Priorités ?
Publication : Août 2016
Modification : Août 2016

La rentrée 2016 marque la dernière étape de la « refondation » de l’école avec la mise en application des nouveaux programmes des cycles 2 et 3.
Dans l’ordre, ce sont d’abord les rythmes hebdomadaires et la formation initiale qui furent « refondés » dès 2013.
Puis ce fut le tour du calendrier scolaire et de l’éducation prioritaire.
Enfin, les programmes.

Retour sur cette refondation.

Nous rappelons ce que nous disions en 2013 : refonder l’école aurait dû commencer par les programmes parce que c’est quand même en se basant sur ce qui est demandé que l’on peut ensuite réfléchir aux modalités pratiques de la mise en application.

Les trois ministres de l’Éducation qui se sont succédé ont décidé de travailler à l’envers. À moins que la « forme » n’ait été jugée plus importante que le « fond » ?
Ce qui expliquerait aussi pourquoi le ministère a obstinément refusé de fournir à la profession une version « papier » des programmes.
Cela expliquerait sans doute également les conditions calamiteuses de la nouvelle formation initiale. Jamais notre métier n’a connu autant d’échecs, autant de licenciements ou de démissions parmi ses futur-es enseignant-es.

Le calendrier scolaire a vu ses « zones » redessinées au nom du « flux des voyageurs alpins »… au moins, les choses sont claires …

  • L’éducation prioritaire a vu des quartiers exclus du dispositif parce que ne dépendant pas « administrativement » d’un collège REP.
    C’est le cas par exemple de Montanou à Agen pourtant classé au quinzième rang des quartiers les plus pauvres de France métropolitaine...
  • Les nouveaux rythmes continuent de cristalliser les difficultés et même les premiers rapports officiels publiés en juin dernier sont … dubitatifs. Tellement d’ailleurs, qu’une nouvelle évaluation est annoncée par le ministère pour 2017...

Depuis 6 mois, les priorités gouvernementales ont changé, elles relèvent aujourd’hui d’un mélange hétéroclite : revalorisation des salaires des fonctionnaires, protection contre les attentats et casse du code du travail.

  • Pour les salaires, chacun-e bien sûr prendra les augmentations même minimes qui tombent comme par hasard à quelques mois d’échéances électorales.
  • Pour la sécurité de la population, certes il faut prendre les mesures appropriées, mais l’état d’urgence permanent ne règle rien … si ce n’est la restriction des droits fondamentaux.
  • Pour la loi travail, adoptée par « Monsieur 49,3 », les mobilisations continuent et le 15 septembre sera une nouvelle journée d’action dont nous reparlons très prochainement.

Bonne rentrée à tou-tes !

Eric Delage, Philippe Guillem,
Luc Mamin, Anne-Laure Pujos,
Sandrine Tastayre, Séverine Tokatlian, Sandra Tuffal.