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Offensive des « vigi gender » ... et du pape ? ...


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Mis en ligne ou actualisé le : mercredi 5 octobre 2016

Dans beaucoup de départements, dont le Lot-et-Garonne, les écoles ont reçu fin septembre la brochure « Vigi gender ».
Le pape en rajoute même une couche...

05/10/2016 : premiers messages des Dasen

Les alertes des collègues et du SNU amènent le ministère à demander aux IA de communiquer auprès des écoles.
Pour le Lot-et-Garonne, Coee n°2444 en date du 05 octobre.

03/10/2016 :

Écouter le journal du 03 octobre 18 h 00 sur France Inter, avec Sandrine Tastayre, co-secrétaire du SNU47 :

Si le lecteur audio ne s’ouvre pas, cliquer sur l’icône ci-dessous :

MP3 - 3.8 Mo

02/10/2016 :

Le 02 octobre, le pape y va aussi de sa ritournelle contre l’école française qui enseignerait la « théorie du genre ».

26/09/2016 : Brochure « Vigi-gender »

Mailing postal massif envoyé dans les écoles un peu partout en France.

Sur plus de 50 pages, les auteurs, inspirés par les thèses de la Manif pour tous, dont ils sont issus, dénoncent une prétendue théorie du genre qui serait enseignée dans les écoles.
De manière systématique, ils attaquent les initiatives comme les ABCD de l’égalité, ou le guide publié par le Haut Conseil à l’Egalité femmes/hommes, ou encore la Ligne Azur dans le second degré, mise en place pour soutenir les jeunes en question sur leur orientation sexuelle.

Le SNUipp-FSU n’échappe pas aux attaques, en particulier envers sa brochure :
« Éduquer contre l’homophobie dès l’école primaire ».

Qui se cache derrière les vigi-gender ?

Ces collectifs de parents auto-proclamés sont des émanations de La Manif pour tous, certains ayant aussi des liens avec l’Association des Familles Catholiques.
Faute d’avoir pu empêcher l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ils s’en sont pris à l’école publique, dès septembre 2013.
A l’époque, leur cible était les ABCD de l’égalité.

Il s’agit donc clairement d’une offensive de l’extrême droite et des catholiques traditionalistes, visant à l’ingérence des familles par rapport aux contenus d’enseignement, jetant la suspicion sur toutes les activités d’éducation contre les discriminations.

Une « théorie du genre ? »

Au risque de nous répéter, cette théorie n’existe pas ! Il existe des recherches sur le genre, qui est parfois défini comme un outil d’analyse, parfois comme un système de hiérarchisation entre les sexes (les deux définitions ne s’excluant pas forcément).
Ceux qui s’élèvent contre le « genre » sont ceux qui en réalité en sont les gardiens du temple !

Quelques réponses

Si l’école travaille sur les stéréotypes filles-garçons, c’est pour qu’ils ne soient pas un carcan pour les enfants, et qu’ils ne limitent pas leur épanouissement personnel de filles ou de garçons.
On ne met pas dans la tête des enfants qu’ils pourraient choisir leur sexe ! Leur identité ne sera pas brouillée, ils pourront au contraire mieux s’affirmer individuellement : on leur montre qu’être fille ou garçon ne doit pas forcément conditionner leurs choix de loisirs, de lectures, de sports, de métiers...
La « complémentarité des sexes » est un mythe, chaque fille, chaque garçon est un être unique, et il n’existe pas de particularités de goût, de caractère ou d’aptitude qui seraient partagées par toutes les filles ou par tous les garçons.

L’éducation à l’égalité et l’éducation à la sexualité existent depuis longtemps à l’école, il n’y a rien de nouveau.
Il ne s’agit pas de parler de pratiques sexuelles, encore moins de faire des démonstrations ! C’est une éducation au respect entre les sexes, afin de prévenir et d’empêcher les violences sexistes et/ou homophobes et les abus sexuels, doublés de quelques notions de science sur la reproduction animale et humaine.

Quant à faire la promotion de l’homosexualité, cela ne tient pas : on ne choisit pas d’être homosexuel-le, ni hétérosexuel-le d’ailleurs.

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Courrier au MEN : Vigi Gender

Donc parler de couples homosexuels, c’est parler d’amour, d’affection (et non de pratiques, là encore), et cela n’aura pas de conséquences sur l’orientation sexuelle des enfants.
En revanche, cela peut éviter des suicides pour celles et ceux qui se découvriront homosexuel-les à l’adolescence.

Depuis début 2016, Vigi- gender multiplie les opérations de communication auprès des écoles.
Le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire [1] a été reçu en audience par la Ministre en mai. Nous y avons porté la nécessité d’une réaction ferme de l’administration.

De nouveau aujourd’hui, le SNUipp-FSU s’adresse à la Ministre : lire le fichier joint.

[1] FSU - Ferc-CGT - Fep-CFDT - Sgen-CFDT - Sud éducation - FCPE - UNEF - UNL - FIDL