L’école-usine et les contremaîtres
Publication : 3 novembre 2021

Depuis de nombreuses années, nous observons une dégradation accablante du service public.

La situation sanitaire depuis l’épidémie de COVID 19 sert d’écran de fumée au gouvernement pour accélérer la remise en cause des droits et des acquis des salarié·es.
La mise en place du PASS sanitaire et l’obligation vaccinale ne sont qu’un exemple d’une loi qui s’attaque aux grands principes constitutionnels : le droit à l’emploi, l’égalité et l’interdiction de discrimination, le respect de la vie privée et le droit à la protection sociale et de la santé publique.
Le gouvernement choisit la sanction à la discussion alors qu’il est indispensable de rassurer les personnels, de renforcer l’accès à la santé, de préserver les moyens des hôpitaux et de la médecine du travail.

Du côté de l’école, à peine la fin du mois de septembre sonne, que les personnels sont déjà fatigué·es de résister aux remises en cause successives de leurs missions par leur ministre.
Ce dernier se réclame-t-il de l’esprit républicain pour justifier sa politique ? Oui mais, en totale contradiction avec son initiateur. En effet, Ferdinand Buisson déclarait au congrès de 1903 du parti radical : « Le premier devoir d’une République est de faire des républicains […]. Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit (…) et lui donner l’idée qu’il peut penser par lui-même, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit.[…]. Il s’agit rien de moins que de faire un esprit libre. Et si vous voulez faire un esprit libre, qui est-ce qui doit s’en charger sinon un autre esprit libre ? […].
Il n’y a pas d’éducation libérale là où l’on ne met pas l’intelligence en face d’affirmations diverses, d’opinions contraires, en présence du pour et du contre, en lui disant : Compare et choisis toi-même ! »

Malheureusement, nous aboutissons à une conclusion impitoyable.
Emmanuel Macron marque avec son discours de Marseille, une entrée dans la campagne présidentielle, en annonçant un système scolaire libéral. En cassant les règles de fonctionnement, il s’attaque à l’école publique avec le projet de loi Rilhac voulant placer les directeurs et directrices en dehors des enseignant·es de son équipe. Sans régler la problématique de la direction d’école, il est fort à parier qu’un·e chef·fe à la table du conseil des maître·sses créera des conflits dont l’école n’a pas besoin, alors que tous n’attendent que des moyens pour bien faire leur travail.

Une réponse syndicale unitaire s’impose. Afin de la construire de la manière la plus démocratique possible, nous vous invitons à participer aux RIS de la période 2.
Cette question sera aussi à l’ordre du jour des congrès de la FSU et du SNUipp.
Pour y prendre part, c’est facile : syndiquez-vous !