Respecter l’identité professionnelle des PsyEN
L’année scolaire 2025-2026 s’annonce particulièrement préoccupante pour les PsyEN. Au travers des annonces des mesures sur la santé mentale, c’est une remise en cause de l’identité professionnelle des PsyEN qui se profile. Leur assimilation aux personnels médico-sociaux dans plusieurs textes ministériels et la création de la fonction de conseiller technique ne sont pas neutres.
Les recrutements ont commencé de manière très disparate dans les départements. Les inquiétudes, formulées à l’annonce du projet, ont tendance à se concrétiser à l’occasion de sa mise en œuvre : l’indemnité est proposée de manière inégalitaire selon le territoire, parfois la détention d’une simple licence — et pas toujours de psychologie — suffit… Cette installation chaotique s’effectue à moyens constants sans aucune création de poste. Elle aggrave la pénurie de PsyEN dans les écoles, et n’améliore ni les conditions de travail des PE, PsyEN et AESH, ni la prise en charge des élèves.
Quoi qu’il en soit, la FSU-SNUipp s’opposera à toute velléité de conférer à ces conseillers et conseillères techniques une posture hiérarchique.
ASH 2d degré : pilier indispensable de l’égalité des droits
Sûrement trop occupée par la mise en place accélérée des Pôles d’Appui à la Scolarité, la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, oublie qu’à la rentrée bon nombre de dossiers de son ministère s’empilent dans les bureaux.
L’ASH n’est pas épargnée :
- Quid de l’ISOE* pour les PE exerçant la fonction de professeure principale en SEGPA et EREA ?
- Quid des fermetures de 6e dans de nombreuses SEGPA comme dans l’Eure ou la Creuse ?
- Quid des effectifs toujours plus élevés en ULIS collège ?
Des mesures ambitieuses pour l’adaptation et l’inclusion dans le second degré participant à une lutte cohérente et continue contre les inégalités scolaires sont toujours attendues. Les PE exerçant dans les collèges et lycées méritent mieux que l’oubli. Ces personnels ont besoin, comme l’ensemble des fonctionnaires, d’une réelle amélioration de leurs conditions de travail, d’une augmentation de salaire, d’une formation spécialisée de qualité et de départs en formation en nombre… Tout ceci nécessite un autre budget pour l’école.
La FSU-SNUipp, avec les personnels, poursuivra ses combats et pour l’adaptation scolaire, pour les élèves en difficulté scolaire et pour une inclusion réussie en collège.
* Indemnité de suivi et d’orientation des élèves
Faire vivre le métier
La formation, confrontée depuis 2017 à une politique éducative qui accroît les inégalités scolaires, est un terrain de confrontations. Les formateurs et formatrices, par leurs missions, sont au cœur des enjeux d’une école égalitaire et émancipatrice. Le chercheur Yann Mercier-Brunel le rappelle : « La formation est un développement professionnel continu, sur le long terme. » Un principe qui entre en contradiction avec le fait que le temps manque pour l’essentiel, avec l’individualisation qui isole élèves, enseignantes et formateurs et formatrices, avec une évaluation qui classe et trie au lieu de donner de la valeur…
Après le webinaire « Premier degré : quel sens au métier de formateur et formatrice aujourd’hui ? »* du 24 mars dernier, cette publication donne la parole aux PEMF, directeurs et directrices d’école d’application et conseillers et conseillères pédagogiques, pour éclairer les questions les plus déterminantes auxquelles ils et elles sont confrontées.
Il s’appuie également sur la recherche pour mieux refuser comme l’affirme Dominique Bucheton « ce qui déprofessionnalise, ce qui tue le métier » (de formateur comme d’enseignant).
La FSU-SNUipp est aux côtés de tous les formateurs et toutes les formatrices qui, malgré toutes les difficultés, conservent une haute idée de ce métier à la fois « impossible et décisif ». N’hésitez pas à vous tourner vers l’équipe des militantes et militants de votre département et à participer aux réunions syndicales et stages proposés !
De l’ambition pour l’adaptation et la prévention
La nouvelle ministre Elisabeth Borne annonçait au Sénat le 19 février que « les 4 000 postes qui ne sont pas supprimés vont permettre d’accélérer le déploiement des PAS (Pôles d’appui à la scolarité) dans d’autres départements dès cette année ».
Ce déploiement se ferait ainsi sans aucun bilan contradictoire avec les élues du personnel. La FSU-SNUipp enquête auprès des départements concernés, car le gouvernement compte fusionner les PIAL et les « pôles ressources » du RASED, pour faire des PAS de nouveaux outils de management qui dénaturent les métiers.
La FSU-SNUipp s’oppose à la logique de rentabilisation et mutualisation qui ne répond ni aux attentes des personnels, ni aux besoins des élèves. Aucun moyen n’est consacré à l’adaptation scolaire et à la prévention, alors que ce sont les pivots de la lutte pour la réduction de la difficulté scolaire.
Contre les déclarations d’un éphémère ministre délégué à l’enseignement prétendant que l’inclusion « n’est pas une question de moyens », un récent rapport de la Cour des comptes préconise au contraire de renforcer la formation. Vingt ans après la loi de 2005, une rupture de politique éducative s’impose. Restons à l’offensive dans la revendication de RASED complets sur tout le territoire, de réduction des effectifs par classe, d’une formation spécialisée et continue abondée et de qualité.



