Accueil du siteSNUipp 47 Édito
Quelle rentrée pour le 1er degré ?


Article visité 173 fois Imprimer  Enregistrer au format PDF  
Mis en ligne ou actualisé le : mercredi 28 août 2019

Se rappeler que nous avons fait reculer Blanquer !

Pendant deux ans, le ministre de la « confiance » n’a écouté personne. Il a imposé ses « réformes » malgré les avis négatifs du Conseil Supérieur de l’Education ou de quelque instance que ce soit, n’a tenu compte d’aucune interpellation syndicale.

Dans la Loi Blanquer, la création des EPSF (établissements publics des savoirs fondamentaux) signifiait le dynamitage pur et simple du 1er degré. Or, sur ce point précis, NOUS AVONS GAGNÉ ! Le ministre qui sait tout sur tout mieux que tout le monde, a reculé, les EPSF ont été retirés de la Loi.

Pourquoi ? Parce que nous avons su construire un mouvement de mars à juin 2019, avec l’appui des parents d’élèves. Nous avons alterné actions locales, réunions publiques, banderoles, occupations par les parents, rassemblements, avec des temps forts nationaux : manifestations le samedi avec les parents, et plusieurs journées de grève. L’implication de nombreux élus locaux a également compté, puisque c’est au Sénat que le recul a été officialisé… Nous pouvons tou-tes être fier-es de cette victoire. Et nous en souvenir pour la suite.

Être conscient-es que le rouleau compresseur Blanquer veut continuer d’avancer et que ce gouvernement attaque de toute part…

On l’a vu avec le mouvement intra départemental. Le ministère impose un logiciel qui a seulement pour but de nommer un maximum de collègues même sans tenir compte de leurs vœux, en particulier géographique.

Blanquer veut continuer les évaluations nationales standardisées, même si elles ne servent ni à améliorer le travail des enseignant-es, ni à développer la réussite des élèves. Blanquer veut imposer des méthodes et des manuels, les IEN sont à la tâche pour contrôler les emplois du temps et le travail des enseignant-es, le ministère, avec les DASEN, va tenter de nous imposer des protocoles de formation tout prêts.

Ce gouvernement s’en prend à tout ce qui fonctionne :

  • la maternelle doit revoir sa copie. Les programmes de 2015 ont été votés à l’unanimité par le Conseil Supérieur de l’Education ? Qu’à cela ne tienne. On efface tout et on« primarise » (voir la circulaire de rentrée 2019).
  • 2 rapports viennent d’être publiés par le ministère pendant l’été pour remettre en débat les EPSF, ou « écoles du socle
  • la Fonction publique permet de faire passer l’intérêt général avant tout ? Les services publics sont là pour toutes les citoyen-nes, sur tout le territoire ? Le statut des fonctionnaires leur permet de résister aux pressions économiques, religieuses, et même politiques ? Il est donc urgent pour ce gouvernement de tout détruire, par la Loi de transformation de la fonction publique…
  • les retraites par répartition permettent un salaire différé ? Elles n’entrent pas dans les trafics boursiers, elles permettent de prévoir quand et avec combien on pourra s’arrêter de travailler ? Eh bien, détruisons, disent-ils, en prenant les gens pour des imbéciles et en leur faisant croire que c’est pour leur bien…

Savoir que nous sommes une force incontournable, et se mobiliser, en toute intelligence !

Disons-nous bien que les professionnel-les de la pédagogie, c’est nous. Aucun protocole scientifique ne peut faire classe à notre place. Réunissonsnous avec le SNUipp-FSU, avec les mouvements pédagogiques (GFEN,ICEM-Freinet, AFL…), et résistons de la meilleure manière possible : en construisant nos vies de classe, tous les jours. Le syndicat est aussi là pour ça !

Discutons avec nos collègues, jeunes et moins jeunes. Nous devons nous rappeler que nous sommes des fonctionnaires. Que nous serons des retraité-es. Nous voulons une société plus juste, avec une meilleure répartition des richesses produites. On sait tou-tes qu’en France, l’évasion fiscale, c’est 100 milliards d’euros chaque année, autant que le budget de l’Education nationale. De l’argent, il y en a.

Venez tou-tes aux réunions syndicales, RIS, AG, stages… Construisons ce qui nous convient entre collègues. Puis avec les parents, les usagers… Tout est possible : nous sommes une force incontournable. A nouveau, faisons reculer Blanquer et ce gouvernement. Imposons la justice sociale et un monde meilleur. Avec intelligence : construisons les mobilisations qui sont dans nos mains.

Très bonne rentrée à toutes et à tous !