Étudiants Master 2-IUFM : Ils bossent à deux, donc… on les paye à moitié prix !

Suite aux actions des M2, appuyées par le SNUipp-FSU, l’inspection d’académie corrige le tir et annonce que le premier stage sera payé « à taux plein »... et le second ?

Publication : Mars 2011
Modification : Mars 2011

 - 09 mars : 1/2 salaire ?

Au motif qu’ils ont effectué leur stage en responsabilité, en binôme les 63 stagiaires étudiants en Master 2 ont vu leur salaire divisé par deux.
Le mercredi 9 mars, accompagnés par le SNUipp et la FSU, ils ont « décidé » de s’inviter à l’Inspection Académique.

Pour les accueillir sur place il y avait pas moins de six policiers et deux motards, l’IA étant barricadée. « Tout ça pour nous ? »
L’IA a finalement annulé un rendez-vous à la préfecture pour recevoir une délégation.

Compte Rendu de l’entretien du 9 mars 2011
L’IA dit comprendre la colère des étudiants, essaye de se justifier en expliquant qu’il n’est pas possible de payer deux personnes sur un poste de stage.
Elle charge l’IUFM et sa directrice en disant qu’elle a payé sur la base des déclarations de présence de l’IUFM, soit 27 heures déclarées.
Petite partie de ping pong dont on a l’habitude. C’est pas moi, c’est l’autre.

Elle concède qu’il y a un problème parce qu’il n’y a pas de contrat de travail. Les services juridiques du rectorat sont saisis. La réponse devrait venir vite.
Pour le prochain stage tout sera clairement énoncé dit elle, ce qui est une façon de reconnaitre le problème. Elle ouvre sur la possibilité de faire des stages seuls.

Les M2 ne sont pas convaincus. Ils ont annoncé qu’ils envisageaient de déposer des recours au Tribunal Administratif, qu’ils n’étaient pas sûrs de faire les prochains stages.

Nous avons dit combien la profession est choquée par la manière dont l’administration traite ces étudiants futurs collègues.
Ils sont victimes d’une réforme de la formation faite en dépits du bon sens.
A quoi joue le ministère ? le rectorat ? Ces étudiants sont parmi les meilleurs élèves de l’école de la République. Ils décident de s’engager dans le métier d’enseignant et ils sont reçus de la pire des manières par l’Éducation Nationale.
Les arguments avancés ne sont pas convaincants. Nous savons qu’il y a eu des cas de figure différents selon les académies.

Plus la précarité entre dans l’Éducation, plus on connait des situations scandaleuses ce qui est inacceptable. Les étudiants ont travaillé 54 h. Ils doivent être payés pour 54h.

 - 11 mars : l’IA recule

Suite aux actions des M2, appuyées par le SNUipp-FSU, l’inspection d’académie corrige le tir et annonce que le premier stage sera payé « à taux plein » mais que ça ne sera pas pareil pour le second...
Une première victoire, à suivre ...

Courrier à Luc Chatel : deux stagiaires pour le prix d’un.

 - 14 mars : intervention nationale du SNUipp

Des bougés sur le second stage :
Ci-joint le courrier envoyé par le secrétaire national du SNUipp-FSU au Ministre de l’Education Nationale

 - 17 mars : nouveau contrat, toujours illégal

Ayant obtenu gain de cause pour le paiement de leur premier stage en responsabilité, les étudiants agenais continuent la lutte pour leur second stage.

Contrat 2011-03-17


Malgré les multiples interventions du SNUipp au Ministère, le Recteur de Bordeaux continue à maintenir sa position et veut faire signer aux étudiants des contrats illégaux.
Le cabinet du ministre a fini par lâcher une explication qui, finalement, pourrait être la source de tous les maux : le rectorat de bordeaux n’aurait plus d’argent pour payer 15 jours de stage...
Si les étudiants ne signent pas sous la pression, ils ne partiront pas en stage. S’ils n’effectuent pas ce stage, ils ne valideront pas leur master. S’ils ne valident pas leur master, ils ne pourront pas devenir professeurs des écoles...
Nous suivons de près la situation, nous nous interrogeons sur l’état d’esprit dans lequel ils vont commencer leur stage le 21 mars...

 Revue de presse :

Des professeurs stagiaires payés moitié moins
La FSU monte au créneau au sujet de la rémunération de stagiaires en binôme dans le Lot-et-Garonne
« Deux stagiaires pour le prix d’un. » Hier matin, le principal syndicat des enseignants du primaire (école), le Snuipp (branche de la FSU), a envoyé une lettre au ministre de l’Éducation Luc Chatel, afin de protester contre les modalités de paiement de professeurs stagiaires dans le Lot-et-Garonne.
Rémunération qui a été divisée par deux par rapport à ce que les étudiants attendaient, soit 509 euros, au lieu de 1 018 euros.

Cette péripétie financière est en fait une conséquence indirecte de la réforme de la formation des maîtres, mise en œuvre l’année dernière.
Dans l’académie de Bordeaux - mais ce n’est pas le cas de toutes les académies en France -, l’IUFM a organisé deux stages d’une durée de deux semaines, en situation, dans des établissements scolaires, pour les stagiaires de deuxième année de master.
Cela afin de permettre aux futurs professeurs de se familiariser avec la réalité d’une classe.

Ces stages font l’objet d’une convention avec l’IUFM, mais surtout d’un contrat avec l’employeur, l’inspection d’académie, puisqu’il s’agit d’un travail rémunéré en responsabilité dans une classe.
Mais ces stagiaires ont, le plus souvent, effectué ce stage en binôme, autrement dit à deux dans une classe. « Cela permet d’affronter plus sereinement les difficultés lorsque l’on est en responsabilité », indique Philippe Girard, directeur de l’IUFM.
Deux étudiants dans une classe, cela s’est transformé en une moitié de rémunération. « Le contrat ne prévoit que le paiement des heures où l’étudiant est effectivement en situation d’enseigner », a précisé Sylvie Loiseau, inspectrice d’académie du Lot-et-Garonne.
« Raisonnement d’une indéniable rectitude mathématique », a ironisé le Snuipp.

Mauvaise surprise
Seulement, ce contrat, identique pour tous les départements de l’académie, n’avait pas été signé dans le Lot-et-Garonne avant le premier stage.
Et les étudiants ignoraient cette disposition d’un paiement proportionnel à l’enseignement effectivement donné pour le travail en binôme. Une mauvaise surprise sur la feuille de paie qui a fait bondir les syndicats.
« Comme les étudiants n’étaient pas au courant, j’ai accepté de payer intégralement le premier stage. Mais le contrat sera signé pour le deuxième stage et la disposition s’appliquera comme ailleurs dans l’académie », indique Sylvie Loiseau.

Le Snuipp estime que cette situation est contraire à la circulaire qui organise les stages pour les étudiants. Le syndicat réclame le paiement intégral des heures, que l’on soit ou non en binôme.
Demande à laquelle l’inspectrice d’académie répond qu’elle ne fait qu’appliquer une disposition contractuelle. À l’IUFM, Philippe Girard indique qu’il peut « comprendre la réaction des étudiants » et qu’il est légitime de « réfléchir à l’éventualité d’un paiement intégral en binôme ».

Bruno Béziat
http://www.sudouest.fr/2011/03/15/d...

Demi-salaire pour les profs stagiaires du Lot-et-Garonne
Dans le département les professeurs stagiaires ont eu la surprise de découvrir qu’ils n’étaient payés que 509 euros au lieu de 1018.

Le principal syndicat des enseignants du primaire (école), le Snuipp (branche de la FSU), a envoyé ce lundi une lettre au ministre de l’Education Luc Chatel afin de protester contre les modalités de paiement de professeurs stagiaires du département du Lot-et-Garonne. Rémunération qui a été divisée par deux par rapport à ce que les étudiants attendaient, soit 509 euros au lieu de 1018 euros.

Les nouvelles dispositions de la formation initiale des enseignants des écoles prévoient, pour les étudiants en Master 2, des périodes de stage en responsabilité de 2 à 4 semaines, rémunérées à hauteur de 1018 euros chacune.
Mais ces stagiaires qui n’avaient jamais enseigné ont, le plus souvent, effectué ce stage en binôme. Le fait d’être deux a divisé la rémunération… par deux.
L’inspectrice de l’académie du Lot-et-Garonne, Sylvie Loiseau, a appliqué à la lettre les termes du contrat qui prévoit, en substance, le paiement des heures lorsque l’étudiant est effectivement en situation d’enseigner.

Mais les étudiants du Lot-et-Garonne l’ignoraient d’autant plus que le contrat n’avait pas été signé dans ce département.
L’inspectrice d’académie a indiqué ce lundi à Sud Ouest qu’elle tiendrait compte de cette situation particulière et paierait intégralement le premier stage.

En revanche, le second stage sera rémunéré pour moitié pour les enseignants en binôme, après signature du contrat.
Il est d’ailleurs identique pour tous les professeurs stagiaires de l’académie de Bordeaux. Mais seuls les étudiants du Lot-et-Garonne ont pour l’instant protesté.

Thierry Suire
http://www.sudouest.fr/2011/03/14/d...

Les étudiants de Master 2 ont rencontré, hier, l’inspectrice d’académie
Hier, les étudiants en Master 2 des métiers de l’enseignement ont manifesté devant l’inspection académique afin d’avoir une entrevue avec l’inspectrice, Sylvie Loiseau.
Entrevue destinée à avoir des explications sur le fait que le stage de quinze jours, qu’ils ont effectué en binôme dans les établissements scolaires du département, ne leur ait été rémunéré qu’à moitié (lire « Sud Ouest » d’hier).

« Nous avons été payés 27 heures au lieu de 54 sous prétexte que nous étions en binôme pour remplacer pendant deux semaines des professeurs d’écoles titulaires partis en formation.
L’inspectrice d’académie nous a reçus. Elle a saisi ses services juridiques afin de statuer sur ce problème et nous a assurés d’une réponse d’ici vendredi (demain, NDLR). »

En attendant, la soixantaine d’étudiants de l’IUFM concernée a décidé de saisir à titre individuel le tribunal administratif.

« Nous devons dans quinze jours nous soumettre à un nouveau stage de deux semaines.
Si les conditions sont les mêmes que sur le précédent, nous nous réservons le droit de le refuser, sachant que notre cursus nous permet d’effectuer un stage dans une autre structure accueillant des enfants qu’une école. »

http://www.sudouest.fr/2011/03/10/l...

Les élèves de Master 2 ont remplacé des professeurs des écoles en formation pour un salaire moindre.
C’est une condition incontournable pour prétendre à l’obtention du Master des métiers de l’enseignement auprès des enfants : effectuer deux stages d’une durée de deux semaines chacun dans des établissements scolaires.
Il y a quelques semaines, les 60 étudiants de deuxième année de master, suivant leur formation à l’IUFM d’Agen, se sont pliés à l’exercice soit à un stage de quinze jours dans une école tandis que les professeurs d’école titulaires étaient eux-mêmes en formation.
« Nous avions la responsabilité de la classe. Du fait que nous n’avons pas d’expérience dans ce domaine, l’académie avait décidé de nous mettre en binôme. Autrement dit, nous étions deux stagiaires par classe », expliquent quelques élèves.

Salaire divisé par deux
Jusque-là tout paraît logique et « normal ». En revanche, lorsqu’ils ont reçu leur rémunération pour ce stage, ils ont eu la fâcheuse surprise de découvrir que leur salaire avait été divisé par deux, soit 509,21 € au lieu de 1 018,42.
« L’académie est partie du principe que la fonction étant assurée par un binôme, le salaire était à partager ! » Une douche froide qui, selon le secrétaire départemental de la FSU Jean-Paul Cazeneuve, vient s’ajouter déjà à une baisse de la rémunération horaire de 34,30 € brut en 2009 à 22,87 € brut en 2010.
« Sans compter que cette façon de diviser le salaire en deux sous prétexte d’un binôme est illégale : ces élèves sont contractuels de la fonction publique. L’académie leur a fait signer une convention de stage et a omis de leur faire signer un contrat.
Par ailleurs, les indemnités de déplacement auxquelles ils ont droit ne leur ont pas été réglées non plus.

Ce type d’abus ne fait qu’accentuer la précarité de ces étudiants », précise le responsable syndical.
Dans moins de quinze jours, les élèves de Master 2 devront de nouveau se plier à un stage de quinze jours.
Le second du genre destiné à valider leur diplôme. « Nous avons sollicité un entretien avec l’inspectrice d’académie afin d’avoir de manière très claire les conditions dans lesquelles nous serons rémunérés et comment elle justifie le traitement que nous avons eu sur le dernier stage. »
À noter que visiblement chaque académie impose son propre régime quant à la rémunération des stagiaires. « En effet, il y a des académies où les stages ont été remplis par des binômes payés normalement, d’autres où les stagiaires effectuaient en solo le remplacement des titulaires en formation.
Bref, d’une région à l’autre, les situations diffèrent au bon vouloir des recteurs », conclut Jean-Paul Cazeneuve qui entend accompagner les étudiants lors de leur éventuelle entrevue à l’inspection académique.

http://www.sudouest.fr/2011/03/09/l...