Accueil du sitePratiqueLa Retraite
Retraite Additionnelle de la Fonction Publique


Article visité 5992 fois Imprimer  Enregistrer au format PDF  
Mis en ligne ou actualisé le : vendredi 7 septembre 2018

Le RAFP ? … décryptage …

 Textes de référence :

L’article 76 de la loi du 21 août 2003 indique qu’il est « institué un régime public de retraite additionnelle obligatoire, par répartition provisionnée et par points, destiné à permettre l’acquisition de droits à retraite, assis sur une fraction maximale, déterminée par décret en conseil d’Etat, de l’ensemble des éléments de rémunération de toute nature non prise en compte dans l’assiette de calcul des pensions civiles et militaires de retraite ».

Le régime de retraite additionnel a été mis en place au 01/01/2005.

Un grand nombre de rémunérations ne sont pas pris en compte dans le calcul de la pension. Le RAFP a pour objectif une prise en compte d’une partie de ces rémunérations par une nouvelle cotisation obligatoire des salariés et des employeurs.
Le SNUipp-FSU revendique l’intégration des primes et indemnités dans le traitement indiciaire entrant ainsi dans le calcul de la pension.

Le RAFP fonctionne en « répartition provisionnée », c’est-à-dire qu’il est constitué d’une réserve financière qui fait l’objet de placements. Cette réserve de 80 milliards d’euros à terme pourra jouer un rôle économique non négligeable.

 Fonctionnaires concernés :

Pour être bénéficiaire du RAFP, un fonctionnaire doit bénéficier d’éléments de rémunération entrant dans l’assiette du RAFP.

 Définition de l’assiette :

L’ensemble des éléments de rémunération soumis à la CSG et n’ouvrant pas droit à retraite.
L’assiette de cotisation est définie à l’art. 2 du décret du 19/06/2004 : « l’assiette de cotisation au régime est constituée par les éléments de rémunération de toute nature perçus au cours de l’année civile, tels que mentionnés à l’article L 136-2 du code de la Sécurité Sociale, à l’exception de ceux qui entrent dans l’assiette de calcul des pensions dans le régime des pensions civiles et militaires de retraite ou dans le régime de la CNRACL. »

Dans le premier degré, de nombreuses indemnités sont concernées : indemnités fonctionnelles (direction, PEMF, Enseignant spécialisé...), ISAE, études, cantines, mais aussi le supplément familial, etc…
Sont donc exclus, les éléments de rémunération déjà « cotisés » : traitement indiciaire, Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI), indemnités de sujétion spéciale et éléments de rémunération reçus au titre d’une activité lucrative privée.
Sont inclus : les avantages en nature, hors remboursement de frais.

Par conséquent, les éléments de rémunération éligibles à l’assiette du RAFP résultent de la soustraction suivante :

  • Ensemble des éléments de rémunération soumis à CSG (art. 136-2 du code de la sécurité sociale)
  • moins Traitement indiciaire
  • moins Nouvelle Bonification Indiciaire
  • = Éléments de rémunération éligibles à l’assiette

NB : les avantages en nature entrent dans l’assiette de cotisation à hauteur de la valeur fiscale déclarée (logement de fonction par ex.). Le remboursement de frais ne constitue pas un avantage en nature (l’ISSR remplacement par exemple).

 La cotisation et sa transformation en points acquis :

La cotisation est obligatoire. Elle s’effectue dans les conditions suivantes :

  • Le plafond de l’assiette est établi à 20 % du traitement indiciaire brut annuel.
  • Le taux de cotisation est fixé à 10 % du montant de l’assiette : 5 % sont à la charge du fonctionnaire et 5 % sont à la charge de l’employeur.
  • La cotisation à la charge des fonctionnaires est déductible de leurs revenus.
  • La règle de calcul de l’assiette est un « calcul mensuel cumulé glissant » : l’employeur applique le plafond tous les mois.
  • Les employeurs effectuent le calcul et le versement des cotisations auprès du gestionnaire du régime qui ne contrôle pas le calcul.
  • En cas d’employeurs multiples, l’employeur qui verse le traitement indiciaire le plus élevé a, en outre, la charge de centraliser les éléments de calcul. (par ex. indemnités communales et indemnités éducation nationale, c’est l’Éducation Nationale qui centralise)

Le gestionnaire du régime, la caisse des dépôts et consignations, est responsable de la mise à jour du compte de droits du bénéficiaire, sur la base des cotisations calculées et versées par les employeurs sous leur entière responsabilité.

Les cotisations effectuées durant l’année sont transformées en points acquis. La valeur annuelle de l’acquisition du point est défini par le conseil d’administration du RAFP.
Exemple :
En 2005, 1 € cotisé valait 1 point RAFP.
En 2018, il faut 1,2123 € cotisé pour obtenir 1 point RAFP.
Depuis l’origine, la valeur d’acquisition du point a donc augmenté de 21,23 %.

 Le site du RAFP :

Indispensable pour savoir où en est votre compte RAFP :
https://www.rafp.fr/

 Ouverture des droits et versement du RAFP :

Pour faire valoir ses droits à la prestation du RAFP, il faut en faire la demande et l’ouverture des droits est soumise à une double condition : avoir 62 ans et être admis à un régime de retraite.

  • Pour les collègues qui partent à la retraite avant l’âge de 62 ans, l’ouverture des droits RAFP attendra leurs 62 ans
  • Pour les collègues qui partent à la retraite après l’âge de 62 ans, une majoration des droits sera opérée.

 Calcul de la prestation

Les points acquis au cours de la carrière sont transformés en « valeur de service ». Cette valeur est déterminée chaque année.
Exemple :
En 2005, 1 point RAFP avait une valeur de service de 0,04 €.
En 2018, 1 point RAFP a une valeur de service de 0,04532 €.
Depuis l’origine, la valeur de service du point a donc augmenté de 13,30 %

 Versement de la prestation :

  • Jusqu’à 5124 points acquis, la prestation est versée en capital (en un seul versement).
  • À partir de 5125 points, la prestation est versée en rente mensuelle.

La prestation est cessible et saisissable.

 Réversion :

Une réversion inspirée des règles du Code des Pensions civiles et militaires :

  • Pour les conjoints du fonctionnaire et les orphelins, la retraite additionnelle de réversion est égale à 50% de la prestation obtenue par le bénéficiaire ou des droits accumulés au jour de son décès.
    En cas d’unions successives, la prestation de réversion est calculée au prorata de la durée des différentes unions.
  • Chaque orphelin a droit jusqu’à l’âge de vingt-et-un ans à une prestation égale à 10 % de la prestation obtenue par le bénéficiaire ou qu’il aurait pu obtenir au titre des droits accumulés au jour de son décès, sans que le total des prestations attribuées au conjoint et aux orphelins puisse excéder le montant de la prestation qui aurait été accordée au bénéficiaire.
    En cas d’excédent, il est procédé à une réduction à due concurrence des prestations servies aux orphelins.

 Le Conseil d’administration :

Il est composé de 17 membres :

  • 7 représentants des fonctionnaires (FSU, CGT, UNSA, FO, CFDT, CGC, CFTC)
  • 7 représentants des employeurs (fonctions publiques, employeurs territoriaux…)
  • 3 personnes qualifiées désignées nommés par le gouvernement
  • Le président et le vice président sont nommés par le président de la république.

Ce conseil peut se réunir et prendre toute décision sans la présence des fonctionnaires qui ne sont que 7 sur 17. Ces derniers ont été désignés par une place pour chaque organisation syndicale sans tenir compte de la représentativité de chacune.