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Canicule


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 27 juin 2019

Les fortes chaleurs en juin et septembre sont de plus en plus fréquentes. Les locaux scolaires sont largement inadaptés.

Les recommandations du ministère pourraient prêter à sourire ou pleurer : elles démontrent encore une fois une méconnaissance de la réalité des écoles.

Recommandations à destination des directeurs d’école et chefs d’établissement pour prévenir les effets de la canicule

  • Garder les enfants dans une ambiance fraîche.
  • Vérifier la fonctionnalité ou l’installation de stores et/ou volets.
  • Maintenir les fenêtres fermées tant que la température extérieure est supérieure à la température intérieure.
  • Disposer d’un thermomètre par salle. Vérifier la température des installations (notamment les structures de toile et baies vitrées exposées au soleil) et avoir une solution de « repli » dans un endroit « frais » (bénéficiant de stores, ventilation).

[...]

  • L’ambiance fraiche est souvent chose inaccessible. Dès le matin, il fait parfois plus de 30° dans des classes qui n’ont pu être rafraîchies la nuit : interdiction de laisser les fenêtres ouvertes.
  • Les stores et volets sont souvent inexistants, parfois déchirés ou hors d’usage, ou tout simplement inefficaces.
  • Les cours de récréation, goudronnées et sans ombre, ne permettent pas de moments rafraîchissants.
  • Les points d’eau sont en nombre insuffisant.

Seuils de température ?

Existe-t-il un seuil thermique au-dessus ou en-dessous duquel fermer la classe pour préserver la santé des élèves et des personnels ?
Non comme l’explique l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement.
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) estime que dépasser « 30°C pour une activité sédentaire et 28°C pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque » pour la santé.

Le SNUipp-FSU conseille donc d’effectuer des relevés de température dans chacune des salles de l’école, de les afficher à l’entrée et d’utiliser le registre de danger grave et imminent pour donner l’alerte auprès de l’IEN. Il est possible de demander à la collectivité une fermeture de l’école, en lien avec le Préfet, représentant l’état.

Fermer les écoles ?

Face aux demandes, le ministre n’a pas exclu que des écoles puissent fermer au moment du pic de chaleur, « au cas par cas ».
Mais contrairement à ce qu’il a dit, ce ne sont pas les directeurs et directrices qui ont ce pouvoir mais la mairie, propriétaire des murs, en lien avec le Préfet. Des centaines de maires ont déjà annoncé qu’ils fermaient des écoles.
Cependant, que se passe-t-il ensuite ? Quelle prise en charge des élèves ? Le ministère n’a pas de réponse. Pour de nombreuses familles, l’habitat en logement collectif ne permet pas de protéger mieux les enfants de la chaleur.

Droit de retrait

Le droit de retrait concerne la situation dans laquelle le personnel a de bonnes raisons de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa sécurité ou sa santé.
C’est une démarche individuelle. La personne alerte alors sa hiérarchie, soit en complétant le registre de danger grave et imminent (DGI), soit en le faisant compléter par un membre du Comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail (CHSCT) qui alerte le DASEN.
La hiérarchie doit répondre au plus vite mais en l’absence de réponse, la personne peut faire valoir son droit de retrait en le notifiant à l’IEN, en le datant et en informant les familles de son absence et du besoin de mettre les élèves à l’abri du danger.
Dans le cas où toute l’équipe fait valoir ce droit de retrait, les enfants se présentant à l’école sont sous la responsabilité de la collectivité.

Courriers

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Il est également conseillé d’informer les familles des conditions de scolarisation actuelles afin qu’elles puissent intervenir auprès des autorités (IEN, mairie).
Voici un modèle de courrier que les directeurs et directrices peuvent également adresser à leur hiérarchie.

Dans un courrier au ministre, le SNUipp-FSU, avec quatre autres syndicats et la FCPE demande des mesures urgentes :

Paris, le 26 juin 2019

Monsieur Jean-Michel BLANQUER
Ministre de l’Éducation nationale
110 rue de Grenelle 75357 Paris Cedex 07

Monsieur le Ministre,

La quasi-totalité de la France métropolitaine est placée en « alerte canicule » jusqu’à la fin de la semaine.

Si l’ensemble de la communauté éducative a bien pris la mesure des recommandations ministérielles en la matière, malheureusement, pour la majorité des écoles, ces recommandations sont largement insuffisantes quand les locaux sont mal isolés, quand l’accès à l’eau est insuffisant au regard du nombre d’élèves, quand les baies vitrées couplées à une exposition des bâtiments plein sud ne possèdent aucun store ni rideau… La liste des facteurs, qui ne manqueront pas d’aggraver la situation, est malheureusement conséquente.

De plus, une alerte à la pollution aux particules fines va selon toute vraisemblance se rajouter à l’alerte canicule sur une bonne partie de notre territoire.

Nous vous demandons, avec les collectivités locales, d’assumer votre responsabilité face à ce genre de situation inquiétante. Ainsi, nous vous demandons de diffuser rapidement des consignes rappelant la possibilité de procéder partout où cela s’avère nécessaire, notamment là où les équipes enseignantes l’estiment indispensable, à la fermeture des écoles. Dans ce cas, il appartient aux municipalités d’organiser des accueils pour les enfants qui ne peuvent être pris en charge dans leurs familles.

Il y urgence afin que chacun puisse s’organiser.

Enfin, il s’agit également de tirer les leçons de l’expérience actuelle pour anticiper au mieux les incidences des évolutions climatiques tant sur les élèves que les personnels, mais aussi pour envisager les mesures à prendre pour les bâtiments. C’est pourquoi, nous souhaitons être associés aux réflexions qui sont ou seront menées par vos services.

Nous comptons sur votre compréhension et nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos respectueuses salutations.

Francette POPINEAU, co-secrétaire générale du SNUipp-FSU,
Patrick DESIRÉ, secrétaire général de CGT Éduc’Action,
Carla DUGAULT, co-présidente de la FCPE,
Stéphane CROCHET, secrétaire général du SE-UNSA,
Catherine NAVE-BEKHTI, secrétaire générale du SGEN-CFDT,
Fatna SEGHROUCHNI, co-secrétaire fédérale de SUD-Éducation