SNUipp-Infos : Rased, Psy, PEMF, ASH 1er et 2d degré

Dernier numéro : Psy-EN

Publication : Mars 2020
Dernière modification : 15 juin

Pour en savoir plus sur :

ASH 1er et 2d degré,
psychologues de l’éducation nationale,
maîtres formateurs

Publications ciblées : dossiers thématiques.
Les liens ci-dessous pointent vers le site national du SNUipp.



Une volonté de mise au pas

En ces temps de pandémie, la situation des personnels est toujours inquiétante avec des conditions de travail parfois insécurisantes.
A ce jour, le ministère n’a toujours pas communiqué conseils ou directives au sujet du brassage des élèves et de l’itinérance des PsyEN. Il leur a fallu s’adapter au mieux afin de se protéger et de protéger les élèves.
Si le ministère pense peu aux PsyEN, les députés ne les oublient pas. Après le projet de service de santé porté par ceux de “La République en marche”, voici venir l’ordre des psychologues, projet porté par des députés “Les Républicains”.
Pour les psychologues de l’Éducation nationale, outre la cotisation obligatoire, un code de déontologie imposé, et la délivrance d’un « droit » à exercer ... ce serait la double peine.
En effet, l’Éducation nationale est déjà dotée d’une commission de déontologie de la fonction publique, organe qui délivre les autorisations de cumul par exemple, d’un code de l’éducation et autres instances.
Cette volonté de mise au pas et cette volonté de contrôle des psychologues vise à imposer un courant de pensée unique et l’adoption de « bonnes pratiques ».
Ce dont les psychologues de l’Éducation nationale ont besoin de façon urgente, c’est de la création de postes en nombre suffisant afin d’exercer toutes leurs missions, et de construire des collectifs de travail permettant des échanges entre pair·es.
Le SNUipp-FSU organise localement la riposte.



S’informer pour résister

Les questions de formation revêtent, en cette année si singulière, une actualité brûlante tant du point de vue des conséquences sur la charge de travail des formateurs et formatrices que sur les orientations sous-jacentes.
Dans le numéro précédent, nous évoquions la mise en place des constellations avec l’ambivalence du « guide plan français » qui contient aussi bien de quoi « mettre au pas » les formateur·trices du 1er degré, avec un niveau d’encadrement de leur travail jamais atteint, que la possibilité de renforcement de la professionnalité enseignante à la condition que les constellations restent à la main des enseignant-es.
S’informer est dans cette situation essentiel pour résister : c’est ce que nous disent les remontées de terrain à ce sujet. Ce numéro approfondit l’analyse des enjeux actuels de la formation, avec les réformes de la formation initiale et du CAFIPEMF, mais aussi avec les pistes tracées par le « Grenelle ».
Même si on attend les conclusions politiques de ce simulacre de concertation, se dessine plus clairement la direction que ce ministère veut faire prendre à la formation : un outil de management des PE, à l’ère de la destruction du paritarisme.
Il y a nécessité à ce que formatrices et formateurs analysent collectivement le rôle que ce ministère veut leur faire jouer : car c’est en travaillant à la restauration du sens de leur action, qu’elles et ils préserveront le métier d’enseignant-e, et finalement le rôle donné à l’école.



Un plan d’urgence pour le service public d’éducation

Depuis trois ans, la politique éducative de Jean Michel Blanquer met en place une école du tri social, creusant les inégalités et niant les réussites et spécificités de l’école publique :

  • disparition du « Plus de maîtres que de classes »,
  • remise en cause des RASED et de l’adaptation scolaire dans le second degré…

A cette politique de démantèlement, s’ajoutent des mesures injustes pour les personnels :

  • absence de toute mesure générale de revalorisation du métier,
  • versement de l’ISOE aux PLP et pas aux PE,
  • obligation des 108 heures pour les enseignant.es en milieu pénitentiaire …

Sur le volet indemnitaire des enseignant.es spécialisé.es, le SNUipp-FSU ne laisse pas faire. Il a attaqué et gagné au TA sur le versement de l’ISAE pour les DACS et engage la même procédure pour les PE éducateurs et éducatrices d’EREA.
Le SNUipp-FSU poursuit sa campagne auprès de la profession d’un plan d’urgence pour l’Ecole.
Il est important que le ministère donne les moyens à la hauteur des enjeux et des besoins. Cela passe par plus de départs en formation spécialisée et en DDEEAS, par le respect des circulaires en matière d’effectifs.
Le SNUipp-FSU continuera de porter ces revendications et de défendre les enseignements spécialisé et adapté.



Un plan d’urgence pour l’école

Depuis le début de la pandémie s’il est important que les écoles restent ouvertes pour ne pas accroître les inégalités, l’accompagnement des enfants en difficulté est devenu pour le ministère un produit « non essentiel ».
Le pendant de la continuité pédagogique oublie la situation des élèves les plus fragiles.
Des enseignants spécialisés sont utilisés comme remplaçants, des classes dédoublées sont regroupées pour récupérer des enseignant·es, des enfants d’Ulis sont inclus à temps plein en classe ordinaire afin de mettre le coordonnateur face à une autre classe…
Les enfants subissent de plein fouet les effets de la crise et l’expriment à l’école. Les PsyEN sont mis en difficulté. Les vacances de postes, le peu de postes au concours, des conditions de travail très dégradées ne leur permettent pas de répondre aux besoins de manière acceptable.
Le SNUipp-FSU exige un plan d’urgence pour l’école : donner les moyens de lutter contre les inégalités afin de construire la société de demain. Notre école mérite mieux qu’un pseudo « Grenelle ».
Mettre les PsyEN dans un service de santé scolaire avec les médecins, infirmiers et AS n’améliorerait en rien leurs conditions d’exercice.



Pour une autre vision de l’école

Confinement, distanciation sociale et pédagogique, isolement, port du masque, séparation des groupes, accès limité aux espaces et aux objets, absentéisme plus important ...
Ces profonds bouleversements liés à la pandémie nécessiteraient des mesures exceptionnelles afin de permettre la prise en charge des difficultés scolaires, comportementales ou psychiques qui s’y expriment de façon exacerbée.

Au contraire, manque de places en ULIS ou en ESMS, réduction imposée d’heures d’ AESH ou de temps d’inclusion, RASED en sous-effectifs, détournement des missions des personnels spécialisés, constituent aujourd’hui la difficile réalité de l’inclusion et de l’aide aux élèves en difficulté au sein de l’école.
La crise sanitaire sert de tremplin à une externalisation déjà importante dans certains milieux, tournant le dos à la gestion des difficultés dans et avec le collectif classe, riche de son hétérogénéité et d’un regard pluriprofessionnel.

Le dossier de ce SNUinfos tente d’apporter un éclairage sur l’accompagnement des élèves dits « à besoins éducatifs particuliers » aujourd’hui, dans et hors l’école.
Dans le contexte de crise sanitaire, le ministre accélère la mise en œuvre de sa politique éducative dévastatrice, en particulier pour les élèves issus des milieux populaires ou rencontrant des difficultés. C’est une toute autre vision d’une école publique égalitaire, émancipatrice et réellement inclusive, respectueuse des droits des élèves comme des personnels, que porte le SNUipp-FSU.



Une question de sens

Tandis que le temps manquait déjà aux conseiller-es pédagogiques et aux PEMF pour faire face à toutes leurs missions, le « plan français » vient s’ajouter au « plan maths » sans création de postes, pendant que la formation initiale à l’INSPE doit maintenant reposer pour un tiers sur les interventions de formatrices et formateurs de terrain…
En parallèle, la question des rémunérations est toujours bloquée, alors même qu’un « Grenelle de l’Education » est annoncé.
Alors dans plusieurs départements, CPC et PEMF s’organisent pour s’exprimer et agir collectivement, en s’appuyant sur l’outil syndical. Les nécessaires mobilisations pour améliorer les conditions de travail devront aussi porter la question du sens de la mission des formatrices et formateurs du 1er degré : car quelle logique l’emportera ?
Celle qui tire la fonction vers le management ou celle qui permet de renforcer la professionnalité enseignante parce qu’elle respecte la professionnalité des CP et des PEMF ?