Résolution du congrès de Mulhouse
17 juin 2022
 Mis en ligne le 20 juin 2022
logo imprimer
Enregistrer cet article au format PDF

Contexte global politique

A l’issue du premier tour des élections législatives, l’abstention record et l’alarmante montée du score de l’extrême droite témoignent d’une défiance et d’un rejet des politiques d’E. Macron. Ces politiques néolibérales ont accentué les inégalités déjà prégnantes. Elles ont accéléré le démantèlement des services publics, dont l’Éducation et la Santé, placées en première ligne lors de la crise sanitaire. Les ambitions écologiques, la défense des droits LGBTQI et l’égalité entre les femmes et les hommes ont été réduites à de l’affichage. Les libertés individuelles ont été attaquées sans relâche, à travers la multiplication des lois sécuritaires, des expressions d’opposition violemment réprimées et une politique migratoire qui a honteusement sélectionné ses ayants droit.
Le SNUipp avec la FSU continue à lutter pour une école égalitaire et émancipatrice, des services publics en capacité de répondre aux besoins et une société plus juste prenant en compte l’urgence climatique.

D’autres politiques éducatives, pour une autre école

Dans l’éducation, cinq années d’un ministre prônant une individualisation des apprentissages et un resserrement sur ce qu’il définit comme des fondamentaux, ont renforcé les inégalités scolaires, reproduisant les inégalités sociales. Le SNUipp-FSU s’oppose à cette politique éducative qui s’appuie sur un mépris des personnels et sur une série de prescriptions et d’évaluations, constituant un pilotage exacerbant la mise sous tutelle des pratiques enseignantes.

Comme premier signe du nouveau quinquennat, le président a annoncé, à Marseille, la généralisation de l’expérimentation, montrant ainsi que la contractualisation du système éducatif est sa priorité. « L’Ecole du futur » d’E. Macron dérégulerait le service public d’éducation et détruirait son caractère égalitaire. Le SNUipp-FSU dénonce la mise en concurrence des élèves, des personnels et des écoles tout comme la volonté d’instaurer une hiérarchie au sein des équipes.
Il réaffirme son opposition à l’expérimentation marseillaise et à sa généralisation. Il continue de décrypter et de mobiliser contre ces projets qui mettent en cohérence la politique éducative de Macron avec la mise en place des CLA, des cités éducatives et des évaluations d’écoles. Il s’engage dans la rédaction d’une publication en ce sens.

Le SNUipp-FSU exige l’abandon des évaluations d’école. Avant l’été, il publiera un document de décryptage des enjeux à destination de la profession et proposera une expression intersyndicale. Une campagne sera préparée dès le début de l’année scolaire pour informer, décrypter et mobiliser les enseignant∙es et les AESH et convaincre les équipes des écoles à ne pas s’y engager. Il impulsera des temps forts dès la rentrée pour rendre visible cette campagne. A l’opposé de cette logique de contrats par objectifs, le SNUipp-FSU revendique la relance de l’Éducation prioritaire reposant sur des critères nationaux. Il rappelle le principe de « donner plus à celles et ceux qui ont le moins », tout en revendiquant des moyens ambitieux pour l’ensemble des écoles.
Le SNUipp-FSU porte un autre projet pour une école démocratique et émancipatrice. Il remet en avant la nécessité d’un plan d’urgence et organise une campagne autour de son livre blanc.
Plus que jamais, le projet du SNUipp-FSU fait du collectif (classe et professionnel) et du renforcement de la professionnalité enseignante les ressorts de la lutte contre les inégalités scolaires.
Cela passera entre autres par le renforcement du collectif de travail (décharge d’école), la transformation de l’entrée dans le métier (pré-recrutement, refonte de la formation initiale) et la réappropriation de notre temps de travail (18+3).

L’école inclusive, une problématique centrale du métier

L’inclusion est actuellement trop souvent source de souffrance pour les élèves, les familles et les personnels. Le gouvernement réduit le traitement de l’école inclusive au champ du handicap tout en détournant les moyens de l’adaptation scolaire. Le SNUipp-FSU fait le pari du toutes et tous capables, ce qui nécessite des moyens, notamment pour les RASED, la formation de tous les personnels et le développement de l’enseignement spécialisé. Il informera l’ensemble des personnels et construira avec eux une réponse syndicale forte.

AESH , vers un métier

Lors de ce congrès de Mulhouse, le SNUIpp-FSU s’est doté de mandats forts concernant les AESH avec la création d’un corps de la FPE dont découlera la reconnaissance d’un temps plein à 24+3h et la titularisation de toutes et tous les AESH en poste, soit environ 130 000 collègues dans l’Education nationale. Ces mandats engagent le SNUipp-FSU sur la voie de premiers chantiers à commencer par la création d’un référentiel métier, construit et alimenté par la participation des AESH et leur expertise de terrain. Ce référentiel renforcera les revendications que le SNUipp-FSU portera auprès du MEN pour la création du corps.
Dès la rentrée, le SNUipp-FSU portera haut et fort ses mandats ambitieux. Il construira avec les AESH, dans un cadre fédéral et intersyndical les actions et mobilisations à la hauteur des enjeux. A cette fin, il mettra en place des groupes de travail et relancera la commission nationale afin qu’elles et ils soient actrices et acteurs de l’expression de leur professionnalité.

Salaires, l’urgence de l’augmentation

Face à l’inflation galopante, les salaires gelés dans la Fonction publique et la hausse des prix ayant notamment des incidences fortes sur les fournitures scolaires et les budgets de fonctionnement des écoles, le SNUipp-FSU exige une augmentation générale des salaires et un blocage des prix dans le cadre d’un autre partage des richesses.

Retraites, une bataille à venir

Le SNUipp-FSU s’engage à préparer dès aujourd’hui la mobilisation contre la réforme des retraites annoncée. Il s’inscrit, avec la FSU, dans une dynamique intersyndicale offensive, la plus large possible. Il s’oppose à toute atteinte aux régimes spéciaux et au code des pensions ainsi qu’à tout report de l’âge légal et de l’allongement de la durée des cotisations. Il défend un départ à 60 ans avec des pensions de haut niveau. Il portera une proposition fédérale alternative garantissant de manière pérenne le maintien de ce conquis social.

Le syndicalisme de demain

Le syndicalisme a été percuté par plus de 2 années de pandémie. Malgré tout, le SNUipp-FSU a maintenu le lien avec les collègues.
La Loi de la Transformation de la Fonction Publique a mis à mal le travail syndical en limitant les outils de défense collective, en particulier le paritarisme. Tout en continuant de demander l’abrogation de cette loi, le SNUipp-FSU s’attachera à valoriser ses actions et à mettre en avant son expertise, particulièrement dans le cadre des élections professionnelles.
Le SNUipp-FSU renoue avec les rencontres des collègues. Tournées d’écoles, stages, RIS sont une priorité et peuvent mêler questions pédagogiques et politiques, en s’appuyant sur les mouvements d’éducation nouvelle et populaire afin de développer des résistances et lancer des dynamiques.
Le SNUipp-FSU apporte un souffle nouveau en se dotant d’une formation militante audacieuse.

Le SNUipp a un rôle important à jouer au sein de la FSU pour porter un syndicalisme de transformation sociale. Il s’engage dans la mise en oeuvre du mandat du congrès de Metz de création d’un nouvel outil syndical se traduisant par la construction d’un cadre intersyndical pérenne FSU-CGT-Solidaires au plan national, ouvert à d’autres forces syndicales sans exclusive.

Dans la période

Le SNUipp-FSU s’oppose aux politiques néolibérales et s’attache à convaincre que d’autres choix sont possibles ce qui passe par un changement des politiques éducatives, économiques, sociales et environnementales. Il appelle à s’exprimer en ce sens, y compris dans les urnes le dimanche 19 juin où il appelle à n’accorder aucune voix à l’extrême droite.

Par la suite, il travaillera aux multiples convergences dans le cadre syndical et des collectifs dont le FSU et le SNUipp-FSU sont membres afin d’établir, partout où cela sera possible, les rapports de force nécessaires dans les luttes à venir pour les salaires et pensions, les retraites et contre “l’école du futur”.

Actuellement, 12 départements sont en vigilance rouge canicule. Le SNUipp-FSU affirme l’urgence d’un plan d’isolation du bâti scolaire par un financement d’Etat afin que les écoles soient des lieux “vivables” toute l’année.
Il construira avec la FSU et dans l’unité la plus large des mobilisations sur les salaires, les retraites et contre “l’école du futur”.

Soutien au peuple Ukrainien

Le SNUipp-FSU apporte son soutien total au peuple ukrainien qui est victime de l’agression russe. Il apporte aussi son soutien aux russes qui s’opposent à la guerre. Le SNUipp-FSU réaffirme la nécessité d’un cessez-le feu immédiat, le départ des troupes russes et une solution négociée sous l’égide des Nations-Unies qui garantisse une paix durable et le droit de l’Ukraine au respect de ses frontières. »
Le SNUipp-FSU exprime sa solidarité avec les personnels titulaires ou non qui exercent dans les lycées français d’Ukraine et demande que l’Etat mette tout en œuvre pour maintenir leurs emplois à la rentrée.