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Livret Personnel de Compétences : ne pas remplir !


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Mis en ligne ou actualisé le : mardi 8 mai 2012

Dans les écoles, le Livret personnel de compétences (LPC) tente son retour.
46 items à renseigner avant la fin de l’année pour les élèves de CE1, 110 pour ceux de CM2, cette nouvelle demande institutionnelle tombée d’en haut a une fois de plus de quoi dérouter les enseignants..

Compte tenu :

  • que ce document, imposé « d’en haut » sans concertation amène une surcharge de travail insupportable en fin d’année,
  • que la nouvelle procédure de constitution des dossiers 6° nie totalement les documents élaborés par les enseignants,
  • que ce livret, dont l’informatisation pose tellement de problèmes qu’elle est repoussée à une date indéterminée, sans parler des incohérences avec les programmes, de l’intérêt pédagogique contestable de certains items, de l’ambiguïté sur la notion de compétences, de la validation impossible de certaines compétences, de la remise en cause de la dimension réflexive de notre métier,...
Le SNUipp-FSU appelle nationalement et départementalement les équipes enseignantes à ne pas remplir ce Livret Personnel de Compétences et demande au ministère l’ouverture de discussions pour des outils d’évaluation et d’informations aux familles utiles à la réussite des élèves.

Ce nouveau livret destiné à valider les paliers 1 et 2 d’un socle commun déjà lui même contesté, arrive comme une tâche supplémentaire alors que les enseignants renseignent déjà des livrets scolaires à destination des familles soigneusement et librement élaborés en équipe.
Il arrive aussi dans un contexte où l’ensemble des outils d’évaluation subit des transformations qui en bouleversent le sens, jusque dans l’évaluation des personnels, sur fond de mise en oeuvre d’une politique éducative normative qui accroît les inégalités scolaires, liées aux inégalités sociales.
Peu à peu, l’évaluation change de nature : la dimension de pilotage du système a pris le pas sur celle relative à la classe. Elle devient même une obsession sans pour autant que les enseignants aient les moyens de faire du travail de qualité : cases à cocher, tableaux « Excel » à remplir, camemberts et ce parfois dès la maternelle. Notre métier se résumerait dorénavant à appliquer des techniques ou autres protocoles sous le contrôle d’indicateurs douteux.

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Dossier LPC mars 2012

... Inopérant d’un point de vue pédagogique,
... Simpliste sur le plan didactique,
... Complexe sur le plan pratique,
... Inquiétant sur le plan éthique.

Stop ! La coupe est pleine.
Le SNUipp-FSU appelle les équipes enseignantes à ne pas renseigner ce LPC, véritable usine à cases. Il faut en finir avec cette évaluation incessante qui se substitue au temps nécessaire pour les apprentissages.
Il est urgent de revenir à des principes simples et lisibles en matière d’évaluation des élèves.

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Motion conseil des maîtres

Nous vous invitons à en discuter en équipe et à nous faire savoir la décision que vous prendrez afin que nous puissions avoir une vision de ce qui se passe départementalement et nationalement.
Vous trouverez ci-contre une proposition de motion de Conseil des Maîtres.

A lire :

Rappel du Communiqué du SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU et du SNUipp-FSU (25 mai 2011)

Livret personnel de Compétences : ASSEZ DE CE GRAND BAZAR !
Les personnels des écoles élémentaires et des collèges, mais aussi des lycées professionnels où sont implantées des classes de 3ème à découverte professionnelle, expriment aujourd’hui leur « ras-le-bol » dans un contexte où la politique et les outils d’évaluation ont subi des transformations importantes face à la nouvelle obligation institutionnelle concernant la validation des compétences du socle par le biais du Livret Personnel de Compétences (LPC), à laquelle ils sont confrontés en cette fin d’année scolaire et qui leur pose de véritables problèmes pédagogiques et éducatifs.

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Dans les écoles élémentaires, les enseignants renseignent déjà les livrets scolaires s’appuyant sur les compétences des programmes et ne perçoivent pas d’intérêt pédagogique à renseigner, pour les élèves deCE1 et de CM2, un livret supplémentaire sans utilité pour les élèves et peu cohérent avec les outils déjà mis en oeuvre.
Les 46 items pour le CE1 et les 110 pour le CM2 sont parfois flous et impossibles à remplir.
La surcharge de travail s’ajoute au manque de formation et d’accompagnement des enseignants qui mettent l’accent sur leur besoin de temps et de travail en équipe.

Au collège et au lycée professionnel, où l’attestation des 7 compétences du socle constitue une condition sine qua non de l’obtention du DNB (diplôme national du brevet), les personnels évaluent déjà les compétences des élèves quand elles sont travaillées dans le cadre des programmes disciplinaires, mais ils sont déroutés face à un livret qui ne peut pas être rempli sérieusement tant les 98 items qui le constituent sont flous, disparates et de niveaux divers, et tant les exigences peuvent être différentes d’un établissement à l’autre.
Ils ne souhaitent pas s’engager dans une évaluation qui ne dit pas grand-chose du niveau réel de leurs élèves.
C’est cette mascarade d’évaluation déjà constatée pour le niveau A2 en langue vivante étrangère et le B2i qui avait amené en janvier dernier le SNES, le SNEP et le SNUEP à demander au ministre un moratoire sur la mise en place généralisée du LPC.
Les personnels contestent par ailleurs une approche qui nie l’apport spécifique de chaque discipline à la construction et à l’acquisition de connaissances solides, qui prend le pas sur les apprentissages et qui alourdit nutilement leur charge de travail.

A tous les niveaux, les personnels refusent de se prêter à des attestations qui se transforment en véritables « usines à cases ».
Ils n’adhèrent pas à une approche qui constitue d’autant moins une réponse aux difficultés des élèves face aux apprentissages que ces difficultés seront amplifiées par la politique de réduction systématique d’emplois dans l’éducation que poursuit le gouvernement.

Pour toutes ces raisons, quatre syndicats de la FSU (SNES, SNEP, SNUEP et SNUipp) demandent solennellement au Ministre de suspendre l’entrée en vigueur du LPC.
Ils demandent que l’on revienne à des principes sérieux, cohérents et lisibles en matière d’évaluation des élèves.