La FSU ne signera pas le projet d’accord-cadre sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique.
Les intentions, les guides, les chartes et les expérimentations, ont des effets concrets très limités, voire inexistants, sur la vie professionnelle des agentes. La FSU refuse de cautionner un accord de façade. L’égalité professionnelle ne peut se construire à moyens constants et sous contrainte austéritaire.
Des intentions ne font pas des droits
Après dix-huit mois de négociations et une vingtaine de groupes de travail, le compte n’y est pas. Malgré l’engagement de la FSU et les nombreuses propositions portées, le gouvernement persiste à privilégier les intentions, les expérimentations et la communication plutôt que des droits nouveaux, des moyens et des mesures contraignantes.
La mobilisation de la FSU a permis d’obtenir des avancées, notamment sur la protection des victimes de violences intrafamiliales, avec la création d’autorisations spéciales d’absence dont la durée reste toutefois à définir, et sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail, notamment avec la transcription de la définition du harcèlement sexuel dans le code du travail. Mais ces avancées demeurent insuffisantes. Quant au congé hormonal, l’expérimentation annoncée reste bien éloignée de notre revendication d’un droit nouveau, garanti pour toutes les agentes.
Un accord qui passe à côté de l’essentiel
L’égalité salariale est la grande absente de cet accord. Alors que les agentes gagnent en moyenne 282 euros de moins par mois que leurs collègues masculins, aucune mesure structurelle ne vient revaloriser les métiers les plus féminisés et les moins rémunérés, notamment ceux des AESH et des agentes de catégorie C, ni corriger les inégalités liées aux primes et aux carrières. Dans le même temps, le gouvernement maintient la baisse de rémunération de 10 % en congé maladie ordinaire, y compris pour les femmes enceintes. La FSU dénonce l’hypocrisie qui consiste à prétendre promouvoir l’égalité tout en organisant de telles régressions.
Nos combats continuent
Après les accords de 2013 et de 2018, il ne suffit plus d’étudier, d’encourager ou de sensibiliser. Il faut agir. L’égalité professionnelle exige des revalorisations salariales, des droits effectifs et opposables, des moyens humains et financiers et des obligations pour les employeurs publics.