » [2]

Entre 2000 et 2012, la part des adultes de plus de 18 ans obèses a progressé de 4,9 points, passant de 10,1 à 15 %, soit près de 7 millions de personnes touchées en 2012.
L’augmentation de la prévalence [3] a touché toutes les catégories de revenus ou d’éducation même si elle a été moins forte dans les catégories supérieures.
En 2012, comme en 2000, d’importantes différences de prévalence entre catégories socioprofessionnelles persistent. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces écarts.
Le revenu est un facteur important. Près d’un adulte sur deux (48,4 %) touché par l’obésité, vit au sein d’un foyer aux revenus inférieurs à 1 200 euros contre 7 % de ceux qui ont un revenu mensuel supérieur à 5 300 euros.

Le niveau de diplôme participe fortement dans la détermination des pratiques alimentaires. Selon l’étude ObEpi, le taux d’obésité est trois fois plus élevé chez les personnes d’un niveau d’instruction équivalent à celui de l’école primaire (24,5 %) que chez les diplômés d’un 3ème cycle d’études supérieures (7,3 %).
Selon une étude [4] du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), « les plus diplômés sont ceux qui ont l’alimentation la plus saine (plus de fruits et légumes, des apports plus élevés en nutriments [5] des meilleurs indices alimentaires…) parce que ce sont ceux qui s’intéressent le plus aux liens entre nutrition et santé ».

L’étude ObEpi aborde, pour la première fois, les facteurs de risques associés à l’obésité : par exemple, les personnes en situation de surpoids sont 2,3 fois plus nombreuses à être traitées pour de l’hypertension que les sujets dont l’IMC est inférieur ou égal à 25 kg/m². Quant aux personnes obèses, elles le sont 3, 6 fois plus.

Obésité et société :

Au même titre que les vêtements que l’on porte ou son adresse, l’obésité est associée aux personnes modestes. En caricaturant à peine, être obèse, c’est être pauvre…
On montre facilement du doigt des catégories populaires aux pratiques à risques par rapport à la norme des catégories aisées. A partir de là, les préjugés vont bon train : incapables de se discipliner vis-à-vis de leur alimentation ou de leur activité physique, les personnes obèses sont considérées comme moins instruites, indifférentes à leur physique et surtout responsables de leur état.
Il ne faut pas oublier de s’interroger sur les normes véhiculées par notre société : à quel moment s’agit-il effectivement d’un problème de santé et quand mesure-t-on l’écart à un idéal de minceur véhiculé par les catégories les plus favorisées ?
Selon les époques, les pays et les milieux sociaux, la notion de surpoids n’est pas toujours identique. Enfin, il ne faut pas oublier les facteurs génétiques de l’obésité.