SNUipp-Infos : Rased, Psy, PEMF, ASH 1er et 2d degré

Dernier numéro : Formatrices et formateurs

Publication : Mars 2020
Dernière modification : 9 novembre

Pour en savoir plus sur :

ASH 1er et 2d degré,
psychologues de l’éducation nationale,
maîtres formateurs

Publications ciblées : dossiers thématiques.
Les liens ci-dessous pointent vers le site national du SNUipp.



Pour l’EPS aussi, former est fondamental

Si les missions de formation ont été objets de discussions dans le cadre du Grenelle, c’est pour aller dans le sens d’une dénaturation et de leur inscription partielle dans la voie hiérarchique, voulue par le ministère.
Côté revalorisation, la situation indemnitaire des CPC devrait s’améliorer avec 500 € brut par an, mais rien pour les PEMF.
Pourtant, organisations syndicales et ANCP&AF se sont exprimés à cette rentrée dans une tribune commune afin d’alerter sur les conditions d’exercice dégradées des formateurs et formatrices par une surcharge de travail en particulier.
Pas étonnant dès lors que de plus en plus de postes restent vacants, pour des missions peu reconnues.
Leur rôle auprès des PE est pourtant très important, notamment pour les accompagner dans leurs pratiques pédagogiques en EPS, qui constitue clairement pour Stéphane Thépaut « une discipline scolaire, au même titre que les autres, qui participe de la formation globale et polyvalente de l’enfant. ».
Maîtriser cette discipline implique un accompagnement de qualité, assuré par les formateurs et formatrices.
C’est l’objet du dossier de ce SNUinfo.



Une rentrée sereine aurait été bienvenue !

Depuis mars 2020, tous les personnels de l’école, enseignant·es, psychologues, infirmières scolaires, ont joué leur partition pour « porter » l’École et les valeurs de la République en réussissant à maintenir un lien avec les familles les plus fragiles dans un contexte d’augmentation du nombre d’informations préoccupantes et de signalements.
Cette rentrée, loin d’être sereine, est marquée du sceau de l’incompréhension.

Le ministère parle d’obligation vaccinale, les politiques d’ordre des psychologues, la Cour des comptes de service de santé, alors que le nombre de postes vacants augmente, que les psychologues souffrent de ne pouvoir exercer l’ensemble de leurs missions, notamment de prévention, et peinent à répondre à toutes les sollicitations, qu’elles émanent des enseignant·es, des familles, des personnels de soins…
Les PsyEN ont simplement le désir de pouvoir fonctionner, de se retrouver collectivement pour échanger sur leur pratique, d’avoir une véritable offre de formation et les conditions matérielles nécessaires à l’exercice de toutes leurs missions.

C’est ce que le SNUipp-FSU porte et promeut au quotidien.


Entre renoncement et vision managériale de l’école

Les conclusions du Grenelle de l’Éducation rendues publiques par le ministre près de quatre mois après leur clôture montrent à nouveau que l’organisation de ce symposium n’avait comme seul intérêt que sa médiatisation en guise d’autosatisfaction ministérielle.
Elles actent l’enterrement définitif d’une loi de programmation pluriannuelle de revalorisation des enseignant-es et des AESH. Pour donner le change, le ministre recycle l’observatoire des salaires qu’il n’avait jamais mis en œuvre pour en faire un “observatoire des rémunérations et du bien-être”.
Un bien-être déjà mis à mal par la politique éducative poursuivie depuis 4 ans et qui risque fort de se dégrader encore avec les autres mesures annoncées qui confirment les visions d’un ministre qui voudrait diriger son ministère comme on « manage » une entreprise.
Les personnels exigent bien au contraire une reconnaissance de leur expertise professionnelle et un renforcement de leur liberté pédagogique au service de la réussite des élèves qui leurs sont confiées.
Or, et encore plus après une année d’école sous covid, le service public d’éducation a avant tout besoin de moyens et de personnels reconnus. Il n’a nul besoin de ce “Grenelle” mais bien d’un véritable plan d’urgence.



Une volonté de mise au pas

En ces temps de pandémie, la situation des personnels est toujours inquiétante avec des conditions de travail parfois insécurisantes.
A ce jour, le ministère n’a toujours pas communiqué conseils ou directives au sujet du brassage des élèves et de l’itinérance des PsyEN. Il leur a fallu s’adapter au mieux afin de se protéger et de protéger les élèves.
Si le ministère pense peu aux PsyEN, les députés ne les oublient pas. Après le projet de service de santé porté par ceux de “La République en marche”, voici venir l’ordre des psychologues, projet porté par des députés “Les Républicains”.
Pour les psychologues de l’Éducation nationale, outre la cotisation obligatoire, un code de déontologie imposé, et la délivrance d’un « droit » à exercer ... ce serait la double peine.
En effet, l’Éducation nationale est déjà dotée d’une commission de déontologie de la fonction publique, organe qui délivre les autorisations de cumul par exemple, d’un code de l’éducation et autres instances.
Cette volonté de mise au pas et cette volonté de contrôle des psychologues vise à imposer un courant de pensée unique et l’adoption de « bonnes pratiques ».
Ce dont les psychologues de l’Éducation nationale ont besoin de façon urgente, c’est de la création de postes en nombre suffisant afin d’exercer toutes leurs missions, et de construire des collectifs de travail permettant des échanges entre pair·es.
Le SNUipp-FSU organise localement la riposte.



S’informer pour résister

Les questions de formation revêtent, en cette année si singulière, une actualité brûlante tant du point de vue des conséquences sur la charge de travail des formateurs et formatrices que sur les orientations sous-jacentes.
Dans le numéro précédent, nous évoquions la mise en place des constellations avec l’ambivalence du « guide plan français » qui contient aussi bien de quoi « mettre au pas » les formateur·trices du 1er degré, avec un niveau d’encadrement de leur travail jamais atteint, que la possibilité de renforcement de la professionnalité enseignante à la condition que les constellations restent à la main des enseignant-es.
S’informer est dans cette situation essentiel pour résister : c’est ce que nous disent les remontées de terrain à ce sujet. Ce numéro approfondit l’analyse des enjeux actuels de la formation, avec les réformes de la formation initiale et du CAFIPEMF, mais aussi avec les pistes tracées par le « Grenelle ».
Même si on attend les conclusions politiques de ce simulacre de concertation, se dessine plus clairement la direction que ce ministère veut faire prendre à la formation : un outil de management des PE, à l’ère de la destruction du paritarisme.
Il y a nécessité à ce que formatrices et formateurs analysent collectivement le rôle que ce ministère veut leur faire jouer : car c’est en travaillant à la restauration du sens de leur action, qu’elles et ils préserveront le métier d’enseignant-e, et finalement le rôle donné à l’école.



Un plan d’urgence pour le service public d’éducation

Depuis trois ans, la politique éducative de Jean Michel Blanquer met en place une école du tri social, creusant les inégalités et niant les réussites et spécificités de l’école publique :

  • disparition du « Plus de maîtres que de classes »,
  • remise en cause des RASED et de l’adaptation scolaire dans le second degré…

A cette politique de démantèlement, s’ajoutent des mesures injustes pour les personnels :

  • absence de toute mesure générale de revalorisation du métier,
  • versement de l’ISOE aux PLP et pas aux PE,
  • obligation des 108 heures pour les enseignant.es en milieu pénitentiaire …

Sur le volet indemnitaire des enseignant.es spécialisé.es, le SNUipp-FSU ne laisse pas faire. Il a attaqué et gagné au TA sur le versement de l’ISAE pour les DACS et engage la même procédure pour les PE éducateurs et éducatrices d’EREA.
Le SNUipp-FSU poursuit sa campagne auprès de la profession d’un plan d’urgence pour l’Ecole.
Il est important que le ministère donne les moyens à la hauteur des enjeux et des besoins. Cela passe par plus de départs en formation spécialisée et en DDEEAS, par le respect des circulaires en matière d’effectifs.
Le SNUipp-FSU continuera de porter ces revendications et de défendre les enseignements spécialisé et adapté.



Pour une autre vision de l’école

Confinement, distanciation sociale et pédagogique, isolement, port du masque, séparation des groupes, accès limité aux espaces et aux objets, absentéisme plus important ...
Ces profonds bouleversements liés à la pandémie nécessiteraient des mesures exceptionnelles afin de permettre la prise en charge des difficultés scolaires, comportementales ou psychiques qui s’y expriment de façon exacerbée.

Au contraire, manque de places en ULIS ou en ESMS, réduction imposée d’heures d’ AESH ou de temps d’inclusion, RASED en sous-effectifs, détournement des missions des personnels spécialisés, constituent aujourd’hui la difficile réalité de l’inclusion et de l’aide aux élèves en difficulté au sein de l’école.
La crise sanitaire sert de tremplin à une externalisation déjà importante dans certains milieux, tournant le dos à la gestion des difficultés dans et avec le collectif classe, riche de son hétérogénéité et d’un regard pluriprofessionnel.

Le dossier de ce SNUinfos tente d’apporter un éclairage sur l’accompagnement des élèves dits « à besoins éducatifs particuliers » aujourd’hui, dans et hors l’école.
Dans le contexte de crise sanitaire, le ministre accélère la mise en œuvre de sa politique éducative dévastatrice, en particulier pour les élèves issus des milieux populaires ou rencontrant des difficultés. C’est une toute autre vision d’une école publique égalitaire, émancipatrice et réellement inclusive, respectueuse des droits des élèves comme des personnels, que porte le SNUipp-FSU.