Sous pression
Année blanche, gel des pensions, suppression de l’abattement fiscal de 10 % remplacé par une déduction fixe pour le calcul de l’impôt, blocage des barèmes augmentant l’impôt et la CSG, rendant imposables des retraitées pauvres et leur faisant perdre des prestations sociales, gel de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées, remise en cause partielle de la prise en charge des Affections de longue durée et doublement des franchises médicales…
Les projets de François Bayrou ont dévoilé sans fard la part réservée par son gouvernement aux retraitées dans son attaque généralisée contre le monde du travail. D’autres menaces sont brandies comme de nouvelles exonérations de cotisations sociales et l’instauration d’une TVA abusivement dite « sociale » ou la remise en cause des pensions de réversion.
Sur la défensive, il justifie ces annonces par la dette. Creusée par ses choix et ceux de ses prédécesseurs depuis 2017, elle sert d’abord l’accaparement des richesses par quelques centaines de familles. La dette peut « rouler ». Mais la baisse délibérée des recettes fiscales laisse aux générations futures des services publics exsangues, des retraites de misère, un système de santé en déshérence !
C’est bien vers les plus démunies, vers les précaires, les salariées, les agentes et agents publics, les retraitées, les malades que le gouvernement tourne son regard, jamais vers ceux qui bénéficient des largesses de l’État : les plus riches, les grandes entreprises, les actionnaires…
Le succès des pétitions estivales a montré combien la colère contre l’injustice sociale et ces politiques gagne la population.
Pour exiger d’autres choix pour les services publics, pour l’environnement, pour la justice sociale et pour une toute autre fiscalité, les retraitées de la FSU-SNUipp ont mobilisé les 10 et 18 septembre. Octobre les verra de nouveau déterminées, avec le groupe des neuf, dans un combat qui se poursuivra quelles que soient les suites du vote du parlement.
Maryse Lecat et Claude Rivé le 5 septembre
Cet éditorial est rédigé avant le vote « de confiance » demandé par François Bayrou