Le 5 décembre, et après...
Publication : Novembre 2019

Jusqu’ici, les réformes des retraites ont été menées au nom de l’équilibre financier. Maintenant que le déficit est en voie de résorption, au prix d’une baisse continue du niveau des pensions, c’est l’« équité » qui est mise en avant [1].

Une politique injuste

Mais la retraite « par points » que propose le gouvernement pour tout-es les salarié-es, du public, comme du privé, ne corrigera aucune inégalité. Pire, elle aggravera l’injustice !
Le niveau de la pension ne sera plus prévisible au cours de la carrière. Il dépendra de la valeur du point au moment du départ, plongeant ainsi les salariés dans l’incertitude … Du « pain bénit » pour les assurances privées qui voient là un moyen de tirer davantage de profits

Par ailleurs, la pension ne sera plus calculée par rapport aux meilleures années dans le privé ou aux derniers mois dans le public mais sur l’ensemble de la carrière. En incluant dans le calcul les années de chômage, de bas salaires (notamment en début de carrière), de temps partiel, de maladie, etc, c’est une baisse automatique des pensions qui en « ruissellera ».

Une politique ruineuse.

Alors qu’en France « l’espérance de vie en bonne santé » stagne depuis 2005 [2], il faudrait travailler plus longtemps pour partir à la retraite sans décote. Cela pénaliserait encore celles et ceux ne pouvant avoir tous leurs trimestres. Cela nous priverait toutes et tous des meilleures années de retraite.
Il est pourtant connu que ce principe ne tient pas économiquement parlant. La « réforme » de 2010, reportant l’âge de départ de 60 à 62 ans, a fait exploser le nombres de « seniors » au chômage, en arrêt maladie ou en invalidité.

Selon la Cour des comptes, « le coût de la prise en charge des seniors touchés par les mesures de report d’âge de liquidation des droits à la retraite et qui se trouvent exclus du marché du travail s’élève, au début 2018, à environ 1,5 milliard d’euros par an. » [3].
L’ambition politique, l’objectif, les raisons de la réforme ne sont donc pas économiques. Ils sont idéologiques.

Faire autrement, c’est possible !

Financer le droit à la retraite à 60 ans avec 40 années de cotisations est possible. L’augmentation des salaires, l’égalité des salaires entre hommes et femmes, la mise à contribution des revenus financiers sont des pistes à suivre. Les richesses existent … encore faut-il vouloir aller les chercher et s’en donner les moyens.

Réussir le 5 décembre :

Un impératif !
« Je n’aurai aucune forme de faiblesse » a déclaré E. Macron à propos des grèves du 5 décembre contre sa réforme des retraites. Mais, « en même temps », il cherche comment endormir les cheminots par des mesures de « transition ».

Nous n’aurons, nous non plus, aucune forme de faiblesse car c’est le principe même de la retraite par points que nous allons combattre. C’est un enjeu de société majeur.

Pour le SNUipp-FSU, des discussions salariales doivent s’ouvrir pour toutes et tous les agent·es y compris en dehors de ce projet de réforme des retraites.
Pour le SNUipp et la FSU, la retraite est une nouvelle étape de la vie qui nécessite que chacun et chacune ait les moyens de la vivre dignement.
Pour le SNUipp et la FSU, c’est un système solidaire qu’il faut pérenniser.

L’ensemble des salariés du pays, les jeunes, les privé·es d’emploi sont appelé·es à cesser le travail et à manifester le 5 décembre. Chacun·e peut / doit tout faire pour réussir cette journée … voire plus.

Le secrétariat du SNUipp47 :
Guillaume Arruat, Delphine D’Ambrosio,
Éric Delage, Philippe Guillem,
Pascal Mundubeltz, Jean Claude Soret,
Sandrine Tastayre, Séverine Tokatlian