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Vivre !, simplement vivre...


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 3 mars 2016

Après une longue période d’abstinence et de renoncements, voilà qu’un air de printemps semble souffler de nouveau.

Certes, la période reste sombre.
Attentats, état d’urgence, guerres un peu partout avec leur lot de « migrants ». Un migrant, très souvent, c’est juste un être vivant qui a envie de le rester…
Pour nous, européens, l’image du migrant est celle qui hante nos cauchemars de déchéance : surtout, ne pas se retrouver dans sa situation…

Les guerres que nous vivons au sein de l’Europe n’engagent pas d’armées, seulement des financiers, des actionnaires, des dépeceurs d’entreprises, des zélateurs du « contrat » meilleur que la « Loi », des renoncements à l’état de droit, des décideurs politiques qui ont avant tout décidé d’abandonner leurs utopies, des gestionnaires d’administration qui se rêvent PDG (IA et autres Recteurs…), tout ce joli monde étant secondé par des chroniqueurs à la mode, des médias à la botte et parfois même des organisations syndicales complaisantes…

C’est dans ce contexte que tout à la fois il est question de raser une école dans la jungle de Calais, de construire des aéroports ou des lignes de train qui ne serviront qu’à engraisser les bétonneurs, de peut-être augmenter le point d’indice de la fonction publique de quelques centièmes, de gérer les services publics comme un contremaître du XIX° siècle et même, idée géniale de péter le Code du Travail !

Ce sera là peut-être le « pas de côté » de trop car personne n’est dupe des attendus du gouvernement. Pour le droit du travail, privilégier le « contrat » à la « Loi », c’est tout simplement rayer d’un trait de plume presque deux cents ans de progrès sociaux.

Les esprits étroits nous répondront que cela ne nous concerne pas, nous « fonctionnaires », et il faudra alors rappeler que les premières lois régressives sur les retraites de la fonction publique furent adoptées par mesure de « justice » en 2003, dix ans après que les salarié-es des secteurs privés aient vu de telles régressions dans leurs droits.
L’époque ayant tendance à vouloir accélérer le cours de l’Histoire, nous pouvons parier que le Code de la Fonction Publique ne résistera pas 10 ans à la casse du Code du Travail.

C’est dans ce contexte que s’entame ce mois de mars au cours duquel il faudra bien se mobiliser, peut-être plusieurs fois, peut-être par plusieurs grèves, certainement sans assurance de gagner, mais avec la certitude de perdre beaucoup si rien ne change.

Aucune des luttes rappelées dans ces lignes n’est mineure, toutes participent à mieux vivre ici et ailleurs, toutes concourent à bâtir une humanité meilleure.

Luc MAMIN