Accueil du siteSociété
Un même droit à l’éducation


Article visité 73 fois Imprimer  Enregistrer au format PDF  
Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 9 mars 2017

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
Article 13 : Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État.
Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Code de l’éducation
Article L131-1 : L’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans.

L’accueil des migrant-es fait l’objet de polémiques.
Une partie de la droite et l’extrême droite y voient l’occasion d’affirmer de nouveau leur rejet des étranger-es. Certain-es élu-es tentent de faire adhérer leur collectivité à la charte « Ma commune sans migrants ».
Des locaux destinés à devenir centres d’accueil sont incendiés. Des manifestations hostiles sont organisées, provoquant des contre-manifestations qui rassemblent, heureusement, davantage de monde, des rassemblements qui parfois se font face dans une tension palpable…

À l’inverse, des élu-es s’expriment, dénonçant le repli sur soi et la récupération politique, et rappellent nos traditions d’accueil. Des manifestations de soutien, des réceptions de bienvenue sont organisées.
Et c’est aussi la solidarité concrète qui se met en place : dons et collectes, nourriture et repas, cagnottes, mais aussi offres d’emplois, de cours de français, de partage de loisirs…
L’actualité met en avant ces migrant-es qu’on déplace, qu’on trie, qu’on « traite » administrativement, et puis qu’on laisse dans le dénuement ou que l’on expulse à leurs risques et périls…
Au-delà des discours extrémistes, le message latent est que l’accueil serait forcément temporaire parce qu’ils/elles ne sont pas forcément les bienvenu-es.

Face à tous ces discours nauséabonds, le SNUipp-FSU revendique haut et fort que les immigré-es soient traité-es comme des citoyen-nes à part entière.
Il réaffirme la nécessité d’articuler les dimensions humanitaires et politiques des actions, à œuvrer contre l’extrême droite et ses idées qui irriguent aujourd’hui bien au-delà des seuls partisans du FN.
Il s’engage à tout faire pour que soit effectif le droit à l’éducation pour tou-tes les enfants quelle que soit la situation administrative des parents.

Contre la logique du bouc émissaire, l’exclusion et la haine, il y a urgence à faire vivre la solidarité.

L’un des fléaux qui s’abat de manière plus ou moins insidieuse sur les familles migrantes est la rupture de la scolarisation.
Alors que la Convention internationale des droits de l’enfant, entre autres, établit le droit à l’éducation, celui-ci n’est pas respecté pour un nombre de plus en plus important d’enfants.
Si, dans les camps de réfugiés, les ONG sont vigilantes et tentent de pallier ce problème en organisant des classes et des cours (comme ce fut le cas de l’École laïque du Chemin des dunes, à Calais) afin d’éviter que le phénomène ne prenne trop d’ampleur, elles ne peuvent cependant empêcher que des millions d’enfants soient complètement déscolarisés, que des jeunes interrompent leurs études et ne puissent les reprendre lorsqu’ils arrivent dans le pays d’accueil.

Les 24 et 25 octobre derniers, une consultation réunissait les pays d’Europe et d’Amérique du Nord à l’UNESCO pour établir des recommandations concernant la réalisation de l’ODD4 (Objectif de développement Durable), à savoir celui concernant l’éducation.
Les articles 10, 11 et 12 de la déclaration finale réaffirment le droit à l’éducation pour les réfugié-es et les migrant-es, droit qui passe par la mise en place de dispositifs spécifiques, dont le dialogue interculturel pour favoriser la compréhension et le respect.
À noter qu’à ce jour, la participation de la France au Fonds spécial « L’éducation ne peut pas attendre » n’est toujours pas connue.

Lancée lors du Sommet mondial sur l’action humanitaire en mai 2016, cette plate forme a pour objectif d’apporter une intervention plus collaborative, rapide et souple pour l’éducation en situations d’urgence, afin de réaliser le Droit à l’éducation des enfants et des jeunes affectés par une crise.
On estime à 75 millions le nombre d’enfants âgés de 3 à 18 ans qui vivent dans un des 35 pays touchés par une crise et sont dans le besoin extrême de soutien éducatif.

Inclusion des élèves allophones
Depuis maintenant plusieurs années (circulaires de 2002 puis 2012), la règle est l’inclusion des élèves allophones dans les classes ordinaires : le défi est d’importance pour les enseignant-es de ces classes, qui peinent à pouvoir faire progresser ces enfants au même rythme que les autres.

Le nombre d’enfants concerné-es étant en augmentation, les enseignant-es ne doivent pas rester isolé-es face à cette difficulté supplémentaire.
Les CASNAV (Centres Académiques pour la scolarisation des enfants Allophones Nouvellement Arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de Voyageurs) ont pour mission de mettre leur expertise au service de leurs collègues en classes ordinaires et d’offrir une formation.
Ils sont relayés sur le terrain par des enseignant-es chargé-es d’UPE2A (Unité Pédagogique d’Enseignement pour Élèves Allophones Arrivants) qui accueillent les élèves pour des durées variables suivant leurs besoins.

La répartition des moyens sur l’ensemble du territoire est très inégale : si certaines académies sont correctement dotées, d’autres sont oubliées. Un effort est à fournir pour atteindre l’objectif affirmé par le ministère d’accueillir dans les meilleures conditions tous les enfants nouveaux arrivants, quels que soit leur origine, leur situation ou leur mode de vie.