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Peillon avait-il fumé du canabis avant de se rendre à France Inter, dimanche dernier ?


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Mis en ligne ou actualisé le : mardi 16 octobre 2012

« Les professeurs, ce sont quand même les seuls (…) à qui on va demander de travailler 40 jours de plus par an sans les payer davantage », a déclaré en substance le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, lors de l’émission « Tous politique » dimanche 14 octobre 2012 sur France Inter.

Pour ceux qui en douteraient, le lien de l’émission :
http://touspolitiques.franceinter.f...
Aller à 22’ 45 ’’ puis à 26 ’ pour ne pas perdre de temps.

Concernant les salaires des enseignants, le ministre confirme qu’il ne pourra pas procéder à une revalorisation des salaires. « Nous sommes le premier poste budgétaire de la Nation et nous sommes dans une crise », a-t-il indiqué.
« Les enseignants sont tout à fait conscients qu’ils ont à participer à ce redressement de la France », affirme le ministre. « Ils mériteraient d’être mieux payés », reconnaît-il soulignant que la réintroduction d’une formation payée pour les futurs enseignants va augmenter leur pouvoir d’achat.
« Si on pouvait faire plus, on le ferait. Peut être que deux ou trois ans de redressement financier nous permettrons de le faire. »

Les chemins du changement et de la refondation de l’école ne s’annoncent pas comme un long fleuve tranquille.

Pourquoi de tels propos ?

On pourrait espérer une bévue, mais ils ont été répétés plusieurs fois.
Notre ministre effectuerait-il un calcul grotesque ? 40 jours c’est la différence de jours de classe entre la France et la moyenne européenne.
Mais alors, nous avons un ministre qui préfère les effets d’annonce à la réflexion, à la prise en compte de toutes les réalités et à la concertation.
Les plus optimistes préféreront sans doute penser que leur ministre était sous l’influence du cannabis.

Hélas, il semble bien, que Vincent Peillon tente de réduire à néant les revendications salariales.
Emprisonné dans des recherches d’économie, des logiques de réduction de la dette à tout prix, les mains liées par le traité instaurant la règle d’or, le gouvernement n’a pas de marge de manœuvre.
Cette politique conduit à une impasse.

Il est bien entendu hors de question d’accepter un tel allongement du temps de travail.
La refondation de l’école dont le pays a besoin a besoin de la participation et de l’engagement des enseignants. Pour cela, elle doit être réfléchie avec eux.
L’amélioration de leurs conditions de travail, de vie et donc la revalorisation de leurs salaires sont des questions incontournables. Leur tourner le dos conduirait irrémédiablement à de graves échecs.

Il ne s’agit en aucun cas d’une posture corporatiste. En maltraitant les enseignants, c’est l’ensemble des salariés de la Fonction Publique qui sont atteints.
C’est une fin de non recevoir envoyé aux revendications salariales des personnels. C’est dé crédibiliser les annonces de négociations sur ces questions pour l’année 2013.

La FSU ne devra rien lâcher de ses revendications, de ses propositions et devra prendre toutes ses responsabilités pour engager avec les personnels toutes les actions nécessaires.

Jean Paul Cazeneuve
secrétaire départemental de la FSU 47

Dans quel monde vivons-nous ?

Un ministre peut annoncer un allongement conséquent du temps de travail sans augmentation de salaire pour une catégorie de salariés sans qu’aucun journaliste ne relève l’outrance et la violence de cette proposition, préférant disserter sur la question d’avenir essentielle dans cette période de crise que constitue la dépénalisation du cannabis.