On est là
 Mis en ligne le 17 novembre 2022
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Cet édito est, comme tous les quatre ans, axé sur les élections professionnelles qui se déroulent du 1er au 8 décembre.
Il fait le point sur le travail mené lors des quatre dernières années par les représentant·es du personnel, et l’équipe militante du SNUipp-FSU.

On ne peut pas sortir des années Blanquer indemne, les traces sur le corps enseignant restent vivaces. Impossible de balayer de nos esprits celui qui a tant œuvré à casser l’école à coups de protocoles étourdissants, de FAQ époustouflantes, d’évaluations compulsives, de mépris souverain envers celles et ceux qui font l’école au quotidien.
La profession en sort éreintée, jamais les conditions de travail ne se sont autant dégradées en si peu de temps.
Destruction des Rased, effectifs de classes trop lourds, manque de remplaçant·es, formation continue exsangue à laquelle se substitue un formatage imposé.
Conditions d’inclusion explosives avec le délitement des établissements spécialisés, l’émiettement des accompagnements AESH.
Resserrement sur les apprentissages dits « fondamentaux » : le « lire, écrire, compter, respecter autrui » serait le remède magique pour résoudre tous les maux de l’école.
Cet objectif étriqué s’accompagne de la promotion d’une conception mécaniciste des apprentissages : ajustements de programmes, notes et injonctions au BO, guides et vade-mecum, bonnes pratiques, mais aussi circulaires sur les APC et les animations pédagogiques.
Abandon de l’Éducation prioritaire au profit de « contrats » locaux qui ne visent qu’à en finir avec l’ambition émancipatrice de l’École républicaine.
Les professeur·es d’école ne seraient plus que des exécutant·es seulement là pour « ânonner » sans réflexion sur leur métier.
Métier qui n’en serait plus vraiment un d’ailleurs, puisqu’il peut se faire après un « job dating » de quelques minutes, une « formation » de quelques heures, et un statut précaire de contractuel·le.

Le nouveau ministre aura du mal à nous rendre le sourire.
Certainement pas en clamant haut et fort à qui voudrait bien l’entendre que la rentrée de septembre « s’est bien passée » malgré les postes non pourvus.
Pas plus en suggérant que puisque nous ne faisons rien (sic !) le midi, nous pourrions surveiller la cantine.

Des hausses de salaire sont annoncées, nous jugerons sur pièce, mais à priori, l’enveloppe budgétaire ne pourra pas compenser l’inflation récente ni les pertes subies depuis des années de gel de la valeur du point d’indice.
Ce déclassement salarial est évidemment une des principales raisons de la désaffection des concours de recrutement. Pour les concours 2023, la date limite d’inscription vient d’être reculée du 18/11 au 02/12. Trop d’inscriptions peut-être ?

Dans ce contexte, le choix des représentant·es des personnels est important.
Il s’agira d’élire celles et ceux qui défendront nos droits et l’amélioration de nos conditions de travail. Le choix de l’abstention n’est pas envisageable : les enjeux sont trop grands, ces élections représentent un acte majeur de notre vie professionnelle.
Nous vous appelons à voter et faire voter pour le SNUipp et la FSU : nous avons besoin de votre voix pour mieux porter votre parole.

Sandrine Tastayre ; Sandra Tuffal ;
Jacinthe Fischer ; Audrey Paillé ;
Éric Marti ; Séverine Tokatlian ;
Christophe Portier ; Guillaume Arruat ;
Valérie Mayor ; Ghislaine Lafon ;
Aurélie Launaire ; Nathalie Saint-Hilaire ;
Sandrine Bordes ; Fabienne Latapy.
(candidat·es du SNUipp-FSU pour la CAPD)