2020, année de m...

Tout avait commencé fin 2019 avec le projet de « retraites à points ».

Publication : 25 juin 2020

Tout avait commencé fin 2019 avec le projet de « retraites à points ».

La prévision d’une baisse drastique du montant des pensions pour les enseignant·es avait largement mobilisé la profession : la grève du 05 décembre restera comme une journée de référence historique.
Elle fut suivie, jusqu’en février par une reconduction marquée par des « temps forts », jusqu’à l’adoption de la loi par la procédure du « 49-3 ».
C’est la première fois qu’une loi d’une telle portée sociale est validée par ce biais anti-démocratique alors même que le gouvernement dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale.

Puis, ce fut la pandémie du COVID-19, et le double choc : manque de moyens dans les hôpitaux et confinement.

Tandis que les personnels hospitaliers ne cessaient depuis de longs mois d’alerter le gouvernement et la population sur la situation délétère des services d’urgence en particulier, et des capacités d’accueil de soin en général, la gestion « libérale » de l’hôpital suivait tranquillement son cours.
Soigner doit « rapporter », il faut fermer des lits, sous-traiter les prestations annexes, et sous payer les personnels soignants.
Les hôpitaux furent rapidement au bord de la rupture, ils manquaient de tout. Les masques « grand-public » furent déclarés inutiles – voire dangereux – les tests de dépistage étaient, tout comme les masques, absents, les lits manquaient, la pénurie de moyens fut gérée en envoyant « au front » des soignant·es désarmé·es.

Le confinement décrété mi-mars ferma jusqu’aux écoles.
Le ministre de l’éducation déclarait que tout était prêt pour assurer la « continuité pédagogique ». L’utilisation des outils informatiques montra qu’il n’en était rien, sans même parler de la fracture numérique bien réelle pour nombre de familles.
L’enseignement « à distance » montra vite ses limites. De fait, son objectif premier fut surtout de tenter de maintenir un lien entre l’enfant et l’école.

Bon nombre de collègues se portèrent solidairement volontaires pour accueillir les « enfants des soignants » dans les écoles, y compris les week-end.

Le déconfinement, décrété le 11 mai, rouvrit les écoles, sans pouvoir accueillir l’ensemble des élèves, sans obligation ni pour les familles, ni pour les maires.
L’objectif était de permettre le redémarrage de l’économie, en libérant les parents de la garde de leurs enfants. Un protocole sanitaire très strict fut défini, et en réalité, peu d’élèves purent revenir à l’école quotidiennement.

Cette première phase du déconfinement offrit un rôle majeur aux maires pour conditionner la réouverture des écoles.
Les directrices et directeurs d’école, et l’ensemble des enseignant·es se retrouvèrent coincé·es entre les volontés municipales, les injonctions de l’éducation nationale, et les desiderata des parents.

La reprise de l’obligation scolaire le 22 juin a un but essentiellement symbolique : montrer que l’école a repris « pour de vrai ». Néanmoins, il y a fort à parier que l’absentéisme scolaire de fin d’année sera important.

On ne sait pas grand-chose des conditions de la rentrée en septembre qui risque bien de ne ressembler à aucune autre…
D’autant que pendant que le rêve d’un « jour d’après » différent voyait le jour, le ministre lui décidait d’avancer sur ses projets phares :

  • décrocher les apprentissages fondamentaux du « reste » en inventant les « 2S-2C » ;
  • formater les écoles par la création d’emplois fonctionnels de direction, autrement dit en ouvrant des « missions » de direction pour lesquelles les candidat·es devront surtout se soumettre sans réserve au rôle de rouage hiérarchique sous peine de perdre le poste.

Sans oublier que tout cela survient au moment où la Loi de transformation de la fonction publique publiée le 07 août 2019 montre ses premiers effets : la gestion des personnels est vidée de sens.
Les affectations – mouvement national et mouvements départementaux – échappent au regard des représentant·es des personnels, et deviennent des opérations opaques pour lesquelles les erreurs informatiques et les réglementations restrictives, concurrencent les mesures arbitraires.

Pour l’avenir, et sur un plan plus large, la facture sera lourde : des emplois vont disparaître massivement, les faillites d’entreprises atteindront un niveau rarement connu, et si aucun paradigme économique ne change, ce seront toujours les peuples qui paieront.

C’est la raison pour laquelle des organisations syndicales et des associations se sont réunies pour la pétition « Plus jamais ça, construisons ensemble le jour d’après », et pour rédiger un plan de sortie de crise.
Les objectifs sont de mettre en place :

  • Un plan de développement de tous les services publics
  • Une fiscalité bien plus juste et redistributive, un impôt sur les grandes fortunes, une taxe sur les transactions financières et une véritable lutte contre l’évasion fiscale.
  • Un plan de réorientation et de relocalisation solidaire de l’agriculture, de l’industrie et des services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations, de répondre à la crise écologique.

Le « jour d’après » n’est pas encore écrit, il nous appartient maintenant d’arrêter d’applaudir, de ne pas attendre de médailles ni de primes, mais de construire collectivement les solutions indispensables pour un monde plus solidaire.

Le syndicalisme que nous prônons a toute sa place dans ce projet.
Rejoignez-le !

Le secrétariat du SNUipp47 :
Guillaume Arruat, Delphine D’Ambrosio, Éric Delage, Philippe Guillem,
Pascal Mundubeltz, Jean Claude Soret, Sandrine Tastayre, Séverine Tokatlian