Marianne. Parisot : touche pas à mon Sarko !
Publication : Septembre 2010
Modification : Novembre 2010

Avant, Laurence Parisot considérait The Economist comme une véritable bible.
Quelle ne fut pas sa déception de découvrir, il y a deux semaines, qu’on y moquait son Président bien-aimé, en une !
Aussi sec, cette Dartagnan en jupons a volé au secours de Nicolas, et écrit à l’hebdo britannique pour prendre sa défense.

Trop c’est trop. Pour les amoureux de notre cher Président la couverture de l’hebdomadaire britannique The Economist sorti le 11 septembre dernier confine au crime de lèse-majesté.
Pourtant, contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, ce ne sont ni Luc Chatel, le ministre de l’Education, ni Xavier Bertrand le futur ex-patron de l’UMP, le duo de « lécheurs », comme les caricaturent les Guignols de l’info, qui se sont attelés à la défense de l’honneur bafoué du chef de l’Etat.

Alors qui ? Frédéric Lefebvre ? Non plus.
En fait, c’est la patronne des patrons, Laurence Parisot en personne, qui a pris sa plus belle plume pour voler à la rescousse de Nicolas Sarkozy en écrivant une étrange lettre qu’elle a envoyée au courrier des lecteurs de The Economist, qui l’a publiée le 25 septembre dernier.
Un courrier rédigé sur du papier à en-tête du Medef. Une colonne entière pour déclarer son total soutien à notre cher Président, si injustement traité par ce qui est pourtant le journal de référence naturel de Laurence Parisot !

Qu’avait donc fait le très libéral hebdo, qui avait pourtant soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Sous le titre « l’incroyable Président qui rétrécit », la Une mettait en scène une immense Carla Bruni accompagnée d’un bicorne de Bonaparte monté sur talonnettes et ne dépassant pas ses chevilles.
« Votre crainte de voir cesser le programme de réforme est trompeuse », s’emporte ainsi Laurence Parisot. Et de prendre l’exemple de la réforme des retraites…

Ce n’est pas la première fois que Laurence Parisot prend la défense du locataire de l’Elysée. Et, comme cette fois-ci, elle ne fut pas toujours inspirée.
En octobre 2009, la Présidente du Medef avait qualifié de « formidable » la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad, l’établissement public gestionnaire du quartier de la Défense.
On sait ce qui est advenu de cette opération de népotisme pur jus, laquelle marque le divorce de Nicolas Sarkozy avec les Français et son irrémédiable chute de popularité.

On doute que la patronne du Medef soit allée jusqu’à vandaliser la plaque du bureau parisien de l’aimable hebdomadaire — dégradée quelques jours après la parution de l’infâme une.
Quant à Nicolas Sarkozy, s’il est lui aussi insoupçonnable d’une tel méfait, c’est pour une raison simple, comme on s’amuse à le dire au sein de la rédaction parisienne du journal britannique : il est trop petit pour atteindre la plaque…

Emmanuel Lévy
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