Quelle formation pour quel métier ?
Retour sur le colloque du SNUipp-FSU
Publication : Décembre 2021
Dernière modification : 11 mai
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Le colloque national du SNUipp-FSU « Quelle formation pour quel métier ? » s’est tenu les 29 et 30 mars 2022 à Paris avec Damien Collard et des ateliers des mouvements pédagogiques (GFEN, ICEM,AFEF).

Une formation à reconstruire

« Enseigner est un métier qui s’apprend. »
Une petite phrase chère au SNUipp-FSU qui a tout d’une évidence mais qu’il a fallu longtemps marteler tant les représentations liées à l’enseignement laissent à penser que de solides savoirs théoriques suffisent à accompagner les élèves sur le chemin du savoir.
Pourtant aujourd’hui, alors que le métier est reconnu plus complexe et plus difficile, alors que le niveau de recrutement s’est élevé à Bac+5, c’est à un véritable retour en arrière qu’on assiste avec un ministre qui diminue le temps consacré à la formation professionnelle, qui réduit l’enseignement à la mise en œuvre de prescriptions simplistes et qui utilise les stagiaires comme moyens d’enseignement sur le terrain.

Au moment où des échéances électorales devraient mettre les questions éducatives au centre des débats, le SNUipp-FSU, fidèle à sa ligne de conduite, a choisi à nouveau fin mars 2022 de donner la parole aux chercheuses, chercheurs, mouvements pédagogiques, actrices et acteurs de terrain pour avancer sur quelques questions essentielles concernant la formation des professeurs d’école :
Quelles sont les spécificités du travail enseignant ?
Comment penser la formation enseignante ?
Quelle articulation entre réflexion théorique et confrontation avec le terrain ?

Deux jours de débats, de propositions, de pistes de travail condensés dans ce quatre pages pour avancer ensemble vers la reconstruction d’une véritable formation pour notre métier.

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Annonce du colloque

La formation initiale et continue façonne l’identité professionnelle des enseignant·es.
Les dernières réformes de la formation, qu’elle soit initiale ou continue, traduisent une vision politique de l’école résolument conservatrice, et engagent une transformation profonde des pratiques du métier enseignant.

Depuis sa prise de fonction, le ministre de l’Éducation Nationale a multiplié les mesures conduisant à une véritable mise sous tutelle pédagogique des enseignant·es.
Des « guides ministériels », à la nomination directe des directrices et directeurs d’INSPE, de la promotion des « bonnes pratiques » centrées sur les seuls « fondamentaux » au contrôle des contenus d’une formation continue qui échappe de plus en plus aux formatrices et formateurs et ne répond pas aux besoins formulés par le terrain, Jean-Michel Blanquer entend transformer en profondeur l’identité professionnelle des enseignant·es et confisquer la possibilité de concevoir librement son métier.

Pourtant une autre idée du métier qui considère qu’enseigner est un métier de conception, d’élaboration de situations d’apprentissages tenant compte du réel de la classe existe. Cette autre idée du métier implique une formation initiale et continue permettant de nourrir les pratiques pédagogiques de l’ensemble « des savoirs à enseigner » et « des savoirs pour enseigner » nécessaires pour démocratiser la réussite scolaire.

C’est cette autre idée du métier, cette autre idée de la formation que le SNUipp-FSU entend défendre lors du colloque « Quelle formation pour quel métier ». Des chercheur·es, mouvements pédagogiques, enseignantes et enseignants, échangeront afin de dessiner les contours d’un métier enseignant affranchi des prescriptions ministérielles et s’affirmant sans crainte, comme un métier de conception.