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La grève du 19 octobre dans la presse régionale


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Mis en ligne ou actualisé le : mercredi 20 octobre 2010
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La Dépêche du Midi
mercredi 20 octobre

Agen. Retraites : des actions à venir
Entre 9 000 et 10 000 manifestants à Agen selon les syndicats (4 200 selon la police) et environ 3 000 à Marmande : la sixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites a encore ratissé très large, hier. Lycéens en tête.

On a beau leur répéter en boucle qu’ils sont de moins en moins nombreux, et (donc) de plus en plus favorables à la réforme des retraites, vus des trottoirs agenais, ils semblent être toujours davantage à en douter et à le signifier avec leurs pieds qui battent le pavé, leurs mains qui brandissent des pancartes ou leurs bouches qui hurlent ces slogans d’une cruauté très étudiée envers le gouvernement.

Chiffres. Hier, la sixième journée de mobilisation depuis le 7 septembre a de nouveau donné lieu à un cortège « XXL » : entre 9 000 et 10 000 manifestants selon les syndicats, parmi lesquels 1 600 lycéens, seulement 4 200 dont un millier de lycéens pour la police - le mystère de l’algorithme permettant de passer d’un chiffre à l’autre demeure intact. Tandis que dans l’après-midi, ils étaient environ 3 000 à défiler à Marmande (1 600 selon la police).

Lycéens. Comme attendu, ce sont les lycéens qui ont ouvert le cortège agenais, juste derrière la banderole syndicale unitaire.
Des jeunes plutôt disciplinés, dont le service d’ordre maison était doublé par celui de l’intersyndicale, et qui ont offert une image bien éloignée de celle des « casseurs » qui avaient gâché la manifestation villeneuvoise de vendredi (lire le communiqué des syndicats enseignants ci-dessous).

Public et privé. Si les bastions du service public ont de nouveau répondu présent (agents hospitaliers, profs, cheminots, EDF-GDF…), les salariés du privé n’ont pas fait défaut : aides à domicile, grande distribution, agents de l’Urssaf, de la Caisse d’allocations familiales, de la Macif ou salariés de Métal Temple, BMS Upsa ou Babcock Wanson, « des gens qui n’étaient parfois pas là samedi et qui se réservaient pour aujourd’hui », observe un syndicaliste.

Nouvelles formes d’actions ? Une chose est sûre, la « facture » de cette guerre d’usure a beau s’alourdir de rendez-vous en rendez-vous pour les manifestants (si on excepte les rassemblements le week-end), ils ne semblent pas décidés à « lâcher le morceau », comme le dit l’un d’eux : « En refusant de réagir, le gouvernement va pousser des gens qui ne demandent qu’à négocier à la radicalisation ».
Pour l’intersyndicale, le rendez-vous d’hier est donc un nouveau succès, mais « il va falloir réfléchir à d’autres formes d’actions pour les jours ou les semaines à venir. C’est un débat que nous avons depuis le début », dit Marc Maisonnave, le secrétaire départemental de la CGT.

Avant même que l’imposant cortège d’hier matin ne s’ébranle de la place Armand-Fallières, des prospectus circulaient pour appeler à un nouveau rassemblement, aujourd’hui à 16 h 30 devant la porte de la préfecture.
Un appel signé de l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa, auquel s’est joint le « comité lycéen de lutte ».

Michel Amigues
http://www.ladepeche.fr/article/201...


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SUD-OUEST
mercredi 20 octobre

La foule, mais pas de record
Malgré la présence de nombreux lycéens, hier, dans le cortège agenais, la mobilisation n’a pas atteint les sommets espérés. Mais le mouvement n’est pas terminé.

Une manif, ça se prépare. Pour bien débuter la journée, hier, les membres de l’intersyndicale s’étaient donné rendez-vous dès 6 h 30 à la gare d’Agen. Pour partager un café et bloquer, durant presque une heure, le TGV de 7 h 14 en direction de Paris… _ Peu après, les lycéens se mettaient à leur tour en marche.

Sous le regard parfois bienveillant de leurs enseignants grévistes, ils organisaient en deux temps trois mouvements le blocus des trois lycées publics de la ville.
Aux abords de Palissy, des petits groupes émanant du Comité de lutte lycéenne (CLL) commencent à entonner leur slogan au milieu des voitures. Le rassemblement, place de la préfecture, n’est prévu qu’à 10 heures.
Là-bas, les lycéens placés en tête du cortège retrouvent leurs camarades venus d’Aiguillon, Nérac ou Villeneuve-sur-Lot.

Excitation
Dans le cortège, une certaine excitation règne. Surtout que le bruit court que des fauteurs de trouble seraient de la partie.
A 10 h 20, un faux départ est donné pour permettre à tout le monde de se placer derrière la banderole unitaire : « Privé, public, ensemble et déterminés. » Le top départ est donné à 10 h 30.

Les lycéens multiplient les sit in. Ce sont eux qui, de fait, imposent leur rythme au cortège.

Dans les rangs, les anciens aimeraient que ça aille plus vite. Car les journées sont longues ces temps-ci et les assemblées générales vont se multiplier pour décider de la suite à donner au mouvement.

En tout cas, « il est important de continuer dans l’unité, juge Christian Mary, de FO. Car après, le gouvernement va s’attaquer aux réformes de la sécurité sociale. Et là, ce sont encore les salariés qui vont trinquer.
Il ne faut pas lâcher. » Marc Maisonnave, de la CGT, n’en pense pas moins : « Les mobilisations varieront ou se durciront mais ne s’arrêteront pas, même si on est bien conscients qu’à force, cela coûte aux gens… »

Baroud d’honneur ?
« Le système de mobilisation risque de changer », confirme Didier Delanis, de la CFDT, qui préfère voir en la manifestation d’hier un « point d’orgue » de la mobilisation et en aucun cas un baroud d’honneur : « On sait que ça sera plus difficile après le vote du Sénat mais on ne fera pas cesser le mouvement. »

Les jeunes non plus ne comptent pas baisser les bras. « Les vacances, c’est le gros argument de l’État par rapport au mouvement lycéen », concède un membre du CLL.

Dans le cortège, qu’ils soient de Palissy, à Agen ou Stendhal, à Aiguillon, aucun n’imaginait reprendre les cours d’ici là. Mais de là à dire qu’ils poursuivront le combat durant les vacances…

Julien Pellicier
http://www.sudouest.fr/2010/10/20/l...