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Langues vivantes : Brian and Jenny sont in ze marmelade !


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 8 avril 2010

Alors on y est, les 9 heures d’animation pédagogiques effectuées en anglais nous voilà fin prêts à … et bien à rien du tout !
Parce que si à la première animation on nous avait affirmé que même avec une prononciation proche de « la fameuse vache espagnole » on ne pourrait pas « faire de mal » aux élèves, à la troisième on donne dans la phonologie appuyée et dans l’importance des accents toniques dans les mots et les phrases, et on ânonne des séries de sons auxquels on ne comprend pipeau.

Alors en moins de 3 secondes on se retrouve dans cette ambiance des premières séances d’anglais au collège, vous savez celles où on nous demandait de répéter une sorte de « gloubi-boulga exotique ».
Je vous assure l’effet est saisissant ! Et c’est ça qu’on est sensé faire subir aux élèves ?
Mais au-delà du ressenti, c’est la réalité qui est enfin abordée : pour enseigner l’anglais il faut le maîtriser !
Waouh, il était temps qu’on nous le dise, parce que nous les enseignants c’est ce que nous disons depuis le début. Et le problème il est bien là.

D’ailleurs dans le petit bilan qui nous est proposé de remplir à la fin de ces 9 heures, il n’y a aucune question sur nos propres compétences en langue vivante, c’est fort non ?
Réponse : « mais enfin on n’allait pas vous apprendre à parler anglais en 9h ». CQFD

Donc l’administration n’a mis en place ces 9 heures que pour pouvoir mettre la pression sur les enseignants l’année prochaine en leur demandant d’enseigner une langue qu’ils ne maîtrisent pas.
Et n’oublions pas le temps passé par les intervenants à préparer des séquences qu’ils devaient présenter en 10 minutes !
C’est vrai les séances étaient bien construites, des mises en bouche, des pratiques de petits jeux, des chants, des albums bref des petits trucs qu’on pourrait refaire en classe mais dans le cadre d’une sensibilisation, en aucun cas en prétendant « enseigner » l’anglais !

L’administration est et reste dans la contradiction la plus complète.
Il faut que les élèves parlent en interaction, mais ils nous disent d’utiliser des CD si on ne se sent pas capable de parler en anglais.
Les élèves doivent nourrir leur mémoire musicale, donc prononcer les mots correctement mais nous les enseignants sommes dans l’incapacité de vérifier que c’est le cas ne sachant pas nous-mêmes le faire.

Par contre sur la carte scolaire, les postes fléchés en anglais fleurissent (20 de plus en 2010, donc 44 en tout depuis 3 ans) et pas dans des écoles peu demandées comme l’avait claironné l’IA de l’époque, mais sur des postes d’adjoints que les non habilités verront passer sous leur nez.
Et n’allez pas imaginer que les nouveaux collègues qui sortent habilités de l’IUFM sont plus à l’aise. Leur habilitation est une injonction administrative à enseigner l’anglais qui ne correspond pas à une formation reçue.

Le SNUipp continuera de défendre toutes les équipes et tous les collègues qui refusent de se plier aux injonctions de l’administration et donc de faire du n’importe quoi avec leurs élèves.
Nous envisageons aussi une campagne d’information auprès des parents sur les conditions d’enseignement des langues vivantes dans les écoles du département.
A suivre …

Mylène DENIZOT