Et après ...

D’abord il y a eu l’incrédulité puis l’horreur, puis la colère, puis la tristesse puis l’épuisement…
Ensuite, parce qu’il faut en parler avec les élèves, la dignité, la retenue, le recours aux fondamentaux : la devise de la république, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Le besoin de montrer sa détermination face à la volonté de terroriser a amené légitimement à se rassembler massivement.

Publication : Janvier 2015
Modification : Janvier 2015

D’abord il y a eu l’incrédulité puis l’horreur, puis la colère, puis la tristesse puis l’épuisement…
Ensuite, parce qu’il faut en parler avec les élèves, la dignité, la retenue, le recours aux fondamentaux : la devise de la république, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Le besoin de montrer sa détermination face à la volonté de terroriser a amené légitimement à se rassembler massivement.

Quelles valeurs pour notre société ?

Après le temps de l’émotion nous devons nous battre contre les récupérations politiques et religieuses : dans les cortèges, pleurant sur le sort des personnes tuées, se trouvaient des représentant-e-s d’idées fondamentalement en opposition avec les valeurs de la République, et les notions que les enseignant-e-s adhérent-e-s ou sympathisant-e-s du SNUipp-FSU essaient de faire vivre jour après jours .

Après qui faut-il être en colère ? Ceux qui ont été les outils abrutis de cette tuerie ou ceux qui ont intérêt à ce que se développe cette atmosphère lourde et suspicieuse ?

Comment contrecarrer la récupération politique ?

Si l’union nationale c’est pour justifier une politique encore plus sécuritaire, il faut le dire, il faut l’écrire !
Toute cette récupération européenne et nationale justifie aussi la politique d’austérité.

En ce qui concerne les écoles, que fait-on ?

La tâche à accomplir est immense. Certaines et certains ont sûrement été confronté-e-s à des paroles déstabilisantes, reflet de ce qui se dit en famille, avec les ami-e-s, dans le voisinage ; il a fallu reparler de l’abolition de la peine de mort, de la réalité des revenus des familles qui survivent grâce aux allocations, des signes ostentatoires de la religion, de la laïcité.

Et dans quelques semaines ?

La ministre a organisé une réunion avec toutes les fédérations de l’éducation sur le thème de l’éducation et des valeurs de laïcité, de la République. La FSU a porté l’analyse du poids de l’ostracisme de notre pays envers ses pauvres, ses banlieusards, ses précaires, et ceux qui revendiquent d’autres formes de vivre ensemble.

Le manque de moyens dans l’éducation prioritaire prend un sens lourd à la lumière des derniers jours écoulés. Le SNUipp et la FSU sont tout à fait légitimes dans leur exigence d’un plan de financement et d’organisation plutôt que de la redistribution des moyens existants.
Et les RASED ? Et les pratiques coopératives ? Et le poids de la concurrence entre élèves, entre écoles, entre enseignant-e-s ?

Trop de temps perdu pour la jeunesse qui est l’avenir de notre société.
Depuis plusieurs décennies les orientations budgétaires du service public ne sont que renoncement. Si l’éducation nationale est une priorité, il est urgent que les actes suivent.

A l’heure de la définition des cartes scolaires partout en France, nous exigeons des moyens supplémentaires et substantiels pour notre métier et pour nos élèves.
La qualité de la prise en charge de la jeunesse aujourd’hui fera la société de demain.

Si les politiques ne sont plus que des prestataires de service alliés à la finance, renonçant à leurs engagements électoraux, comment pourrait-on invoquer une quelconque unité nationale au-delà d’un élan fort mais éphémère ?

Si les décisions ne sont pas à la hauteur des besoins, ce n’est pas seulement une profession qui va se sentir abandonnée mais la société toute entière.

Sandrine Tastayre et Sandra Tuffal