Nous ne sommes pas en guerre, nous sommes solidaires !
Publication : 22 mars 2020

Macron a utilisé six fois le terme « guerre » dans son allocution. Nous, nous ne sommes pas en guerre, nous sommes solidaires.

Nous le sommes parce que nous avons toujours défendu l’intérêt du plus grand nombre, le collectif et la solidarité dans nos valeurs. Et la place des femmes, en première ligne de la crise, doit amener à l’égalité de fait.

La guerre que Macron entend mener ne peut se faire qu’avec une restriction des libertés publiques. L’enjeu n’est pas de savoir si cela est nécessaire mais si nous le faisons par souci de protection des plus faibles ou par l’injonction.
Nous serons attentifs sur les excès de pouvoir que cela pourrait entraîner.

Le souci premier du gouvernement est la protection du pouvoir économique et des intérêts capitalistes. À ce jour, la production des biens non-essentiels est loin de s’être arrêtée partout, quitte à exposer les gens qui les produisent au bénéfice de ceux qui sont bien à l’abri. Nos vies valent plus que leurs profits !

La crise qui nous frappe démontre, si besoin en était, l’attachement des fonctionnaires à l’intérêt général. Soignant·es bien sûr en première ligne mais la liste des collègues volontaires pour organiser la garde de leurs enfants est révélatrice de cet état de fait. _ Il y a donc intérêt à « faire confiance » à la profession. Nous le disons depuis longtemps, cela prend une acuité bien plus forte a fortiori avec un Ministre complètement à la rue face à cette crise.

Le discours ministériel est depuis le début de la crise sanitaire inaudible et irresponsable, Jean Michel Blanquer montre son incapacité à gérer ce moment grave. Il est plus facile de démanteler le service public d’éducation que d’avoir un positionnement clair et respectueux à l’égard des personnels.
La priorité du ministère doit être de répondre aux inquiétudes des personnels, de leur donner à toutes et tous, et pas seulement aux directrices et aux directeurs des informations fiables quant à ce que l’on attend d’eux ou elles.
De même, il n’est pas acceptable même dans une situation exceptionnelle que nos cadres de travail, y compris en termes de sécurité ne soient pas respectés.
Et c’est aussi révélateur d’une désorganisation totale et d’un désengagement de responsabilité de la part de l’employeur qui s’appuie comme toujours sur notre conscience.
Nous sommes volontaires donc vous en tant qu’employeur devez faire le nécessaire.

Quant à la continuité pédagogique, c’est une opération de communication gouvernementale destinée à rassurer les parents les plus connivents avec l’école et les savoirs et à faire croire que le gouvernement est efficace.
Dans la situation actuelle de confinement de la population, de prise en charge nécessaire des enfants des personnels soignant·es, de non ou mauvais fonctionnement des outils numériques à disposition des enseignant·es (boîte mail professionnelle, ENT, ...), nous pensons qu’il est temps d’arrêter de leurrer les familles sur la faisabilité de la poursuite des apprentissages pour les élèves et d’une réelle possibilité de continuité pédagogique.

Bricoler, cuisiner, jouer ensemble, lire des histoires… n’est-ce pas déjà beaucoup ?
Évitons de culpabiliser des familles (parfois démunies face à la réalité scolaire ou empêchées par des conditions matérielles difficiles), des collègues car au final, est-ce si grave de louper quelques semaines d’école au vu de ce que nous vivons ?
Et quid des remplacements non assurés qui dépassent parfois cette durée !?

Nous refuserons et dénoncerons toute pression de chefaillon-nes en mal de flicage, y compris sur le télétravail. Et le premier d’entre eux c’est le ministre Blanquer, qui dans son adresse aux IEN, énonce clairement que pour lui, l’école n’est pas nécessaire aux apprentissages nouveaux, demandant à ce qu’ils se poursuivent à distance et parlant même de leur valeur ajoutée. C’est faux, stupide et intéressé.

Enseigner est un métier. L’école c’est à l’école !

Le Conseil Syndical du SNUipp-FSU 47