SNUipp-Infos : Rased, Psy, PEMF, ASH 1er et 2d degré
Publication : Mars 2020
Dernière modification : 3 février
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Pour en savoir plus sur :

ASH 1er et 2d degré,
psychologues de l’éducation nationale,
maîtres formateurs

Publications ciblées : dossiers thématiques.
Les liens ci-dessous pointent vers le site national du SNUipp.

Les conceptions élitistes de l’école et de tri social chères à Jean Michel Blanquer n’ont eu de cesse pendant ce quinquennat de s’attaquer à l’adaptation scolaire.
L’inclusion scolaire devient un prétexte pour démanteler les RASED en faisant des PE y travaillant des personnels ressources éloigné·es des élèves. D’autre part, en annonçant 80 % de lits en moins dans les ESMS, les ARS imposent une inclusion non préparée aux collègues des classes ordinaires et les postes d’enseignant·es spécialisé·es sont amenés à disparaître.

Les ULIS collèges ne sont pas épargnées non plus avec des effectifs toujours plus nombreux, et les EGPA subissent eux aussi un désengagement du ministère. Pourtant, l’adaptation scolaire, spécificité de l’école publique française, remplit un rôle prépondérant dans la scolarisation des élèves en grande difficulté scolaire.
Au moment où sort un film caricatural sur les SEGPA, le ministère serait bien avisé de faire de l’adaptation scolaire une vraie priorité tant dans les moyens (départs en formation, ouvertures de structures …) que dans les conditions de travail (rénovation des ateliers, passage aux 18 heures ...).

Le ministre de l’Education nationale poursuit sa politique délétère contre l’école et ses enseignant·es sans épargner les enseignements adapté et spécialisé.
Mise en place des EMAS, généralisation à marche forcée des PIAL, poursuite des attaques contre les RASED en sont des marqueurs forts.
L’objectif ministériel est clair : s’attaquer à l’ASH, spécificité très française au nom d’une inclusion imposée permettant de supprimer des postes, d’avoir recours à la précarité, de favoriser les logiques de management libéral.

Le SNUipp-FSU, fidèle à son projet de transformation de l’École pour la réussite de tou·tes les élèves, s’oppose à ce projet libéral rompant avec une Éducation nationale ambitieuse.
Il revendique des postes supplémentaires d’enseignant·es spécialisé·es, des ouvertures de structures d’établissements spécialisés pour accueillir tous les élèves, la titularisation des AESH, la suppression des PIAL, des RASED complets…

Pour construire un rapport de force à même de faire avancer ses revendications, le SNUipp-FSU lance une grande enquête “école et métier : vous avez la parole”, afin d’interpeller l’opinion publique comme les responsables politiques sur la nécessité d’autres perspectives pour une école égalitaire et émancipatrice.

Pour l’EPS aussi, former est fondamental

Si les missions de formation ont été objets de discussions dans le cadre du Grenelle, c’est pour aller dans le sens d’une dénaturation et de leur inscription partielle dans la voie hiérarchique, voulue par le ministère.
Côté revalorisation, la situation indemnitaire des CPC devrait s’améliorer avec 500 € brut par an, mais rien pour les PEMF.
Pourtant, organisations syndicales et ANCP&AF se sont exprimés à cette rentrée dans une tribune commune afin d’alerter sur les conditions d’exercice dégradées des formateurs et formatrices par une surcharge de travail en particulier.
Pas étonnant dès lors que de plus en plus de postes restent vacants, pour des missions peu reconnues.
Leur rôle auprès des PE est pourtant très important, notamment pour les accompagner dans leurs pratiques pédagogiques en EPS, qui constitue clairement pour Stéphane Thépaut « une discipline scolaire, au même titre que les autres, qui participe de la formation globale et polyvalente de l’enfant. ».
Maîtriser cette discipline implique un accompagnement de qualité, assuré par les formateurs et formatrices.
C’est l’objet du dossier de ce SNUinfo.

Une rentrée sereine aurait été bienvenue !

Depuis mars 2020, tous les personnels de l’école, enseignant·es, psychologues, infirmières scolaires, ont joué leur partition pour « porter » l’École et les valeurs de la République en réussissant à maintenir un lien avec les familles les plus fragiles dans un contexte d’augmentation du nombre d’informations préoccupantes et de signalements.
Cette rentrée, loin d’être sereine, est marquée du sceau de l’incompréhension.

Le ministère parle d’obligation vaccinale, les politiques d’ordre des psychologues, la Cour des comptes de service de santé, alors que le nombre de postes vacants augmente, que les psychologues souffrent de ne pouvoir exercer l’ensemble de leurs missions, notamment de prévention, et peinent à répondre à toutes les sollicitations, qu’elles émanent des enseignant·es, des familles, des personnels de soins…
Les PsyEN ont simplement le désir de pouvoir fonctionner, de se retrouver collectivement pour échanger sur leur pratique, d’avoir une véritable offre de formation et les conditions matérielles nécessaires à l’exercice de toutes leurs missions.

C’est ce que le SNUipp-FSU porte et promeut au quotidien.

Entre renoncement et vision managériale de l’école

Les conclusions du Grenelle de l’Éducation rendues publiques par le ministre près de quatre mois après leur clôture montrent à nouveau que l’organisation de ce symposium n’avait comme seul intérêt que sa médiatisation en guise d’autosatisfaction ministérielle.
Elles actent l’enterrement définitif d’une loi de programmation pluriannuelle de revalorisation des enseignant-es et des AESH. Pour donner le change, le ministre recycle l’observatoire des salaires qu’il n’avait jamais mis en œuvre pour en faire un “observatoire des rémunérations et du bien-être”.
Un bien-être déjà mis à mal par la politique éducative poursuivie depuis 4 ans et qui risque fort de se dégrader encore avec les autres mesures annoncées qui confirment les visions d’un ministre qui voudrait diriger son ministère comme on « manage » une entreprise.
Les personnels exigent bien au contraire une reconnaissance de leur expertise professionnelle et un renforcement de leur liberté pédagogique au service de la réussite des élèves qui leurs sont confiées.
Or, et encore plus après une année d’école sous covid, le service public d’éducation a avant tout besoin de moyens et de personnels reconnus. Il n’a nul besoin de ce “Grenelle” mais bien d’un véritable plan d’urgence.

Une volonté de mise au pas

En ces temps de pandémie, la situation des personnels est toujours inquiétante avec des conditions de travail parfois insécurisantes.
A ce jour, le ministère n’a toujours pas communiqué conseils ou directives au sujet du brassage des élèves et de l’itinérance des PsyEN. Il leur a fallu s’adapter au mieux afin de se protéger et de protéger les élèves.
Si le ministère pense peu aux PsyEN, les députés ne les oublient pas. Après le projet de service de santé porté par ceux de “La République en marche”, voici venir l’ordre des psychologues, projet porté par des députés “Les Républicains”.
Pour les psychologues de l’Éducation nationale, outre la cotisation obligatoire, un code de déontologie imposé, et la délivrance d’un « droit » à exercer ... ce serait la double peine.
En effet, l’Éducation nationale est déjà dotée d’une commission de déontologie de la fonction publique, organe qui délivre les autorisations de cumul par exemple, d’un code de l’éducation et autres instances.
Cette volonté de mise au pas et cette volonté de contrôle des psychologues vise à imposer un courant de pensée unique et l’adoption de « bonnes pratiques ».
Ce dont les psychologues de l’Éducation nationale ont besoin de façon urgente, c’est de la création de postes en nombre suffisant afin d’exercer toutes leurs missions, et de construire des collectifs de travail permettant des échanges entre pair·es.
Le SNUipp-FSU organise localement la riposte.

S’informer pour résister

Les questions de formation revêtent, en cette année si singulière, une actualité brûlante tant du point de vue des conséquences sur la charge de travail des formateurs et formatrices que sur les orientations sous-jacentes.
Dans le numéro précédent, nous évoquions la mise en place des constellations avec l’ambivalence du « guide plan français » qui contient aussi bien de quoi « mettre au pas » les formateur·trices du 1er degré, avec un niveau d’encadrement de leur travail jamais atteint, que la possibilité de renforcement de la professionnalité enseignante à la condition que les constellations restent à la main des enseignant-es.
S’informer est dans cette situation essentiel pour résister : c’est ce que nous disent les remontées de terrain à ce sujet. Ce numéro approfondit l’analyse des enjeux actuels de la formation, avec les réformes de la formation initiale et du CAFIPEMF, mais aussi avec les pistes tracées par le « Grenelle ».
Même si on attend les conclusions politiques de ce simulacre de concertation, se dessine plus clairement la direction que ce ministère veut faire prendre à la formation : un outil de management des PE, à l’ère de la destruction du paritarisme.
Il y a nécessité à ce que formatrices et formateurs analysent collectivement le rôle que ce ministère veut leur faire jouer : car c’est en travaillant à la restauration du sens de leur action, qu’elles et ils préserveront le métier d’enseignant-e, et finalement le rôle donné à l’école.