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Non-remplacements : une année record en perspective


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Mis en ligne ou actualisé le : vendredi 16 janvier 2015

Les deux premières périodes de l’année scolaire cumulent déjà près de 350 journées de classe non remplacées dans le département, contre 125 au même moment l’an dernier...

Nombre de journées
de classe non remplacées
Mois 2013 2014
Sept
7,0
23,0
Oct
24,0
97,0
Nov
50,5
111,0
Déc
43,5
117,0
TOTAL 125 348
Ne pas se méprendre : ce n’est pas le nombre d’absences qui augmente mais bien le manque de remplaçants qui se fait cruellement ressentir.
La répartition des élèves quand un-e enseignant-e n’est pas remplacé-e est monnaie courante : un véritable confort d’apprentissage pour les élèves concernés, sans parler des bonnes conditions de travail pour l’enseignant-e qui accueille... En octobre dernier, le SNUipp-FSU estimait qu’il fallait créer nationalement au moins 2000 postes pour revenir aux capacités de remplacement de 2008.
Pour le Lot-et-Garonne, le SNUipp-FSU 47 estime que ce sont au moins vingt postes de remplaçants qu’il faut créer pour assurer la continuité du service public lors des absences. Ah oui, rappelons que pendant la mandature de Nicolas Sarkozy ce sont 2541 postes de remplaçants qui ont été supprimés soit près de 10% de l’ensemble des moyens de remplacement au niveau national, rien que ça ! En Lot-et-Garonne, il y a eu 1195,5 journées non remplacées sur l’année scolaire 2013/2014 (la période la plus déficitaire étant de janvier à avril).
Compte-tenu des non-remplacements de ce début d’année, il y a fort à craindre que l’année 2014/2015 voit ce nombre à quatre chiffres commencer par un 2... et ce ne sont pas les 3 ineats accordés en novembre qui vont pouvoir absorber les besoins en remplacement.

Absentéisme : les profs plus absents que les employés du secteur privé ?

Certains (des médias mal renseignés) auraient tendance à critiquer le fort taux d’absentéisme chez les professeurs, or une étude datée de septembre 2013 démontre que cela n’est pas vraiment le cas.

Sur l’année 2012, une moyenne de 16,6 jours d’absence par salarié, notamment du privé alors que sur la même période (année scolaire 2012/2013) le bilan social du Ministère de l’Éducation Nationale faisait état, lui, d’un absentéisme au travail de 18,6 jours pour les enseignants du premier degré. Des moyennes bien proches.

Ajoutez à cela

Le Bilan social rappelle que 81 % des personnels sont des femmes dont l’âge moyen est de 40 ans.
Quand on parle de « l’absentéisme » au primaire il faut tenir compte du poids indiscutable des congés maternité et adoption plus importants qu’ailleurs dans une profession fortement féminisé.
Des congés mobilisant de nombreux contingents de remplaçants, les rendant indisponibles lorsqu’il y a besoin pour des congés maladie ordinaires.

Bref

Les moyens ne sont pas à la mesure des besoins, la continuité du service public n’est pas assurée, les remplaçants sont envoyés au plus pressé, dans les écoles avec peu de classes, celles de plus de 3 ou 4 classes doivent répartir les élèves.

Le SNUipp-FSU 47 condamne cette désagrégation du service public et met en cause le manque de postes de remplaçants.

Sandra Tuffal