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Retraites : le tournant du mouvement


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Mis en ligne ou actualisé le : lundi 4 octobre 2010

Les syndicats, réunis lundi en intersyndicale, ont confirmé l’organisation d’une journée de grèves et de manifestations le 12 octobre, en demandant aux salariés d’en faire « un rendez-vous déterminant » pour faire échouer la réforme gouvernementale des retraites.
Un préavis « illimité » à compter du 12 octobre a été déposé à la RATP par la CGT et FO.

A la veille de l’examen du projet de réforme au Sénat, l’intersyndicale nationale s’est réunie au siège de la CFE-CGC pour tirer le bilan de la mobilisation de samedi, la troisième en moins d’un mois.

Dans un texte signé par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA (seule FO ne l’a pas paraphé mais a déclaré rester « dans l’unité d’action »), l’intersyndicale juge que « la mobilisation du samedi 2 octobre 2010 a été un formidable succès partout en France », et souligne qu’elle a vu « de nouveaux manifestants rejoindre les cortèges ».

« Confronté à cette mobilisation qui s ?amplifie, le gouvernement reste campé sur son intransigeance. Il préfère le mépris au dialogue, il commente les chiffres de manifestants plutôt que de répondre à leurs inquiétudes et exigences », déplorent les syndicats.

Ce mot de « mépris » a été utilisé par quasiment tous les représentants syndicaux lors d’un point de presse après la réunion.

L’intersyndicale a donc confirmé la journée nationale de grèves et de manifestations du mardi 12 octobre, appelant « les salariés, les retraités, les chômeurs à y participer massivement ».

D’ici là, elle appelle « à élargir et à amplifier la mobilisation unitaire par des initiatives dans les territoires, des rencontres avec les salariés et interpeller les sénateurs ».

Une nouvelle réunion entre syndicats aura lieu dès vendredi 8 octobre, pour « décider des suites du 12 octobre », selon Nadine Prigent (CGT), alors qu’à la RATP, le syndicat CGT, le premier de l’entreprise publique, a déposé lundi un préavis de grève illimité à compter du 12 octobre.
Car pour Nadine Prigent, « même avec un grand 12 octobre, massif, ça ne suffira pas ». La CGT réunit mardi à ce sujet ses fédérations et unions départementales et « fera des propositions très claires à l’intersyndicale » vendredi.

Bernadette Groison, numéro un de la FSU, a dit être venue à la réunion de lundi avec le mandat de « donner un nouveau rendez-vous dès ce soir », au-delà du 12 octobre.
Les grèves reconductibles, « ce n’est pas un sujet tabou », a-t-elle affirmé.

Pour Solidaires, le leader de SUD-Rail Christian Mahieu a prôné « dès le 13 au matin, un mouvement de grève reconductible ».

Numéro deux de la CFDT, Marcel Grignard a appelé à « frapper un grand coup le 12 octobre ». Selon lui, l’intersyndicale doit « déjouer tous les pièges que tend le gouvernement », qui « tente de jouer la radicalité », une façon de se distancer de mouvements de grèves au-delà du 12.

Quant à FO, son secrétaire confédéral Pascal Pavageau a préconisé à nouveau « une journée de grève franche et interprofessionnelle de 24 heures ».

Or, le gouvernement ne laisse entrevoir aucun changement aux dispositions-clés de sa réforme : recul de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, et de la retraite sans décote de 65 à 67 ans. D’autant que, selon son porte-parole Luc Chatel, « il n’y a pas d’amplification du mouvement ».

« Respect de l’équilibre général et financier de la réforme », telle est la « ligne rouge » posée par l’exécutif et à l’UMP.

Le Premier ministre François Fillon a estimé dimanche que les opposants à la réforme « se trompent », concédant juste quelques « aménagements possibles » au Sénat, notamment pour les femmes.

Sur ce point, le président du Sénat Gérard Larcher (UMP) souhaite que les mères de trois enfants et plus puissent continuer « de façon transitoire » à partir à la retraite à 65 ans sans décote.

Alors que « le calendrier se resserre », selon François Chérèque et Bernard Thibault, le second prévient que « dans certains secteurs, les salariés sont disponibles pour des grèves qui ne se limiteront pas à vingt-quatre heures ».

Le secrétaire général de la CGT cheminots Didier Le Reste a souhaité dimanche que plusieurs secteurs d’activité engagent des « actions reconductibles ». Une décision devrait être prise mercredi prochain.

A compter du 12, « le mouvement peut prendre une nouvelle configuration sur la base de décisions prises par les salariés, avec des formes d’action multiples », selon Bernard Thibault.

http://www.humanite.fr/04_10_2010-r...