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Un Tuba pour le « noël féerique d’Agen »


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Mis en ligne ou actualisé le : samedi 10 décembre 2016

A chacun sa façon d’honorer les personnels méritants de l’Éducation Nationale.
À l’opposé des très révérencieuses Palmes Académiques, nous nous contentons d’attribuer le Tuba Académique...
Cette décoration est décernée par la CATA [1] ... en toute dépendance du mouvement social et syndical ...

La CATA s’est réunie…

Elle a décidé d’attribuer son douzième « Tuba Académique » à…
… la mairie d’Agen : pour l’irresponsabilité dont elle a fait preuve dans l’organisation de son « noël féerique » pour les écoles d’Agen.

C’est la première fois que nous décernons un Tuba académique à une collectivité territoriale. D’habitude, ce sont plutôt les ministres, les recteurs, les inspecteurs d’académie qui en sont les heureux bénéficiaires.
Mais en l’occurrence, il nous faut reconnaître que la mairie d’Agen s’est surpassée et mérite grandement cette distinction qui sanctionne la mise en danger des enfants d’Agen et des équipes pédagogiques.

Retour sur les 10 jours d’impréparation :

  • Les écoles d’Agen ne commencent à connaître les détails d’organisation que fin novembre : concentré sur deux jours, le noël féerique est prévu dans un hangar de 2000 m² devant rassembler plus de 1000 élèves certaines demi-journées.
  • Sans demander l’avis de quiconque, les horaires dépassent largement le temps scolaire sauf que dans les écoles il faut tout de même obtenir l’autorisation des parents et s’assurer de la disponibilité des enseignant-es.
  • L’espace réservé à la partie spectacle, d’une surface de 210 m² doit accueillir parfois plus de 500 enfants.
    Un rapide calcul montre que cela représente une surface de 60 cm sur 70 cm par spectateur (scène comprise !).
  • Les animations prévues : trampoline géant, piste de luge, accrobranche inquiètent les écoles qui interrogent alors leur hiérarchie pour se rassurer sur les conditions de sécurité.
    Aucune réponse officielle ne leur parviendra, les rares réponses téléphoniques obtenues évoquent néanmoins un certain « effarement ».
  • Les délégué-es du SNUipp-FSU 47 posent la question directement à l’Inspecteur d’Académie au cours de la CAPD du 1er décembre et soudainement les choses commencent à bouger : une réunion à la Dsden 47 est programmée en urgence le lendemain, vendredi 02 décembre avec la Mairie d’Agen.
    Aucun retour officiel auprès des écoles le 02 décembre au soir.
  • Nous apprenons que l’organisateur de la « prestation » passe son week-end à chercher sur Agen des animateurs pour renforcer l’encadrement sur les diverses « animations »…
  • Le lundi 05 décembre (J – 3) la mairie d’Agen envoie un courriel aux écoles d’Agen pour informer des changements : les maternelles, les CP ; CE1 et CE2 n’auront plus droit qu’au spectacle.
    Les autres classes échapperont au spectacle et ne feront que les activités.

Le Jour J : jeudi 08 décembre :
Deux fournées de maternelles et CP se succèdent pour le spectacle : presque 3/4 d’heure d’attente dans le hangar frigorifié pour les classes programmées en seconde partie.
Bonne nouvelle : l’espace spectacle a vu sa surface doublée.
Mauvaises nouvelles : cet espace n’est séparé du reste du hangar que par une cloison mobile (on s’y attendait un peu) et les spectateurs du fond ne voient pas grand-chose, surtout quand ce sont des enfants de 3 ans.

L’après-midi est grandiose :
Les CE1 et CE2 assistent au spectacle pendant que les animations se déroulent derrière les paravents.

Les témoignages que nous avons reçus :

  • Les enfants qui assistent au spectacle sont déconcentrés par le bruit des animations qui se déroulent derrière eux.
  • La qualité du spectacle est jugée… disons médiocre pour ne froisser personne, pas adaptée aux conditions d’organisation ni au public présent.
  • Aucun des casques prévus pour la luge n’a quitté son bac de rangement.
  • Le volume sonore du hangar est assourdissant.
  • Certaines classes font la queue près de 30 min pour une activité de moins d’une minute par enfant.
  • Le parcours « gymnique » est calibré pour des enfants de moins de cinq ans.
  • Le mini golf est indigent, par contre il montre qu’il est facile de faire le même dans son salon : prenez une planche, posez-la au sol, glissez un saladier à l’autre bout et hop, le tour est joué, y a plus qu’à envoyer la balle correctement.
  • Le filet du trampoline se décroche, il faut interrompre l’animation pour le refixer.
  • L’accrobranche se déroule sans aucun animateur qualifié.
    L’échelle tombe, l’organisateur fait venir un technicien de Happy-Forest (parcours d’accrobranche à Pont du Casse) qui refuse de prendre la responsabilité de ce stand et montre que la « ligne de vie » ne tient pas : il tire trois fois dessus, elle se décroche…

Dès le soir, le SNUipp-FSU 47 ré interpelle l’administration qui pensait les problèmes réglés…

Le lendemain, il semble que l’aspect « sécurité » ait enfin été pris en compte : les casques ont été sortis de leur rangement pour la luge et jusqu’à quatre animateurs sont présents pour l’accrobranche…

Les conditions déplorables sont restées les mêmes pour le « spectacle » : froid glacial, mauvaise visibilité, piètre qualité des prestations.
Comment dans ces conditions a-t-on osé reprocher à des élèves de 6 ans placés au fond de la « salle » de s’intéresser plus aux activités bruyantes qui se passaient juste derrière eux qu’à un « spectacle » dont ils n’avaient ni l’image ni le son…

Nous avons lu l’article de presse publié le 09 décembre, il est juste hallucinant ! À se demander si la presse s’est réellement déplacée dans ce hangar féerique…
L’article mis en ligne sur le site de la mairie d’Agen est bien sûr de la même eau : là c’est sans doute plus normal, l’objectif relève seulement de la communication, pas de l’information.

Nous souhaiterions tout de même que la municipalité d’Agen prenne conscience de la gravité de la situation qu’elle a « organisée », et malheureusement, les premiers échos ne vont pas dans ce sens : le déni de la réalité semble succéder maintenant à l’irresponsabilité de la préparation.

Quant à l’Éducation Nationale, si l’Inspecteur d’Académie a effectivement acquiescé à nos inquiétudes en convoquant une réunion en urgence avec la municipalité, en aucun cas les représentants de l’administration n’ont suivi ce dossier avec le sérieux qu’il nécessitait.
Notre hiérarchie n’a pas répondu au désarroi des enseignant-es qui lui demandaient son aide face à une situation dangereuse pour les élèves des écoles d’Agen !

[1] CATA : Commission d’Attribution du Tuba Académique