Axa, AG2R, Amundi, BlackRock : qui seront les grands gagnants du développement de la retraite par capitalisation ?

Note d’Attac visant à faire un tour d’horizon des acteurs de l’épargne-retraite et de la capitalisation en France et expliquant pourquoi les assurances, les banques et les gestionnaires d’actifs ont des intérêts manifestes dans le projet de loi instituant un syste ?me universel de retraite proposé par le gouvernement.

Publication : 16 janvier 2020
Modification : 19 janvier

Cette courte note vise à faire un tour d’horizon des acteurs de l’épargne-retraite et de la capitalisation en France et expliquer pourquoi les assurances, les banques et les gestionnaires d’actifs ont des intérêts manifestes dans le projet de loi instituant un syste ?me universel de retraite proposé par le gouvernement.
Un projet qui, sur l’épargne-retraite, vient compléter et finaliser les mesures prises depuis plusieurs années, notamment lors de la loi PACTE.

De Amundi à Blackrock, les gestionnaires d’actifs sont intéressés par le développement de la capitalisation en France.
Mais ils sont loin d’être les seuls : les assureurs et autres filiales de banques qui proposent des produits d’épargne-retraite le sont tout autant, et sans doute plus directement.
Les mécanismes de retraite par capitalisation peuvent être collectifs (dispositifs d’entreprise) ou individuels. Les banques et assurances qui proposent ces produits peuvent ensuite gérer elles-mêmes cette épargne sur les marchés financiers et/ou en confier tout ou partie à des gestionnaires d’actifs.
Ces derniers sont alors rémunérés sur la base d’un pourcentage des fonds gérés et/ou en fonction des résultats obtenus.

1) Les dispositifs par capitalisation existent déjà mais sont peu développés

En France, il n’y a pas à proprement parler de régime de retraite par capitalisation. L’essentiel fonctionne par répartition : les cotisations des actifs financent les pensions des retraités, aussi bien pour le régime de base que pour les régimes complémentaires (Agirc, Arrco).
Il existe une exception notable : la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), obligatoire, instituée en 2003 par François Fillon et qui est entrée en vigueur en 2005 [1].

Tous les autres dispositifs existants sont facultatifs. Ce qui ne veut pas dire secondaire.
Si 12,5 millions de personnes détiennent un produit d’épargne-retraite en France, la capitalisation ne concerne qu’un faible pourcentage du total des pensions de retraite. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), les sommes versées annuellement dans le cadre d’un de ces produits d’épargne-retraite s’élèvent à 6,6 milliards d’euros, à mettre en rapport au total de 325 milliards d’euros de pensions de retraite versés en 2018 [2].

Une autre façon de juger du poids de la capitalisation est d’évaluer le montant des actifs financiers relevant de l’épargne-retraite au regard du PIB.
L’étude de l’OCDE « Pension at a glance 2019 » évalue ces actifs à 43 500 milliards de dollars, soit en moyenne environ 126% du PIB des pays de l’OCDE, en augmentation de 85% sur 10 ans [3].
Le Danemark (198% du PIB), les Pays-Bas (173%), l’Islande (161%) sont ceux qui ont le plus développé l’épargne-retraite. L’Allemagne est dans le bas du classement avec 7% du PIB, tandis que la France compte pour l’équivalent d’environ 10% de son PIB placés en actifs d’épargne-retraite.
Soit environ le montant de 230 milliards d’euros évoqués régulièrement et que la loi PACTE prétend faire grimper à 300 milliards d’ici à 2022.
À titre de comparaison, l’assurance-vie représente 1 700 milliards d’euros et les livrets réglementés (livret A, LDD) environ 400 milliards. [...]

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