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La démocratie n’est pas en marche...


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Mis en ligne ou actualisé le : jeudi 7 juin 2018

Les éléments de management et de pilotage à l’œuvre dans le ministère de l’éducation ne sont pas des éléments isolés du reste de la méthode de gouvernement.

Une concertation de façade

Pour le projet Agriculture (marathon annoncé) ou le projet de loi « Asile et immigration » le président de l’Assemblée, n’a pas programmé assez de jours de travail. C’est ainsi que des projets de lois passent avec des amendements retoqués par le gouvernement, la nuit, le dimanche soir après 14h de séance.
Le président de l’Assemblée fait tout pour miner le débat, pour l’enterrer, pour l’amoindrir.

Formater la pensée

« C’est inéluctable, c’est une évidence, il faut avancer » : les discours et les réponses des représentants du gouvernement, qu’ils soient locaux ou plus près des sphères nationales sont tous basés sur la même stratégie.
Ne parler que de la démarche, pas du fond. Éluder soigneusement ce qui pourrait faire débat. Vous savez, comme devant une feuille d’examen, quand on ne sait pas trop quoi répondre et qu’on essaie de placer quelques lieux communs en espérant que le correcteur gonflera un peu la note.
Sauf que là, ce n’est pas d’une responsabilité individuelle qu’il s’agit mais de l’avenir de notre pays. La méconnaissance de certains sujets par les décideurs-deuses est sidérante.

La violence comme moyen « normal » de gouverner

Qu’on se souvienne des réactions lors des grèves étudiantes de 1986 face à la violence organisée par l’Etat.
Que voyons-nous aujourd’hui ? Des personnes âgées, des jeunes, des manifestant·es pacifistes qui se font nasser, insulter, tabasser, laisser sans soin.
Dans le Lot-et-Garonne nous sommes à l’écart, pour l’instant, de ce genre de comportement, hormis les gazages et insultes de l’époque sarkozyste.
Mais le discours distillé est le même sur tout le territoire : « Restez chez vous, il y a une légitimité à réprimer par la violence les mouvements sociaux ». Il s’agit là d’un changement de paradigme, couplé à la destruction annoncée des corps intermédiaires, c’est-à-dire de tout ce qui peut protéger un peu le « petit » de la violence sociale des puissants.
De ce point de vue, la suppression des responsabilités de contrôle des CAPD par les représentant·es des personnels ou la fusion des CHSCT, (qui commencent à devenir ennuyeux pour nos administrations en ce qu’ils mettent en lumière les réels dysfonctionnements du système) sont des éléments inquiétants.

Alors que faire ?

Tout d’abord, le combat des idées est prépondérant dans un monde où la vitesse et l’émotion prennent souvent le pas sur l’analyse, la discussion et la prise de décision collective pour l’intérêt commun.

Ensuite, il faut avoir des outils de convergence et d’action efficaces. Pour cela participer aux réflexions et aux actions dans les syndicats progressistes reste le moyen le plus sûr de les dynamiser.

Enfin il est nécessaire d’ancrer notre démarche dans la durée afin de résister à la stratégie de noyade par suffocation de ce gouvernement. La colère gronde, tous les mouvements en cours et ceux qui couvent, toutes les interrogations voire désillusions qui se posent à celles et ceux qui ont « espéré » un changement, toutes les analyses de l’entreprise de sabotage du lien social, de notre bien commun, tout cela peut aboutir à infléchir le cours des choses.

Le SNUipp-FSU47 continuera de porter haut et fort les valeurs de sa construction, en s’appuyant sur ses syndiqué·es et ses sympathisant·es, au travers des luttes comme dans les instances où il siège, soutenu par les votes des collègues aux élections professionnelles, afin de les défendre et d’améliorer les conditions de travail.

Bonne fin d’année scolaire à toutes et tous. Le SNUipp-FSU continue le travail pendant les vacances et se prépare à une rentrée pugnace et efficace.