Sans surprise au regard de la dynamique connue et documentée du changement climatique, la rentrée scolaire a été marquée par un nouvel épisode de fortes chaleurs.
Le média Politico [1] a révélé que le gouvernement a, en catimini, amputé de 40 millions d’euros le « plan d’urgence » pour le scolaire annoncé en juillet, qui en comptait seulement un peu plus de 50 millions. Après des semaines de bricolage institutionnalisé en mai, juin et juillet, où la santé et la sécurité des personnels comme des élèves a été mise en danger du fait de l’irresponsabilité du gouvernement, les promesses de juillet sont sabrées dès le mois d’août. Pour la FSU, c’est inacceptable.
Cette nouvelle coupe fait suite à la quasi disparition du Fonds vert. Pourtant, 86% des bâtiments scolaires doivent encore être rénovés pour faire face au changement climatique selon le rapport de mission de l’Assemblée nationale. Rappelons que selon plusieurs rapports dont celui de l’Alliance Écologique et Sociale, adapter le bâti scolaire aux canicules nécessiterait un investissement de l’ordre de 5 milliards d’euros par an pendant dix ans. Ce n’est jamais que 2% des aides aux grandes entreprises pour la seule année 2023. Cette coupe estivale dans un investissement déjà très largement insuffisant traduit l’absence de volonté et de vision d’un gouvernement qui se refuse à penser une stratégie pour un plan massif de financement commun avec les collectivités qui ont la responsabilité du bâti scolaire.
Dans ce contexte de rentrée, les premiers retours des enquêtes des syndicats de la FSU montrent que très peu d’établissements ont pu programmer des travaux d’adaptation dans les prochains mois, souvent faute de budget.
Le ministre de l’Éducation nationale avait promis de rendre publiques un grand nombre d’informations et de données sur le bâti scolaire, en open data, il avait également promis de revoir le protocole actuel qui renvoie les responsabilités aux décisions locales : rien n’a encore été fait.
Face à cet abandon, la FSU rappelle que l’employeur a la responsabilité de la protection immédiate des personnels et attend qu’il la prenne enfin. Il a aussi l’obligation, avec les collectivités et les préfectures, de permettre l’accueil en toute sécurité des élèves.
En mai et juin, la FSU a dénoncé à juste titre le renvoi aux décisions locales sans moyens. Ce renvoi à l’établissement ou à l’école ne constitue pas une politique de prévention. Refuser de prendre des mesures de protection collective, c’est individualiser les risques et donc les responsabilités.
Cette doctrine de gestion au « cas par cas » doit être abandonnée, à partir d’un certain niveau de chaleur, aucune école, ni aucun établissement, équipement sportif ou service ne peut fonctionner normalement. La FSU n´accepte pas que les services publics essentiels ne tiennent, en définitive, que par l’engagement des agentes qui pallient les carences et l’absence de moyens déployés par l’État.
Alors que les accords de Paris sur le climat sont pulvérisés, que les engagements portés dans les COP ne sont pas respectés, le ministère ne peut continuer de se défausser sur le terrain. L’État doit remplir son devoir de protection immédiate des personnels et des usagerères du Service public. La FSU n’accepte pas que les réunions s’enchaînent sans aucun engagement. Il est temps de prendre des décisions à la hauteur des enjeux.
Bagnolet, le 8 septembre 2026
2026 : l’été des records
Le graphique ci-dessous est issu des données de la station météorologique d’Agen
Il présente l’écart aux températures « normales » :
- L’été météorologique est mesuré sur trois mois complets : juin ; juillet ; août.
- Les « normales » sont officiellement regroupées par périodes de 30 ans. Nous avons retenu la période 1961-1990 : dernière période avant qu’émerge la notion de réchauffement climatique…
- Chaque jour, deux températures sont prises en compte : la plus basse (pour l’écart des T° MIN) et la plus haute (pour l’écart des T° MAX).