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Le Nouvel Obs. Retraites : quand Woerth corrige Woerth


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Mis en ligne ou actualisé le : mardi 21 septembre 2010

Couac dans la communication gouvernementale relevé ce matin par France Inter. L’interview du ministre du Travail dans Le Parisien n’est pas la même que celle envoyée aux agences de presse.
Et les différences sont flagrantes.

Le ministre du Travail Eric Woerth donne une longue interview au Parisien/Aujourd’hui en France daté du mardi 21 septembre.
Fait banal en somme. Sauf que, comme l’a remarqué avec finesse le chroniqueur de France Inter Philippe Lefébure mardi matin, l’interview que l’on peut lire dans le quotidien n’est pas celle qui a été diffusée aux agences de presse lundi soir. Première dépêche à 21h52 lundi soir qui fait état de l’interview.
Une seconde dépêche, « corrigée » cette fois-ci, arrive à 23h49. A ce moment-là, le texte de l’interview au Parisien a été remanié et c’est la version que vous trouvez dans vos kiosques ce mardi matin.

Qu’en déduire ? Que l’entretien a été vérifié et relu. Encore une fois, rien que de très banal.
La pratique est courante dans les cabinets ministériels. Sauf que dans ce cas précis, l’entretien a été en fait réécrit.
L’AFP a évoqué lundi soir des « citations reformulées » dans une dépêche corrigée. Le mot est un peu faible à la lecture des deux versions ci-dessous, car les mots du ministre du Travail sont beaucoup moins incisifs entre les versions et plusieurs phrases ont disparu...

http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

Nous vous livrons ci-dessous les deux versions intégrales.

La version diffusée à 21h52 :
Le ministre du Travail Eric Woerth rejette l’idée d’un maintien de la retraite à taux plein à 65 ans pour les femmes ayant élevé trois enfants, dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui en France à paraître mardi.

« Ce n’est pas le sujet », estime M. Woerth, car les salariés qui partiront demain à 67 ans sont des « personnes qui ont interrompu à un moment leur carrière par choix et sont deux fois moins concernées par le minimum vieillesse, mais aussi de salariés étrangers qui ont acquis des droits à la retraite en France et attendent l’âge de fin de décote ».
« S’il y a des injustices, il faudra les corriger mais les mesures d’âges de 62 et 67 ans sont essentielles au financement de notre système », insiste-t-il.
Il confirme par ailleurs les marges de manoeuvre des sénateurs, qui doivent commencer l’examen du projet de loi lundi prochain en commission.
« Au Sénat, je souhaiterais que l’on puisse avancer sur trois sujets. Le gouvernement est prêt à augmenter le nombre de personnes handicapées pouvant bénéficier d’un régime de préretraite. Nous devons par ailleurs répondre aux craintes des chômeurs âgés », explique le ministre.
« Enfin, on doit aller au bout du débat sur l’égalité hommes-femmes face à la retraite », ajoute-t-il, ajoutant que les sénateurs devront aller « plus loin » que la sanction d’1% de la masse salariale prévue dans l’actuel projet pour les entreprises mauvaises élèves. Le ministre ne donne pas plus de précisions.
« Sur ces sujets, il y aura des amendements soit du gouvernement, soit de la majorité sénatoriale », ajoute M. Woerth.
Dans la foulée de la grosse mobilisation des salariés le 7 septembre, le gouvernement avait déjà annoncé des aménagements sur ces trois sujets, dont une nouvelle allocation pour les chômeurs âgés.
Une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites est organisée jeudi.

La version diffusée à 23h49 :
Le ministre du Travail Eric Woerth rejette l’idée d’un maintien de la retraite à taux plein à 65 ans pour les femmes ayant élevé trois enfants, dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui en France à paraître mardi.

« Les femmes concernées ont généralement arrêté de travailler il y a vingt ans en moyenne, le plus souvent par choix. Elles sont deux fois moins concernées par le minimum vieillesse ce qui veut dire concrètement qu’il ne s’agit pas des femmes aux revenus les plus modestes ! », justifie-t-il, interrogé sur la possibilité de maintenir à 65 ans l’âge de la retraite pleine dans ce cas.
« La plus grosse injustice encore une fois, c’est l’écart de salaire entre les hommes et les femmes », ajoute le ministre.
« L’équilibre général du texte repose sur le passage à 62 ans de l’âge de la retraite et à 67 ans de l’âge d’annulation de la décote », insiste M. Woerth.
Il confirme par ailleurs les marges de manoeuvre des sénateurs, qui doivent commencer l’examen du projet de loi lundi prochain en commission.
« Au Sénat, je souhaiterais que l’on puisse avancer sur trois sujets en particulier. Le président de la République souhaite augmenter le nombre de personnes handicapées pouvant bénéficier d’un régime de départ anticipé à la retraite. Nous allons nous y atteler », poursuit le ministre.
« Nous devons par ailleurs répondre aux craintes des chômeurs âgés qui comptaient pouvoir prendre bientôt leur retraite » et « enfin, nous devons aller au bout du débat sur l’égalité hommes-femmes face à la retraite ».
« Sur ces sujets, il y aura des amendements soit du gouvernement, soit de la majorité sénatoriale », indique Eric Woerth.
Sur les écarts de rémunération entre hommes et femmes, « il faudra débattre du sujet avec les sénateurs et voir s’ils souhaitent aller plus loin » que la sanction d’1% de la masse salariale prévue dans l’actuel projet pour les entreprises mauvaises élèves.
Dans la foulée de la grosse mobilisation des salariés le 7 septembre, le gouvernement avait déjà annoncé des aménagements sur ces trois sujets, dont une nouvelle allocation pour les chômeurs âgés.
Une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites est organisée jeudi.