De la Wallonie à Valence : même combat pour l’école publique !
Partout en Europe, les personnels de l’éducation se mobilisent pour défendre leur métier, leurs conditions de travail et l’avenir de l’école publique. Depuis plusieurs semaines, un puissant mouvement social secoue la Belgique francophone tandis qu’en Espagne, des dizaines de milliers d’enseignantes descendent également dans la rue. Face aux politiques d’austérité et aux attaques contre les services publics, un même message résonne : l’éducation n’est pas une dépense, c’est un investissement pour l’avenir.
En Belgique : la colère contre l’austérité
Depuis plusieurs semaines, un vent de révolte souffle sur les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les personnels de l’enseignement se mobilisent massivement contre une cure d’austérité brutale imposée par leur gouvernement. Grèves, manifestations historiques et actions symboliques se succèdent. Le mouvement est si puissant que des dizaines de milliers d’enseignantes, rejoints par les élèves et les étudiantes, ont envahi les rues.
Au cœur de la colère :
– l’augmentation de la charge de travail des enseignantes du secondaire sans revalorisation salariale ;
– le durcissement des conditions de fin de carrière et de départ à la retraite ;
– des suppressions importantes de moyens dans les établissements ;
– la hausse des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur, créant de nouvelles barrières pour les jeunes issues des milieux populaires.
Les organisations syndicales dénoncent une politique purement comptable qui fait peser les économies budgétaires sur les personnels et les élèves. Les conséquences sont pourtant connues : aggravation de la pénurie d’enseignantes, dégradation des conditions de travail et renforcement des inégalités scolaires.
La « Révolution des craies » : un symbole qui parle à tous
Parmi les actions les plus marquantes, l’appel à la « Révolution des craies » a rencontré un large écho. Devant les écoles, sur les trottoirs et les places publiques, les enseignantes inscrivent leurs revendications à la craie.
Un geste simple, pacifique et profondément symbolique qui rappelle une évidence : l’école publique ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire.
Malgré la volonté du gouvernement de passer en force, la mobilisation ne faiblit pas et les personnels belges continuent de défendre avec détermination leur service public d’éducation.
Violences policières, irrégularités de procédure parlementaire, examens de fin d’année perturbés et menace d’une grève dès la rentrée d’août : la crise ouverte dans l’enseignement francophone belge est loin d’être refermée.
En Espagne aussi, les enseignants se mobilisent
La Belgique n’est pas un cas isolé. En Espagne également, les personnels de l’éducation multiplient les actions pour dénoncer le manque de moyens, les effectifs surchargés, la précarité de nombreux emplois et l’absence de réponses à leurs revendications.
À Valence, à Madrid, en Catalogne et dans plusieurs régions du pays, des manifestations rassemblent des dizaines de milliers d’enseignantes, d’étudiantes et de familles. Les revendications sont souvent les mêmes : davantage de moyens pour l’école publique, des conditions de travail dignes, une baisse des effectifs par classe et une meilleure reconnaissance du métier.
Là aussi, les personnels refusent que l’éducation soit sacrifiée au nom des contraintes budgétaires. Ils rappellent que l’avenir d’une société se construit dans ses écoles et que les économies réalisées aujourd’hui se paieront demain par davantage d’inégalités et de difficultés sociales.
Partout en Europe : les mêmes logiques à l’œuvre
Pour nous, militantes de la FSU-SNUipp , ces luttes résonnent particulièrement.
Qu’il s’agisse des fermetures de classes dans nos communes haut-marnaises, du « choc des savoirs », du manque de remplaçants, de l’insuffisance des moyens humains ou du gel persistant de nos rémunérations, nous retrouvons les mêmes logiques à l’œuvre.
Partout, on demande aux personnels de faire davantage avec moins de moyens. Partout, les décisions budgétaires prennent le pas sur les besoins éducatifs. Partout, l’école publique est fragilisée alors qu’elle demeure l’un des principaux outils de lutte contre les inégalités.
Les mobilisations belges et espagnoles démontrent que les difficultés rencontrées par l’éducation publique dépassent largement les frontières nationales. Elles montrent aussi que la résistance existe et que les personnels refusent collectivement le démantèlement progressif de leurs missions.
Défendre l’école publique, c’est défendre l’égalité, l’émancipation et l’avenir de toute la société.
La FSU-SNUipp 47 adresse tout son soutien aux collègues mobilisées en Belgique et en Espagne. Leur combat est aussi le nôtre. Face aux politiques d’austérité, faisons vivre partout la solidarité entre les personnels et réaffirmons une conviction simple : sans école publique forte, il ne peut y avoir de société juste.