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Actualités internationales


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 17 novembre 2016

USA : ça vous inquiète ?

Mercredi 9 novembre : la France se réveille en apprenant le nom du 45e président des États-Unis, Donald Trump. Cet homme, que personne ici ne voyait gagner… et qui inquiète…
Comment les Américains ont-il pu élire un homme ouvertement raciste, misogyne, sans réel programme politique, contre la sécurité sociale et l’avortement ?

D’abord, parce qu’il martèle un message cher aux Américains : les États-Unis sont le plus grand pays du monde, il est affaibli par les immigrés et les politiques sociales, et nous allons lui redonner sa grandeur (quels que soient les moyens pour y arriver, qui que l’on doive écraser pour cela).

Ensuite, Donald Trump représente pour beaucoup d’Américains, celui qui n’appartient pas à l’establishment (et aux lobbys de Wall Street), qui a réussi par lui-même (bien qu’héritier d’une fortune colossale… qu’il a réussi à faire fructifier en écrasant ceux et celles qui s’opposaient à lui).
Sur ce point-là, même si la réalité est quelque peu tronquée, on ne peut pas vraiment leur donner tort : son adversaire Hillary Clinton est une pure machine politique ayant des liens très étroits avec la finance et les milieux dirigeants.

Enfin, on peut mettre cette élection au crédit d’un système éducatif dont la volonté première n’est pas le développement de l’autonomie de l’enfant, l’ouverture d’esprit, et la connaissance du monde.
On n’enseigne pas aux petits Américains à réfléchir par eux-mêmes, à faire le tri parmi les milliers « d’informations » données dans les médias, à comprendre d’autres points de vue, bref à raisonner.

L’Histoire (comme dans beaucoup de pays) n’est vue que par le petit bout de la lorgnette : la Seconde guerre mondiale, la ségrégation, l’émancipation des femmes ne sont quasiment pas étudiés au profit du colonialisme et de la grandeur de l’État américain.

Ça vous inquiète ? Comparons avec ce qu’il se passe dans notre pays… tellement plus sensé…

  • Discours actuel commun à droite comme dans une certaine gauche : l’immigration affaiblit notre pays et le système social (et les agents de l’État) plombe notre économie.
  • Autre posture à la mode : aujourd’hui, les candidats politiques appartiennent tous à une même oligarchie, proches des milieux financiers, il faut porter au pouvoir quelqu’un de nouveau.

Enfin, en relisant les programmes d’enseignement français successifs, nous pouvons lire la volonté politique d’amener le peuple à ne plus réfléchir par lui-même pour pouvoir mieux le manipuler…

Il est de notre responsabilité à nous, enseignant-es, de nous engager à notre « petit » niveau, pour former des générations d’enfants capables de penser, d’échanger, de communiquer… Ne ratons pas le coche, sans quoi nous reproduirons les erreurs des autres dans un avenir qui semble de moins en moins lointain.

Anne-Laure Pujos


Bruits de bottes ...

La situation au Moyen-Orient est inquiétante.
Bien sûr la question du Califat islamique est prégnante et il convient certainement de tenter de le réduire à néant. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’est construit grâce à la destruction de l’Irak consciencieusement orchestrée par les USA de Bush. On peut penser que personne n’a cherché à éviter cet « effet co-latéral ».

Le financement de cet « État islamique » a été largement pourvu par des états voisins—Arabie Saoudite en tête—mais aussi par le marché pétrolier qui y a vu une occasion rêvée de s’approvisionner à coûts réduits. Le commerce international est donc directement un des payeurs principaux de la terreur au Moyen-Orient et en Europe.

La question de la Syrie est tout autant importante et l’éviction de la dictature de El-Assad semble aujourd’hui improbable, tant les finalités de la Russie et de la Turquie sont loin de cet objectif.

La question du Kurdistan risque quant à elle d’être de nouveau balayée par les intérêts géostratégiques des mêmes Russie et Turquie.

La question des droits de l’Homme, voire même de la « simple » démocratie est posée pour la Turquie qui s’est engagée cet été dans un processus d’épuration interne (justice ; administration ; police ; armée ; éducation ; média …) d’une ampleur qui ne laisse aucun doute sur les finalités de Erdogan : reformer l’Empire Ottoman d’avant la guerre de 14.
Il n’est pas exclu que l’armée turque se propose « d’aider » à la prise de la ville de Mossoul : avant tout pour « régler » la question Kurde sur cette région de l’Irak.

Quant à la politique de Poutine, il suffit de voir les budgets militaires des pays de l’est de l’Europe pour comprendre les craintes liées à un retour de la Grande Russie…

Un peu plus loin, c’est la Mer de Chine qui focalise tous les dangers.
La République populaire de Chine s’est engagée dans une course au contrôle total de ce vaste espace tout à la fois réservoir de nourriture, de ressources géologiques et surtout autoroute incontournable pour le commerce mondial.

Les récents investissements lourds de l’Australie pour l’achat de sous-marins ne sont pas, contrairement à la présentation faite dans les médias français, une bonne nouvelle…

Le fait que L’Union Européenne n’ait pas de politique étrangère et qu’une posture américaine isolationniste soit désormais probable nous amènent tout droit vers ce retour des empires armés jusqu’aux portes de l’Europe.

Luc Mamin