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Stages de Remise à Niveau : Boycott !


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Mis en ligne ou actualisé le : mercredi 15 mars 2017

RAPPEL :

Word - 39 ko
Proposition de lettre aux parents

Ci-contre, un modèle de lettre à diffuser aux parents afin d’expliquer notre refus d’organiser les stages de « remise à niveau ».
Débattez collectivement, en conseil des maîtres, de ce refus.
Nous rappelons que l’information administrative aux parents ne concerne que les familles des élèves susceptibles de retirer un bénéfice de ce dispositif .
Donc, si on estime que ce dispositif est au mieux inutile, on ne la distribue pas !

Le SNUipp47 appelle les collègues à ne pas entrer dans le dispositif et donc dans aucune des organisations matérielles demandées par l’administration.


Ne cautionnons pas ce bricolage !

La première des remises à niveau serait de faire en sorte qu’il y ait tous les jours des enseignants formés devant les élèves et dans des conditions normales : chaque jour des classes se retrouvent sans enseignant et subitement on trouve des fonds pour assurer des heures supp, cherchez l’erreur !
La lutte contre l’échec scolaire doit passer par d’autres mesures à l’opposé du gadget proposé par notre ministre. Nous voulons des créations de postes, des réductions d’effectifs, plus de maîtres que de classes, des RASED complets en nombre suffisant pour couvrir correctement tout le territoire…
Mais cela nécessite bien évidemment d’autres choix budgétaires.
En terme de budget, une enveloppe spécifique de plus de 20 millions d’euros est débloquée pour financer ces « stages de remise à niveau » ! Quand on en a la volonté, de l’argent on en trouve !
Veut-on nous habituer à ouvrir les écoles pendant les vacances ? Le SNUipp a dénoncé ce dispositif de bricolage qui vise à faire croire à l’opinion que l’on peut régler les difficultés scolaires hors de l’école alors que dans le même temps les milliers de suppressions de postes vont avoir des conséquences désastreuses sur les activités pédagogiques des écoles.
Le SNUipp 47 alerte les collègues sur les risques et les dérives possibles que constitue la participation à l’organisation d’activités hors temps scolaires.
Nous considérons que les directeurs n’ont aucune responsabilité à prendre dans l’organisation de ces activités hors temps scolaire basées sur le volontariat d’enseignants.
De plus, alors que le ministère refuse tout rattrapage du pouvoir d’achat des fonctionnaires, il développe le système des heures supplémentaires. Il cherche par là à contourner l’exigence de hausse du pouvoir d’achat par une politique de la carotte qui s’ajoute à une culpabilisation latente des enseignants devant une demande sociale forte de réussite scolaire.
Aux revendications d’évolution de la grille indiciaire pour tous, il répond par une individualisation des salaires, injuste et inégalitaire. C’est en particulier les femmes, les mères de famille (voire les pères de famille) qui pâtiraient du développement d’un tel système. C’est également une voie ouverte vers le salaire au mérite, aux « plus méritants. »

Ne tombons pas dans le piège.

Ce dispositif est mauvais pour nos élèves, il est nuisible pour nos métiers.
Refusons-le !
Toutes ces questions sont liées, sont en cohérence et vont toutes dans le sens de « moins » d’école pour tous et « heures supplémentaires » pour les enfants en difficulté.

A propos des stages de remise à niveau, il nous faut rappeler quelques points importants :

Sur les heures supplémentaires :
Créer des heures supplémentaires c’est refuser de créer les emplois nécessaires à un travail. L’école n’a pas besoin d’heures supplémentaires mais de création de postes.

Sur l’aspect pédagogique :
Décrocher la remédiation scolaire du temps d’école marque une rupture fondamentale dans les missions que l’école s’est assignée depuis plus d’un siècle.
Les heures qui sont rajoutées par ci par là au cours de la semaine pour tenter de compenser la « perte » du samedi matin, les stages de remise à niveau organisés aux congés de printemps ou pendant l’été, remettent en question l’existence même des RASED et les missions des enseignants spécialisés.
De plus ces dispositifs envoient aux familles un message disant que le « temps de classe » ne permet plus d’aider leurs enfants, avec même un risque de stigmatisation de l’échec scolaire.
Décrocher le temps de remédiation scolaire du temps scolaire, c’est aller vers la fin de l’école ayant pour ambition la réussite de tous les élèves.
Quant à l’efficacité pédagogique de ces dispositifs, chacun pourra en juger.

Sur l’aspect financier :

Le taux horaire appliqué, de 22,26 € à 27,30 € selon le corps, est 40% inférieur à ce qui se pratique dans les collèges et lycées.
Taux de ces heures supplémentaires :

Corps Taux horaire Soit pour un stage
d’une semaine (15 h)
Instituteurs 22,26 € 333,90 €
PE classe normale 24,82 € 372,30 €
PE hors classe 27,30 € 409,50 €

Au delà des considérations personnelles propres à chacun(e),
Vue la nature même de ce dispositif,
Nous appelons les collègues à ne pas participer à la mise en place de ces stages.