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Arrêt des APC : Comment ça marche ?


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Mis en ligne ou actualisé le : vendredi 2 décembre 2016

Se réapproprier les 108 heures...

L’action « arrêt des APC » destinée à soutenir notre demande de redéfinition du temps de travail a donné lieu à l’ouverture de discussions avec le ministère mercredi 30 novembre.

Le SNUipp-FSU a rappelé le sens de la campagne : Redéfinir notre temps de travail dans l’objectif de sa diminution.
Nous nous sommes fait le porte-parole des collègues, qui lors des RIS ou au travers des outils numériques mis à leur disposition, ont dit comment leur travail s’était intensifié, leurs questionnements autour de l’inefficacité des APC et la nécessité de reconnaître un ensemble de tâches non reconnues pour la réussite de tous les élèves.

Le Ministère admet que la question du temps non reconnu est une préoccupation forte des collègues et dit vouloir avancer sur ce dossier.

Les premiers éléments de discussion, visent à élargir le cadre des APC à des activités qui ne concerneraient pas directement un groupe d’élèves.
C’est un premier pas qui va dans le sens de notre demande et de celle des collègues qui veulent que leurs engagements dans des projets, dans le travail en équipe, dans le lien avec les familles soit reconnu et soit « imputé » au temps d’APC.

Cette première réunion, va se poursuivre avec une prochaine réunion, sous quinzaine, ouverte aux autres organisations syndicales. Le calendrier de rencontres se poursuivra jusqu’en mars.

Nous avons insisté pour que, durant cette période de dialogue, le ministère, ne donne pas de directives aux DASEN pour effectuer des prélèvements de salaire ou exercer des pressions sur les collègues engagés dans notre action.
En réponse, le ministère en est d’accord dès lors que l’action n’a pas un caractère « ostensible ».

Le SNUipp-FSU, grâce à l’action d’arrêt des APC engagée sur le terrain, a contraint le ministère à engager un cycle de discussions qui doit permettre d’enfoncer un coin dans le dispositif des APC et une première reconnaissance du travail invisible.

Il est donc particulièrement important de renforcer l’action d’arrêt des APC pour se réapproprier ce temps pour le travail invisible non reconnu.
Plus nous serons nombreux, plus le SNUipp-FSU pèsera pour que les discussions répondent à nos demandes.
Le SNUipp-FSU a besoin de savoir où vous en êtes (arrêt, soutien) et vous propose des outils pour répondre à vos questions.

Voir le site national spécial APC :
http://findesapc.snuipp.fr/

L’École ou la vraie vie

Alors voilà…

Mon école a repris cette année sur un rythme qui tend à devenir classique mais qui, pourtant, ne l’est pas tant que ça :

  • Organiser toutes les rencontres institutionnelles,
  • Préparer l’année en découvrant les nouveaux paramètres budgétaires de la mairie,
  • Rater la date de clôture des inscriptions pour les stages,
  • Gérer les conflits entre élèves,
  • Participer à 4 équipes éducatives en quinze jours,
  • Ne pas arriver à s’inscrire à des animations pédagogiques,
  • Bosser comme on peut sur les programmations de cycle d’école parce qu’on n’a que des doubles-niveaux,
  • Aller à Canopé,
  • Réaménager la classe parce qu’il y a beaucoup d’élèves et ça ne passe pas,
  • Assister à une suite de pré-rentrée volée par le recteur,
  • Faire des récréations décalées pour apaiser l’ambiance,
  • Démarrer les rendez-vous pour recevoir toutes les familles à chaque semestre…
  • Le Lsun qui pointe son nez …

Heureusement, pouvoir se dire qu’il y a la consigne de boycott des APC parce que si certain-e-s les commencent juste aujourd’hui, moi je ne peux pas humainement envisager de les faire…

Être confortée dans ce choix parce que ma classe a bénéficié de l’intervention efficace du bout de RASED qui nous reste, action bien différente de ce que j’aurais pu bidouiller en APC.

Alors oui, je continue à utiliser le temps des APC à autre chose que prendre les élèves.
Et je ne me sens pas en porte-à-faux, je vois que c’est pour le bien de mes élèves, pour le mien et celui de mon école.

Tant pis si ça ne bénéficie pas à la communication de mon ministère… il n’a qu’à enfin nous écouter et recréer les postes de RASED nécessaires, baisser notre temps de travail en classe et le nombre d’élèves par enseignant-e !


La charge de travail des enseignants ne cesse d’augmenter.
Depuis 2 ans, le SNUipp a relayé la consigne de se réapproprier les 108 heures. Il porte régulièrement la question de la révision de nos obligations de service.

Lors du comité technique ministériel du 16 juin 2016, le SNUipp a demandé la suppression des APC soutenu par la majorité des organisations syndicales, le SE s’abstenant et seul le SGEN votant contre.
Des écoles sur le territoire sont entrées dans cette consigne et font de ce temps de travail un temps au service de tous les élèves, de toute l’école.

Les APC ne sont plus mises en place, ce temps est consacré alors aux rencontres avec les familles, au travail collectif, au temps consacré aux différents projets de classe ou d’école, aux activités de documentation … parfois sans objection voire en accord avec l’administration qui reconnaît le travail réalisé dans les écoles.

Voir le dossier en fichier joint.

PDF - 363.9 ko
Dossier APC Novembre 2016

Dans quelques départements, les IA ont envoyé un rappel des textes dans les écoles. Pour l’instant, c’est un rappel très formel, sans plus.

  • Un peu comme si les IA attendaient des consignes plus précises du ministère...

Certains syndicats jugent utile de jouer les supplétifs et font le même travail...

  • Un peu comme s’ils étaient interrogés par leur base sur leur non participation à l’action pour l’arrêt des APC...

Rappel : tant qu’un service annualisé n’est pas intégralement non fait, aucune sanction ne peut être engagée.

Petite FAQ pour arrêter les APC

Quel est l’objectif de la campagne ?
Du temps pour faire des réunions ou une réelle réduction du temps de travail ?

L’action nationale a pour objectif la suppression des APC sans contrepartie. Cette action s’inscrit dans le cadre plus large de la libre utilisation par les équipes des 108h mais il ne s’agit pas de demander des temps de réunions obligatoires à la place des APC.

Les enseignant-e-s engagé-e-s doivent-ils s’inscrire sur la feuille à renvoyer pour indiquer l’organisation des APC par collègue dans les écoles ?

Nous conseillons de faire apparaître toute l’équipe enseignante sur cette feuille.
Libre à chacun-e ensuite de prendre la décision d’arrêter les APC au moment qui lui conviendra.

Un directeur peut-il transmettre une liste des enseignant-e-s engagé-e-s à l’IEN ?

Ce n’est pas son rôle. Ce sont les IEN qui ont la responsabilité de vérifier la réalité des services effectués.

Ne pas mettre en place les APC, est-ce un « service non fait » ?

En principe, ne pas remplir la totalité de ses obligations de services peut être considéré comme un « service non fait ».
Et un « service non fait », comme une journée de grève par exemple, entraîne un retrait de salaire.
En réalité, le temps des APC est un temps annualisé, il ne pourrait y avoir de sanctions financières avant même que ce temps ne soit écoulé.
Et surtout c’est un rapport de force que nous voulons construire.

Je suis seul-e dans mon école à vouloir m’engager à ne plus mettre en place les APC, est-ce possible ?

L’idéal est d’être le plus nombreux possible mais cela n’empêche pas une partie des enseignant-e-s de l’école de s’engager dans la consigne syndicale tandis qu’une autre partie continue de mettre en place les APC.
Pour autant, la préoccupation du temps de travail est une préoccupation constante pour toutes les équipes.
Bien évidemment, les enseignant-es mettant en place les APC en début d’année pourront ensuite rejoindre en cours d’année la consigne syndicale.

Je suis titulaire remplaçant-e et je me suis engagé-e dans l’appel national d’arrêt des APC.
Que devrais-je faire lorsque je remplacerai un-e collègue qui continue de les mettre en place ?

Tu pourras accepter de faire la première heure parce que les élèves sont là et qu’il en va de leur sécurité et de ta responsabilité.
Si le remplacement dure, tu pourras signifier notre action de boycott aux parents et aux collègues de l’école et ainsi cesser la prise en charge prévue par le collègue titulaire de la classe.

J’enseigne en maternelle et je suis engagé dans le boycott. Pour les APC, je prends en charge des élèves d’une collègue qui ne souhaite pas boycotter.
Quand le boycott sera signifié à l’administration, que pourrais-je dire à ma collègue ?

Le temps des APC est une obligation horaire pour les enseignants, pas pour les élèves.
Une fois que le boycott aura été signifié officiellement à l’administration, tu pourras expliquer la situation à ta collègue. Il lui appartiendra alors, d’organiser autrement la prise en charge de ses élèves.
Tu n’as aucune obligation légale à prendre en charge les élèves d’un-e collègue lors de ce temps d’APC.
En cas de boycott, il lui revient de réorganiser la prise en charge des élèves de sa classe.

Dans mon école, les APC ont été placées, de 11h 45 à 12h15, les lundis et jeudis.
Quand le boycott sera effectif, pourrais-je sortir de mon école, à pied, en voiture, pendant ces horaires ?

Dans un premier temps de notre action de boycott et pour couvrir d’éventuels risques de responsabilité et/ou d’assurance, il est préférable de rester dans l’école.

Engagé dans l’appel national, mon IEN me demande de justifier ma position.
Que puis-je lui répondre ?

L’arrêt des APC a été signifié officiellement à l’administration et tu n’as qu’à faire référence à ce mouvement collectif initié par un syndicat pour justifier ta position.
C’est un rapport de force entre les syndicats engagés dans ce boycott et l’administration qui commencera alors.
En cas de pression de la part d’un-e IEN, adresse-toi au SNUipp-FSU 47 pour bénéficier du soutien collectif de notre syndicat.