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École républicaine ou marché éducatif ?


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Mis en ligne ou actualisé le : vendredi 23 juin 2017

Le gouvernement Macron/Philippe agglomère des partisans de la politique libérale menée en France depuis 10 ans. Il prône la déréglementation à tout-va et la casse des règles collectives jugées « trop contraignantes ».
Sous prétexte de simplification, d’équité voire de liberté, encore une fois, il faut réformer …. vite …. par ordonnance …. mais pour qui ? et pour quoi faire ?

Trop lourdes les lois encadrant le travail au sein des entreprises ?

Sans aucun scrupule, on se dirige vers la destruction du code du travail : suppression des statuts, attaques contre les contrats, contre les jours fériés, les congés payés, les congés de maternité, les heures supplémentaires, la durée légale de travail etc...
Le code du travail pèse actuellement 1,150 kg contre 0,420 kg à l’origine . Ce qu’on ne dit pas à la télé, c’est que ce qui a été rajouté, ce sont les jurisprudences confirmant la loi lorsqu’elle n’a pas été respectée par l’une des deux parties (bien souvent l’employeur).
Mais cela ne saurait suffire …. la suppression des cotisations salariales sur l’assurance maladie et l’assurance chômage, l’augmentation de la CSG, la remise en cause (encore) des retraites, …. sont aussi au programme.

Et la fonction publique ?

Surtout pas un ministère de plein exercice. L’intitulé du « ministère de l’Action et des comptes publics » confié à Gérard Darmanin montre clairement que les fonctionnaires ne seront pas traités sous l’angle de leurs missions et de leur statut mais sous le seul prisme budgétaire. Ainsi, la fin de « la Territoriale » est annoncée.

Côté éducation, Jean-Michel Blanquer, « grand » théoricien du modèle de l’École-entreprise, inscrit sa politique dans la continuité de ses prédécesseurs. Depuis ses débuts dans le sérail en 2004 [1], il a pris le temps de peaufiner son idéologie pour un « marché éducatif » et prépare l’atomisation du service public d’éducation.
Il souhaite dessiner un nouveau système éducatif selon quatre grandes idées [2] : l’autorité (des chefs d’établissement), l’autonomie (des mêmes), le recentrage sur les « fondamentaux » (français et maths) et la hiérarchisation (élèves réunis en groupes de compétences, sélection à l’entrée de l’université, bac pro orientés vers une filière spécifique).
Pour le moment, M Blanquer s’est seulement attelé à deux chantiers :

  • prendre aux uns pour donner aux autres (CP à 12 au détriment du « Plus de maîtres que de classes » par exemple)
  • défaire, quoi qu’on en pense, le cadre national des rythmes scolaires pour donner un pouvoir accru aux municipalités, mettre les écoles en concurrence, ....

Cela n’apporte aucune réponse au quotidien de l’école toujours sous investie.

Dans son livre blanc, le SNUipp-FSU formule de nombreuses propositions et exige une toute autre ambition pour notre école républicaine.
Avec la FSU et nos partenaires syndicaux, il s’opposera à toute mesure régressive.

Le Secrétariat du SNUipp-FSU 47

[1] Pour rappel JM Blanquer a été recteur de Guyane en 2004, directeur adjoint de G. De Robien en 2006 (tentative d’imposer la méthode syllabique), recteur de Créteil en 2007, directeur DGESCO en 2009 sous L.Chatel (patron des programmes et des moyens pour l’école, mise en place des évaluations CE1 et CM2, destruction des RASED)

[2] source : Café pédagogique