Premiers retours sur la réouverture des écoles

Première analyse à partir des 4 142 premières réponses à l’enquête en ligne du SNUipp-FSU

Publication : 27 mai 2020


Première analyse à partir des 4 142 premières réponses à l’enquête en ligne du SNUipp-FSU https://consultation.snuipp.fr/repr...

 L’aspect sanitaire

Le virus est toujours présent avec des suspicions de Covid-19 constatées dans 16% des écoles, de façon légèrement plus marquées en ville (19%). Très majoritairement ce sont des élèves (59%) plutôt que des personnels des écoles.

Comparées à la première enquête, réalisée avant la réouverture effective des classes, les problématiques liées à l’application du protocole sanitaire diminuent, moins de 6% de non-respect contre plus de 13%. Ces difficultés sont toutefois plus marquées en ville (8%) que dans le rural (4%).

La désinfection des locaux est jugée insuffisante dans 14% des écoles et davantage en ville (19%) que dans le rural (10%).

Des difficultés d’approvisionnement en masques se font jour dans 10% des écoles, de façon plus marquée en centre-ville (14%) que dans le rural (11%) ou dans les quartiers populaires (9%). Enfin si pour plus de 59% des écoles la distribution de masques est prévue régulièrement, les modalités d’approvisionnement à venir demeurent inconnues des personnels dans 37% des écoles.

 Les élèves accueillis

Le pourcentage d’élèves accueillis dans les écoles ayant rouvert leurs portes est de 24,93%. Il est bien plus important dans les écoles rurales (31,87%) que dans les écoles situées dans des quartiers populaires (16,48%). Les écoles de centre-ville (24,02%) ou « mixtes » (27,13%) sont très proches elles de la moyenne globale.

Ces chiffres montrent l’échec de la stratégie ministérielle basée sur le volontariat des familles pour un retour prioritaire des élèves les plus éloignés de l’école malgré une sur-sollicitation des familles pour retourner à l’école dans les quartiers populaires de la part des enseignant-es.

Les enfants des personnels indispensables sont toujours accueillis prioritairement même si des difficultés sont constatées pour parvenir à tous les accueillir dans 4% des écoles.

Le constat d’échec d’une réouverture des écoles pour des raisons « sociales », afin d’y accueillir les élèves « en fragilité ou en difficulté », est sans appel. Les enseignant-es estiment que 81% des élèves de leur propre classe dans cette situation ne sont pas revenus à l’école, jusqu’à 86% dans les quartiers populaires. Globalement ils estiment que 78% des élèves issus des familles défavorisées reviennent moins à l’école que les autres et encore davantage, 83%, dans les quartiers populaires.

 La réalité de cette école « intermédiaire »

Moins de 8% des enseignant-es n’ont pas retrouvé le chemin de l’école ayant une situation de santé fragile ne le permettant pas ou devant garder leurs propres enfants.
Pour un quart d’entre eux ils consacrent tout leur temps de travail à accueillir des élèves en présentiel, tandis que 67% partagent ce temps avec la poursuite d’un suivi à distance pour les élèves de leur classe n’étant pas revenus à l’école.

Sur la réalité concrète de cette école « intermédiaire » où les conditions sanitaires priment, les enseignant-es font état de diverses difficultés d’ordre pédagogiques (43% soulignent l’absence de jeux partagés et 30% une relation pédagogique insatisfaisante), de sens de l’école (24% ont le sentiment de « faire de la garderie plus que la classe » tandis que 19% ont celui de donner trop « d’ordres négatifs ») et d’ordre sanitaire (35% estiment que le respect de la distanciation entre enfants est impossible et 22% que le temps consacré au lavage des mains est trop important).

Au final, 51% pensent que l’organisation actuelle n’est pas tenable jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Il s’agit donc de procéder à des aménagements de cette école intermédiaire, en respectant les précautions sanitaires, notamment celles émises par le conseil scientifique et en laissant une entière liberté aux enseignants pour les mettre en œuvre.