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Dernières nouvelles du front avant trève estivale !


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 2 juillet 2015

Cette année scolaire qui se termine est l’an 2 de la refondation de l’École marquée dans notre département mais aussi au niveau national, par un manque de postes classe, de remplaçants, de RASED, de dispositifs « plus de maîtres que de classes » et de scolarisation des moins de trois ans, de formation initiale et continue...
Autant de constats qui vont à l’inverse des annonces pré et post électorales de priorité données à l’école.

La nouvelle organisation du temps scolaire s’est généralisée entraînant l’ingérence de certaines municipalités dans les affaires internes d’écoles, parfois avec un sentiment d’impunité. Et les frais afférents aux communes (alliés à la restriction des budgets d’état vers celles-ci !) pour faire vivre cette réforme amène parfois celles-ci à réorganiser leurs écoles. L’administration de l’Éducation Nationale a-t-elle vocation à ne devenir qu’une exécutante des désirs municipaux ?
Sur le terrain, ce sont au final toujours les mêmes qui trinquent ! Les personnels de l’éducation nationale semblent compter pour portion congrue. On leur en demande toujours plus, dans des conditions toujours plus difficiles et des temps de plus en plus contraints.

Les stagiaires ont étrenné la formation rénovée en alternance, avec un mi-temps en responsabilité de classe et un mi-temps à l’ESPE. Le ministère, qui dit miser sur une formation de qualité pour ses enseignants, demandait aux ESPE une formation adaptée au parcours antérieur de chacun-e.
Au lieu de cela, l’ESPE d’Aquitaine, soumise aux moyens « très contraints » de son université de rattachement, a délivré une formation identique à tou-te-s. D’autre part, les stagiaires se retrouvent dès la rentrée en responsabilité de classe : il est évident que cela contribue à une formation et à une entrée dans le métier de grande qualité !
Quant à la formation continue des enseignants, dont le métier est en constante évolution, elle est quasiment inexistante. Faire mieux avec moins de moyens... encore une injonction paradoxale !

Le chantier de la refonte des programmes a été ouvert, en méprisant le professionnalisme des enseignant-e-s. Ainsi la consultation des futurs programmes de l’école élémentaire a été réduite à un questionnaire en ligne en juin, période où les enseignants sont surchargés de travail. Le refus du ministère d’accorder une journée de consultation est incompréhensible.*
En maternelle, les nouveaux programmes devront être mis en œuvre à la rentrée : sans formation ni documents d’accompagnement, pourtant promis par la ministre !

Ce mépris, on le retrouve également dans la façon dont l’institution répond (ou pas), afin de lutter contre les difficultés scolaires ou les situations de handicap. Les recommandations afin d’éviter les maintiens et les conditions de plus en plus contraignantes pour les dossiers d’orientation ont pour effet de masquer les besoins réels. Les décisions de notre administration ne doivent pas être conditionnées par les contraintes budgétaires quand il s’agit d’aider le plus ceux qui ont le moins.
En CLIS, l’administration fait même sauter le verrou du taux d’encadrement de 12 élèves maximum, répondant « IL Y A PIRE AILLEURS » !

Une nouvelle carte des réseaux d’éducation prioritaire a été dessinée, mais à moyens constants, et à minima évidemment. Le nombre de REP sur le département reste le même. Même si le nombre d’écoles a augmenté, il en nécessiterait au minimum 3 fois plus... Conséquence de quoi, des établissements se sont vus exclus du dispositif au nom de l’argument fatal « IL Y A PIRE QUE VOUS ! ».
Pour les réseaux sortants, le maintien des moyens pour les 3 ans à venir n’est garanti que « sous réserve des moyens disponibles », ce qui ne présage rien de bon !
Quant aux écoles « orphelines » (car non rattachées à un collège classé REP), certaines attendent encore vainement un contrat ville qui est sensé garantir des moyens supplémentaires.. Reste à préciser de quels moyens il s’agit. Les échéances de signature initialement prévues en juin ont été repoussées aux calendes grecques !

Un nouveau calendrier scolaire a été adopté et de nouvelles zones académiques créées, comme toujours dans l’intérêt de l’enfant et de ses rythmes. Mais que penser alors de cette phrase écrite par le ministère présentant le redécoupage des zones : « Assurer un équilibre dans les flux de voyageurs vers les zones alpines les plus fréquentées »
Comme bien souvent, cela cache quelques intérêts privés bien mercantiles qui ont peu à voir avec ceux de l’enfant. D’autant qu’une immense majorité d’entre eux ne s’inscrira jamais dans « les flux de voyageurs alpins »...

Dans sa circulaire de rentrée, sans ironie aucune, notre ministre a écrit « Un effort important sera accordé à la formation et à l’accompagnement des équipes. » Mettons-nous le même sens au mot « effort » ?

Le SNUipp-FSU 47 continuera de vous accompagner comme nous l’avons fait cette année et restera vigilant et critique face aux propositions, parfois rocambolesques, de notre administration.

Nous vous souhaitons à toutes et tous de bonnes vacances bien méritées.