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Nouveaux programmes : Retour sur un Conseil supérieur de l’Éducation tendu.
 Mis en ligne le 7 juin 2024
 Modifié le 13 juin 2024
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Au mépris des diversités des élèves, de l’expertise professionnelle et des consensus scientifiques, le ministère s’obstine dans son projet de programmes de cycle 1 et 2 en français et mathématiques contre l’avis quasi unanime de la communauté éducative.
Retour sur un Conseil supérieur de l’ Éducation (CSE) tendu.

Les membres du CSE de ce 6 juin 2024 se sont prononcées quasi unanimement contre le projet d’arrêté fixant les nouveaux programmes d’enseignement du français et des mathématiques au cycle 1 et 2 dès la rentrée prochaine.

Lors d’un vœu commun - à l’initiative de la FSU-SNUipp -, les organisations syndicales ont demandé instamment l’abandon de ces projets. Elles dénoncent des modalités de rédaction inacceptables et une parution à la veille des vacances ainsi qu’une « conception à l’envers de l’apprentissage avec des applications systématique et mécanique de procédures au détriment de la résolution de problèmes et de la construction de la pensée ». Des programmes qui tournent le dos à « la finalité même de rendre l’élève capable de penser le monde pour agir sur lui ».

Elles ont noté ainsi trois points forts de désaccord :

  1. Des notions se succédant sans lien entre elles, masquant le sens des apprentissages et fragilisant les liens entre savoirs et procédures pourtant essentiels.
  2. Une hétérogénéité érigée en obstacle avec un abandon du principe des cycles et un traitement hors temps de classe des difficultés des élèves que ces programmes normatifs auront eux-mêmes créées.
  3. Des situations d’apprentissage et des pratiques codifiées méprisant l’expertise enseignante.

Elles ont ainsi appelé à l’ouverture de « discussions larges permettant les consensus nécessaires sur l’ensemble de la recherche en éducation. »

Mais de consensus, il n’a nullement été question lors de ce CSE. Ni avec l’expression des membres du CSE, ni avec la pluralité de la recherche en didactique et pédagogie. La DGESCO et l’Inspection générale ont au contraire avoué que leurs références se concentraient sur les guides d’accompagnement en cours et sur les avis du Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN), ignorant sciemment des décennies de recherche en particulier en sciences de l’éducation ou des conférences de consensus du CNESCO.

Une bataille pied à pied

La FSU-SNUipp a fait le choix de présenter une série d’amendements, très loin de faire le tour de tout ce qui pose problème tant ces programmes sont néfastes, mais afin de présenter, à travers ces derniers, des points particuliers d’opposition.
L’ensemble des amendements de la FSU-SNUipp présentés au vote ont fait l’objet d’un avis favorable du CSE.

Une très large opposition

Pour autant, l’administration s’entête avec autoritarisme, au mépris des avis des organisations syndicales comme de la FCPE. Renvoyant aux pratiques familiales les tissages culturels, ces programmes renforceront les inégalités scolaires et mettront nombre d’enfants en difficulté voire en décrochage, risquant de créer une école loin du plaisir d’apprendre, dans l’indigne logique du « choc des savoirs ».

Loin également de la prise en compte des besoins particuliers, ces programmes se retrouvent en totale opposition avec le projet de l’école inclusive. Conçus autour d’un élève-type qui n’existe pas, ils sont déshumanisants. Inapplicables, ils accentueront les écarts entre le prescrit et le réel et engendreront des conflits de valeurs, culpabilisant les enseignantes et renforçant la perte de sens du métier et les souffrances professionnelles.

La précipitation de ces nouvelles modifications ne s’appuie sur aucune nécessité de terrain, d’autant que les personnels réclament depuis des mois de meilleures conditions de travail et une augmentation salariale qui restent sans réponse.

Avec un vote final recueillant 94% des exprimées contre ce projet (47 voix contre, 3 pour, 2 abstentions, 1 refus de vote), les programmes de cycle 1 et 2 sont à l’opposé des missions d’une école émancipatrice pour toutes et tous que portent la communauté éducative.
La FSU-SNUipp continuera à faire vivre un tout autre projet pour une autre école, un autre avenir et une autre société.

Une mise en application dès la rentrée ?

Depuis quelques jours, certains recteurs se focalisent sur une application des programmes dès la rentrée en imposant une formation avant le départ en vacances. Cette formation est placée sur les heures d’animations pédagogiques en préemptant sur les 18 heures de l’année 2024-2025. Ces injonctions ne sont pas réglementaires et la FSU-SNUipp s’est adressée au ministère pour dénoncer le zèle de la hiérarchie.

Gabriel Attal, encore ministre de l’Éducation Nationale en décembre, avait annoncé au syndicat majoritaire que la formation sur les nouveaux programmes serait organisée sur le temps élèves avec remplacement ou bien en libérant les élèves. Encore des paroles non tenues…

Webinaire : analyse des programmes par Sylvie Plane et Eric Roditi

Analyse des programmes de français de cycle 1 et 2 par Sylvie Plane

Analyse des programmes de mathématiques de cycle 1 et 2 par Eric Roditi