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Enquête exclusive SNUipp-CSA : Jeunes enseignants et école, principes de réalité


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 17 janvier 2008

Cette dernière enquête au regard de celle des années précédentes donne une image des évolutions d’une profession qui verra d’ici 2012 la génération IUFM être majoritaire par rapport à celle de leurs aînés passés par les écoles normales. Plusieurs traits semblent se dessiner au fil des réponses.

Pour la troisième fois, le SNUipp a réalisé avec l’institut CSA une enquête sur les professeurs des écoles débutants et leur regard sur le métier. En 2001, 2004 et 2007, 2000 jeunes enseignants ont été interrogés sur leur entrée dans la profession, leur vision de l’école, le quotidien de la classe…

Cette dernière enquête au regard de celle des années précédentes donne une image des évolutions d’une profession qui verra d’ici 2012 la génération IUFM être majoritaire par rapport à celle de leurs aînés passés par les écoles normales. Plusieurs traits semblent se dessiner au fil des réponses.

- Tout d’abord, ils sont de plus en plus nombreux à avoir une première expérience professionnelle, de 15 % en 2001 ils sont passés à 22 % en 2006. Beaucoup d’entre eux sont diplômés au-delà de la maîtrise : 9 % en 2001, 15 % aujourd’hui.

- Parmi ce qui les satisfait le plus, Julien Goarant du CSA note l’importance croissante donnée à la réussite des élèves (69 %) et au fait de transmettre des connaissances (55 %) réponses qui viennent avant les relations avec les élèves (52 %). Cette dernière appréciation signifie-t-elle un désintérêt pour ces relations ou alors que ces relations ne posent pas de problème ?

- Autre évolution dans les réponses « aujourd’hui le problème est moins l’hétérogénéité des classes (41 % en 2007 contre 44 % en 2001) que la charge de travail (44 % en 2007 contre 33 % en 2001) » souligne-t-il. L’item « Les implications dans votre vie privée » arrive même en tête des « différences perçues entre l’idée que vous vous faisiez du métier et de la réalité ». Ces réponses sont à mettre en relation avec la question sur les problèmes les plus importants rencontrés par les jeunes professeurs des écoles. Les différences de niveaux de la classe arrivent en première position avec 66 % (contre 51 % en 2001) mais le temps que prend le travail de préparation est en forte hausse avec 59 % des réponses contre 50 % en 2001. La charge de travail aurait-elle changé ?

Julien Goarant rapproche ces difficultés à l’image que se fait cette génération de son métier. 82 % ont le sentiment d’exercer un métier dévalorisé aux yeux de la société. « Il ne s’agit pas seulement ici de la question des salaires. Ils n’arrivent pas à apporter les réponses aux demandes de la société. » commente-t-il. Les jeunes enseignants seraient-ils alors fatalistes ? Difficile à croire quand 62 % d’entre eux estiment que la réussite de tous les élèves est un objectif qui peut être atteint, pour 84 % dans une école transformée. Il ne reste plus qu’à leur en donner les moyens…

Lire aussi l’entretien avec Patrick Rayou, sociologue

Cette consultation a été réalisée en auto-administré durant les mois de septembre et octobre 2007 sur un échantillon de PE de moins de 5 ans d’ancienneté.