Dans quel État errons-nous ?
Publication : Décembre 2015

Le 13 novembre, le Stade de France, le Bataclan ainsi que des cafés parisiens étaient la cible de terroristes.

La FSU a exprimé toute l’horreur que lui inspirent ces actions meurtrières. Le mouvement syndical, tout comme il s’était rassemblé après les attentats de janvier dernier, a exprimé ensemble son émotion mais a assuré aussi que rien ne saurait remettre en cause sa détermination à lutter contre toutes les atteintes à la démocratie, à la paix et aux libertés.

Le chef de l’État a assuré qu’il n’utiliserait que modérément les pouvoirs que lui confère l’État d’urgence, nous n’en sommes que modérément rassuré-es.

Aujourd’hui les matches de football ne sont pas interdits, ni les concerts ; on nous invite même à célébrer nos valeurs en terrasse, autour d’un verre. Qui peut donc croire que c’est pour des raisons de sécurité qu’on autorise les marchés de Noël, et que l’on interdit les manifestations politiques ?

Dimanche 29 novembre des milliers de paires de chaussures ont été installées sur la place de la République à Paris pour symboliser la marche pour le climat interdite par les autorités, puis une chaîne humaine a été formée entre République et Nation.
Des militant-es étaient présent-es dans ces rassemblements pour faire entendre la nécessité d’une réponse adéquate aux déstabilisations économiques et écologiques auxquelles nous sommes confronté-es, face au changement climatique. Ils-elles exprimaient aussi leur motivation à faire vivre le débat démocratique, le droit à la liberté d’expression et de mobilisation.
Ce dimanche 29 novembre, la police a parqué, gazé, brutalisé et arrêté des centaines de citoyen-nes non-violent-es qui occupaient la place de la République.

C’est inadmissible !

Malgré le lapsus du ministre de l’intérieur « l’État d’urgence » n’est pas « l’État de siège ».

La FSU et ses militant-es ne se laisseront pas assigner à résidence, la lutte pour conserver nos libertés et notre démocratie restera notre combat !

Nous réprouvons les gardes à vue et arrestations abusives, et dénonçons les interdictions, les intimidations et les mises en cause dont font l’objet le mouvement social et ses militant-es sous couvert de protection de la population.

La France doit rester un « État de droit ».

Les réformes de l’État d’urgence engagées actuellement pourraient à l’occasion de futures échéances électorales tomber entre des mains plutôt mal intentionnées envers les questions des « droits de l’Homme »...

Mylène DENIZOT et Séverine TOKATLIAN